Le Livre des jugements et des témoignages (1)
(1) Les juridictions (aqdiyah), pluriel de qada. En arabe, le terme possède plusieurs acceptions, dont celle de « jugement ». Ainsi, le Coran déclare : « Ton Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui et que vous traitiez vos parents avec bienveillance » (sourate al-Isra, 17 : 23), c’est-à-dire : Il a jugé. Dans la terminologie religieuse, le qada désigne le fait de trancher un litige opposant deux parties ou plus conformément au jugement d’Allah. La légitimité de cette fonction repose sur plusieurs versets, notamment : « Lorsque vous jugez entre les gens, jugez avec équité » (sourate an-Nisa, 4 : 58) et « Juge entre eux d’après ce qu’Allah a révélé » (sourate al-Maida, 5 : 49). Elle s’appuie également sur des hadiths, tel celui rapporté par Abu Dawud (n° 3582) et d’autres : ‘Ali – qu’Allah l’ennoblisse – raconte : « Le Messager d’Allah ﷺ m’a envoyé au Yémen en qualité de juge. Je lui dis : “Ô Messager d’Allah, tu m’envoies alors que je suis encore jeune” – la version d’al-Hakim (4/93) précise : “…auprès d’un peuple d’âge mûr, alors que je suis tout jeune” – “et je n’ai aucune expérience du jugement.” Il répondit : “Allah guidera ton cœur et affermira ta langue.” » ‘Ali ajoute : « Par la suite, je n’ai plus cessé d’exercer la fonction de juge et je n’ai jamais douté d’un verdict. » [jeune : ḥadith as-sin ; personnes âgées : dhawu asnan ; aucune expérience : laa ‘ilma li ; je n’ai plus cessé : fa ma ziltu qaadiyan]. D’autres preuves seront citées plus loin dans les chapitres juridiques de cet ouvrage. Les témoignages (ash-shahadat), pluriel de shahada, dérivent du verbe shahada (« voir de ses propres yeux ») ; il s’agit donc d’un rapport verbal sur ce que l’on a vu ou su, formulé d’une manière précise. En droit islamique, c’est la déclaration destinée à établir le droit d’une personne sur une autre par une formule prescrite. Le fondement de leur légitimité est le suivant :
كتاب الأقضية والشهادات (١)
(١) الأقضية: جمع قضاء، وله في اللغة معان عدة منها: الحكم، قال تعالى: "وَقضىَ رَبكَ ألا تَعْبُدُ وا إلا َإياه وْبَالوَالديَن إحْسَاناً " / الإسراء: ٢٣/. أي حكم. وفي الشرع: فصل الخصومة بين اثنين فأكثر بحكم الله تعالى. والأصل في مشروعية: آيات، منها: قوله تعالى: "وَإذَا حَكَمْتمْ بَيْنَ النّاسِ أنْ تَحكُمُوا بِالعَدْلِ "/ النساء: ٥٨/. وقوله تعالى: "وَأنِ احْكُمْ بيْنَهُمْ بِمَا أَنزَلَ الله "/ المائدة: ٤٩/. وأحاديث، منها: ما رواه أبو داود (٣٥٨٢) وغيره، عن علي ﵁ قال: بعثني رسول الله ﷺ إلى اليمن قاضياً، فقلت: يا رسول الله، ترسلني وأنا حديث السن - وعند الحاكم (٤/ ٩٣): تبعثني إلى قوم ذوي أسنان وأنا حدث السن- ولا علم لي بالقضاء؟ فقال: (إن الله سيَهْدي قَلْبَكَ، وَيُثَبتُ لِسَانَكَ). قال فما زلت قاضاً، أو: ماشككتَ في قضاء بعد. [حديث السن: شاب. ذوي أسنان: كبار معمرين. لا علم لي: لم تسبق لي خبرة فيه. فما زلت قاضياً: عالماً بالقضاء]. وسيأتي مزيد من الأدلة في مواضعها من أحكام الكتاب. والشهادات: جمع شهادة، من المشاهدة، وهي الاطلاع على الشيء عياناً، فهي إخبار عما شوهد أو علم بلفظ خاص. وهي في الشرع: إخبار لإثبات حق لغيره على غيره بلفظ خاص. والأصل في مشروعيتها: