13 – qu’il soit apte à entendre ;
14 – qu’il soit apte à voir ;
15 – qu’il sache écrire ;
16 – qu’il demeure vigilant (1).
Il est recommandé qu’il s’installe au centre de la ville, dans un endroit bien visible pour les gens (2), qu’il ne se dote pas de portier (3) et qu’il ne s’asseye pas pour rendre jugement.
Il ressort donc de ce qui précède que le juge qui tranche les litiges et fait exécuter ses décisions doit posséder la compétence d’ijtihad (effort d’interprétation juridique) ; celle-ci n’est effective qu’à la condition de remplir les critères suivants.
An-Nawawi, qu’Allah lui fasse miséricorde, écrit dans son commentaire du Sahih Muslim (12/13) : « Les savants s’accordent à dire que ce ḥadith concerne un gouvernant savant, apte à juger. S’il atteint la vérité, il recevra une double récompense : l’une pour son ijtihad, l’autre pour l’exactitude de son verdict. S’il se trompe, il aura malgré tout une récompense pour son effort… ».
Quant à celui qui ne possède pas les qualifications requises, il lui est interdit de juger. S’il le fait, il n’aura aucune récompense ; il commet même un péché et son jugement n’est pas valide, qu’il coïncide ou non avec la vérité, car cette coïncidence n’est qu’accidentelle, sans fondement juridique. Il reste donc pécheur dans toutes ses décisions, exactes ou non ; celles-ci sont toutes rejetées et il ne bénéficie d’aucune excuse. Il est rapporté dans les Sunan : « Les juges sont trois… », puis l’auteur cite le ḥadith d’Abu Dawud déjà mentionné.
(1) Il ne doit pas être simple d’esprit au point d’être trompé ; cette condition est impérative s’il présente une faiblesse de discernement, sinon elle demeure recommandée. L’ouïe est exigée pour distinguer entre l’aveu et la dénégation, la vue pour reconnaître les parties et les témoins et différencier le demandeur du défendeur, car l’aveugle ne se fie qu’à la voix, laquelle peut prêter à confusion. L’avis le plus solide estime que la capacité d’écrire n’est pas une condition, sauf s’il ne dispose pas d’un secrétaire fiable.
(2) Autrement dit, il doit être facilement identifiable et accessible, tant pour les résidents que pour les étrangers.
(3) Il doit également disposer d’un portier (ou similaire) qui filtre l’accès lors des séances de jugement et empêche quiconque d’entrer sans autorisation, conformément au ḥadith rapporté par Abu Dawud (2948), at-Tirmidhi (1332) et d’autres, d’après Abu Maryam al-Azdi : « J’ai entendu le Messager d’Allah dire : “Quiconque Allah confie une charge concernant les affaires des musulmans…” ».
١٣ - وأن يكون سميعا
١٤ - وأن يكون بصيرا
١٥ - وأن يكون كاتبا
١٦ - وأن يكون مستيقظا (١)
ويستحب أن يجلس في وسط البلد في موضع بارز للناس (٢) ولا حاجب له (٣) ولا يقعد للقضاء
فقد دل على أن القاضي الذي يحكم بين الناس ويمضي حكمه هو الذي لديه أهلية الاجتهاد، ولا تتوفو أهلية الاجتهاد إلا بتحقق هذه الشروط.
قال النووي رحمه الله تعالى في شرح مسلم (١٢/ ١٣): قال العلماء: أجمع المسلمون على أن هذا الحديث في حاكم عالم أهل للحكم، فإن أصاب فله أجران: أجر باجتهاده وأجر بإصابته، وإن أخطأ فله أجر باجتهاده ...
فأما من ليس بأهل للحكم فلا يحل له الحكم، فإن حكم فلا أجر له بل هو آثم ولا ينفذ حكمه، سواء وافق الحق أم لا، لأن إصابته اتفاقية - أي عن غير قصد - ليست صادرة عن أصل شرعي، فهو عاص في جميع أحكامه، سواء وافق الصواب أم لا، وهي مردودة كلها، ولا يعذر في شيء من ذلك، وقد جاء في السنن: القضاة ثلاثة ... ثم ساق حديث أبي داود السابق.
(١) غير مغفل بحيث لا يخدع، هذا شرط إن كان فيه اختلال رأي ونظر، وإلا فهو مستحب. واشترط السمع ليميز بين الإقرار والإنكار. والبصر: ليميز بين الخصوم والشهود، ويعرف الطالب من المطلوب، لأن الأعمى لا يميز إلا بالصوت والصوت قد يشتبه.
والأصح أن الكتابة ليست بشرط، إلا إذا لم يوجد لديه كاتب يثق به.
(٢) أي يمكن التعرف عليه بسهولة، للمستوطن والغريب.
(٣) أي بواباً ونحوه، يحجب الناس عنه في وقت جلوسه للحكم ويمنعهم من الدخول إليه. لما رواه أبو داود (٢٩٤٨) والترمذي (١٣٣٢) وغيرهما، عن أبي مريمَ الأزدي ﵁ قال: سمعت رسول الله ﷺ يقول: (مَنْ وَلاَه الله ﷿ شيْئاً منِْ أمرِ المُسلِمِينَ،