Et celui qui jure de ne pas accomplir un acte puis charge autrui de l’exécuter ne se rend pas parjure (1). De même, celui qui prête serment d’accomplir deux actes et n’en réalise qu’un seul n’est pas considéré comme ayant violé son serment (2). Quant à l’expiation du serment (3), il a le choix entre trois options :
« Allah ne vous tient pas rigueur pour les propos irréfléchis (laghw) de vos serments, mais Il vous tient rigueur de ce que vos cœurs se sont acquis » (sourate al-Baqarah, 2 : 225). Autrement dit, de ce que vous avez réellement voulu et résolument décidé ; le « gain du cœur » renvoie ici à la détermination et à l’intention. ʿAʾisha (qu’Allah l’agrée) a dit : « Ce verset fut révélé à propos de la parole : “Non, par Allah !” ou : “Mais si, par Allah !” » (al-Bukhari, 6286). Abu Dawud (3254) et Ibn Hibban (1187) rapportent, d’après ʿAtaʾ, au sujet du laghw dans le serment : ʿAʾisha (qu’Allah l’agrée) a rapporté que le Messager d’Allah a dit : « Il s’agit de la parole que l’homme prononce dans sa maison : “Non, par Allah !” ou : “Mais si, par Allah !”. » (1) Le ḥinth est le fait de ne pas respecter l’obligation découlant du serment ; à l’origine, le terme signifie « péché », et on l’emploie ici parce qu’il en constitue la cause. Dans le cas mentionné, il n’y a pas ḥinth, car l’intéressé n’a pas accompli l’acte ; celui-ci est attribué à celui qui le réalise effectivement. Or il avait juré sur son propre acte ; il ne devient donc pas parjure si l’acte est exécuté par autrui. (2) Il en va ainsi lorsqu’il jure : « Je ne porterai pas ces deux vêtements », ou : « Je ne parlerai pas à Zayd et ʿAmr ». S’il enfile l’un des deux vêtements ou s’il s’adresse à l’un des deux hommes, il ne devient pas parjure, car son serment est unique et porte globalement sur les deux éléments. En revanche, s’il dit : « Par Allah, je ne porterai pas celui-ci, ni celui-là », ou : « Je ne parlerai pas à Zayd, ni à ʿAmr », il rompt son serment dès qu’il porte l’un des deux vêtements ou qu’il parle à l’un des deux hommes, la répétition de la négation faisant de chaque élément un objet distinct du serment. (3) Autrement dit, il s’agit du serment effectif : celui qui est prononcé et voulu intérieurement. S’il ne s’y conforme pas, c’est-à-dire s’il n’agit pas selon son contenu, il doit offrir une expiation, conformément à la parole du Très-Haut.
ومن حلف أن لا يفعل شيئا فأمر غيره بفعله لم يحنث (١) ومن حلف على فعل أمرين ففعل أحدهما لم يحنث (٢). وكفارة اليمين (٣) هو مخير فيها بين ثلاثة أشياء:
يُؤَاخذكُم اللهُ باللَّغْوِ في أيمانِكُمْ وَلَكِنْ يُؤَاخِذُكُمْ بمَا كسبت قُلُوبُكُمْ "/ البقرَة: ٢٢٥/. أي قصدتموه وعزمتم عليه، وكسب القلب هو العزم والنية. قالت عائشة ﵂: أنزِلَتْ فيَ قوله: لاَ وَاللهَ، بَلى واللهَ. البخاري (٦٢٨٦). وروى أبو داود (٣٢٥٤) وابن حبان (١١٨٧) عن عطاء في اللَّغْوِ في اليمين، قال: قالت عائشة ﵂: إن رسولَ الله ﷺ قال: (هُوَ كَلاَمُ الرجُلِ في بَيْتِهِ، كَلاَ وَالله، وً بَلى وَاللهِ). (١) من الحنث وهو عدم الوفاء بموجب اليمين، والحنثَ في الأصل الذنب، وأطلق على ما ذكر لأنه سبب له. ولم يحنث في الصورة المذكورة، لأنه لم يباشر الفعل، والفعل ينسب إلى من باشره، وهو قد حلف على فعل نفسه حقيقة، فلا يحنث بفعل غيره. (٢) وذلك كما لو حلف: لا يلبس هذين الثوبين، أولا يكلم زيداً وعمراً، فلبس أحد الثوبين أو كلم أحد الرجلين، فلا يحنث، لأن يمينه واحدة على مجموع الأمرين. أما لو قال: والله لا ألبس هذا ولا هذا، أو لا أكلم زيداً ولا عمراً، فيحنث بلبس أحد الثوبين أو تكليم أحد الرجلين، لأن إعادة حرف النفي جعلت كلا منهما مقصوداً باليمين على انفراد. (٣) أي المنعقدة، وهي التي يجري لفظها على لسانه ويقصدها قي قلبه، فإن لم يَبر بها، أي يعمل بموجبها، وجبت عليه الكفارة، لقوله تعالى: