et il prête alors serment et obtient gain de cause (1). Lorsque deux parties revendiquent un bien qui se trouve entre les mains de l’une d’elles, la parole revient au détenteur, à condition qu’il prête serment (2). Si le bien est dans les mains de tous deux, chacun d’eux jure et le bien est ensuite partagé entre eux (3). Quiconque jure au sujet d’un acte qu’il doit lui-même accomplir doit le faire de façon ferme et catégorique (4). Quant à celui qui jure au sujet de l’acte d’autrui, s’il en affirme la réalisation, il prête serment de manière ferme et catégorique (5) ; s’il en nie l’existence, il se contente de jurer qu’il n’en a aucune connaissance (6).
(1) Il s’agit de la revendication mentionnée dans le ḥadith rapporté par al-Hakim (4/100) d’après Ibn Umar : « Le Prophète a renvoyé le serment à celui qui réclamait le droit. » Al-Hakim a jugé la chaîne de transmission authentique. « Le demandeur du droit » désigne le plaignant, et nakala signifie qu’il s’est abstenu de prêter serment. (2) Conformément au principe et à la présomption d’état, la détention de l’objet fait pencher en faveur de sa propriété tant qu’aucune preuve contraire n’est produite, car le principe veut que rien n’entre dans sa possession sans cause légitime. (3) « Ils jurent réciproquement » : chacun prête serment pour nier que la chose appartienne à l’autre. Abu Dawud (n° 3613) et d’autres ont rapporté, d’après Abu Musa al-Ashari, que deux hommes réclamèrent devant le Prophète un chameau (ou une monture) sans qu’aucun ne dispose de preuve ; le Prophète le leur attribua à parts égales. Al-Hakim (4/95) a déclaré ce ḥadith authentique. (4) Al-batt désigne la décision catégorique, car l’individu connaît sa propre situation et en a pleine conscience. (5) Cela s’explique par la facilité de vérifier l’affirmation positive ; par exemple, si quelqu’un prétend que son auteur laisse à untel une créance déterminée, que le défendeur le nie, refuse de jurer, et que le demandeur prête serment. (6) Autrement dit, lorsqu’il nie un acte attribué à autrui, il ne prête pas serment de façon catégorique, car il ne peut en avoir la certitude ; il dira plutôt : « Par Allah, je n’ai pas connaissance que telle personne ait fait cela. »
فيحلف ويستحق (١) وإذا تداعيا شيئا في يد أحدهما: فالقول قول صاحب اليد بيمينه (٢) وإن كان في أيديهما تحالفا وجعل بينهما (٣) ومن حلف على فعل نفسه حلف على البت والقطع (٤) ومن حلف على فعل غيره فإن كان إثباتا حلف على البت والقطع (٥) وإن كان نفيا حلف على نفى العلم (٦).
(١) ما ادعاه، لما رواه الحاكم (٤/ ١٠٠) عن ابن عمر ﵄ قال: إن النبي ﷺ رَد اليَمنَ على طَالِبِ الحَق. قال: هذا حديث صحيح الإسناد. وطالب الحق هو المدعي. ونكل: امتنع. (٢) عملا بالأصل واستصحاب الحال، فإن وجوده بيده يرجح أنه ملكه، حيث لا بينة تخالفه، لأن الأصل أن لا يدخل في يده إلا بسبب مشروع. (٣) تحالفا: أي حلف كل منهما على نفي أن يكون ملكاً للآخر. روى أبو داود (٣٦١٣) وغيره، عن أبي موسى الأشْعريَ ﵁: أنَ رجلين ادعَيَا بعيراً أو دَابَّة، إلى النبي ﷺ، ليست لواحد منهما بَيِّنَةٌ، فجعله النبي ﷺ بَينَهُما. قال الحاكمَ (٤/ ٩٥): هذا حديث صحيح. (٤) البت: هو الجزم والقطع، لأنه عالم بنفسه ومحيط بحاله. (٥) لسهولة الاطلاع على المثبت والعلم به، كما لو ادعى أن لمورثه عل فلان كذا، فأنكر المدعى عليه ونكل عن اليمين، وحلف المدعي. (٦) أي إن كان ينفي فعلا عن غيره فلا يحلف على الجزم، لأنه لا سبيل له إلى القطع في نفي فعل غيره- بل يقول: والله لا أعلم أن فلاناً فعل كذا.