Le défendeur ne doit prêter serment qu’après que le demandeur aura été interrogé (1). Le juge ne doit souffler à aucune des parties un argument, ni leur dicter la moindre formulation (2). Il ne se montre pas excessivement pointilleux envers les témoins (3) et n’admet une déposition que lorsque la probité du témoin a été établie (4). Il n’accepte ni la déposition d’un ennemi contre son adversaire, ni celle d’un père en faveur de son fils, ni celle d’un fils en faveur de son père (5).
(1) Autrement dit, le serment n’est requis du défendeur qu’après que le demandeur en a formellement saisi le qâḍî (juge) ; en effet, le droit de faire prêter serment au défendeur appartient au demandeur et ne peut être exercé qu’à sa demande expresse. (2) Il est interdit d’indiquer à une partie la manière de formuler sa prétention ou sa défense, ou la façon d’avouer ou de nier ; ce serait lui témoigner une faveur et léser son adversaire. (3) Le juge ne doit pas importuner les témoins ni les blesser par la parole : se moquer d’eux, contester inutilement leurs propos ou les astreindre à des interrogations excessives sur les conditions de réception du témoignage, alors que leur apparence atteste sincérité et pleine raison. Un tel comportement dissuade de porter ou de rendre témoignage, pourtant nécessaire à la société. Le Coran dit : « wa lâ yudârra kâtibun wa lâ shahîdun wa in taf‘alû fa-innahu fusûqun bikum » (Que ni le rédacteur ni le témoin ne soient lésés ; si vous agissez ainsi, c’est une turpitude de votre part) – Coran 2 : 282. (4) La ‘adâla (probité légale) d’un témoin est établie soit par la connaissance personnelle qu’en a le juge, soit par la tazkiya (attestation) de deux personnes elles-mêmes fiables. Une définition plus détaillée de la ‘adâla et de sa preuve sera donnée deux sections plus loin. (5) Le témoignage est également rejeté lorsqu’existe une présomption de parti pris : hostilité envers un ennemi, favoritisme envers un père ou un fils, etc. Le principe repose sur le ḥadith rapporté par Abû Dâwûd (n° 3601) d’après ‘Abd Allâh b. ‘Amr b. al-‘Âṣ : « Le témoignage d’un traître, d’une traîtresse, d’un adultère, d’une adultère ou de quiconque nourrit rancune envers son frère n’est pas recevable. » Une variante chez al-Tirmidhî (n° 2299) ajoute : « … ni celui d’une personne soupçonnée de partialité fondée sur une alliance ou une parenté. » – al-ghamr : rancune, animosité ; aẓ-ẓannîn : la personne soupçonnée.
ولا يحلفه إلا بعد سؤال المدعي (١) ولا يلقن خصما حجة ولا يفهمه كلاما (٢) ولا يتعنت بالشهداء (٣) ولا يقبل الشهادة إلا ممن ثبتت عدالته (٤) ولا يقبل شهادة عدو على عدوه ولا شهادة والد لولده ولا ولد لوالده (٥)
(١) أي بعد أن يطلب المدعي من القاضي أن يُحَلَف المدعى عليه، لأن استيفاء اليمين من المدعى عليه حق للمدعي، فيتوقف على إذنه وطلبه. (٢) يعرف به كيفية الدعوى أو الجواب، أو كيف يقر أو ينكر، لما في ذلك من إظهار الميل له والإضرار بخصمه، وهذا حرام. (٣) أي لا يَشُقُّ عليهم ويؤذيهم بالقول ونحوه، كأن يهزأ بهم، أو يعارضهم في أقوالهم، أو يشدد عليهم في التعرف على كيفية تحملهم للشهادة، وظاهر حالهم الصدق وكمال العقل، لأن مثل ذلك ينفر من الشهادة وتحملها أو أدائها، والناس في حاجة إليها. قال تعالى: "ولا يضارَ كاتِبٌ وَلاَ شَهِيدٌ وَإن تَفْعَلُوا فَإنَّه فسوقٌ بِكمْ " / البقرة: ٢٨٢/. (٤) وتثبت العدالة بمعرفة القاضي للشاهد، أوبتزكية عدلين له عنده. وسيأتي بيان العدالة ودليلها بعد فصلين. (٥) لتهمة التحامل على العدو، والمحاباة للوالد أو الولد. والأصل في رد الشهادة للتهمة، فيما ذكر وغيره: ما رواه أبو داود (٣٦٠١) وغيره، عن عبد الله بن عمرو بن العاص ﵄: قال: قال رسول الله ﷺ: (لاَ تَجُوزُ شَهَادَةُ خَائِن ولا خائنة، ولا زان ولا زانية، ولا ذِي غِمْر عَلى أخِيهِ). وفي رواية عند الترمذي (٢٢٩٩): (ولا ظَنين في وَلاء ولا قرابة). [الغمر: الحقد والغل والشحناء. الظنين: المتهم]