Et celui qui prête serment en promettant de donner ses biens en aumône (1) a le choix soit d’effectuer effectivement cette aumône (2), soit d’acquitter l’expiation du serment (3). Quant au serment prononcé à la légère (4), il n’entraîne aucune conséquence.
« Ne faites pas de vos serments un obstacle à la bienfaisance, à la piété et à la réconciliation entre les gens » (Coran, 2 : 224).
Al-Bukhari (1981) et Muslim (1606) rapportent d’après Abou Hurayra qu’il a entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : « Le serment peut écouler la marchandise, mais il fait disparaître la baraka (la bénédiction). »
[Marchandise : tout bien destiné à la vente ; « mumaḥqiqa » : qui anéantit ; baraka : accroissement, prospérité.]
(1) Par exemple : « Par Allah, je donnerai tous mes biens en aumône si j’accomplis telle chose », ou : « Je jeûnerai un jour », etc. On appelle cela le serment (ou vœu) d’obstination ou de colère : il ressemble au vœu parce qu’il engage à un acte de piété, et au serment parce qu’il sert surtout à empêcher l’acte (ou à l’imposer). Il est cependant plus proche du vœu. On l’a qualifié d’« obstination » (l’entêtement dans la dispute) et de « colère » parce qu’il surgit souvent dans ces états.
(2) Autrement dit : donner son bien en aumône ou réaliser l’acte pieux auquel on s’est astreint.
(3) Muslim (1645) rapporte d’après Ouqba b. ‘Âmir que le Prophète ﷺ a dit : « L’expiation du vœu est la même que celle du serment. » Selon an-Nawawî, la majorité de nos juristes l’appliquent au vœu d’obstination : quelqu’un déclare, pour s’interdire de parler à untel : « Si je lui adresse la parole, j’aurai envers Allah l’obligation d’accomplir le pèlerinage », puis il lui parle. Il peut alors choisir entre l’expiation du serment et l’exécution de ce qu’il s’est imposé ; c’est l’avis correct dans notre école (Sharḥ Muslim, 11/104).
(4) Il s’agit des paroles qui échappent sans intention de jurer, ou de la langue qui fourche alors qu’on voulait jurer sur autre chose. Il n’y a alors ni expiation ni péché, conformément au verset : « Allah ne vous tient pas rigueur des serments prononcés par inadvertance… »
ومن حلف بصدقة ماله (١) فهو مخير بين الصدقة (٢) أو كفارة اليمين (٣) ولا شيء في لغو اليمين (٤).
لأيْمَانِكمْ أنْ تَبروا وَتَتَّقُوا وَتصلِحُوا بَيْنَ الناسِ " / البقرة: ٢٢٤/.
وروى البخاري (١٩٨١) ومسلم (١٦٠٦) عن أبي هريرة ﵁ قال: سمعتُ رسولَ اللهِ ﷺ يقول: (الْحَلف مُنَفقةٌ للسلْعَة مُمحقةٌ للبَركة).
[للسَلعة: ما يباع ويشترى من المتاعَ. ممحقة: مذهبَة. للبركة: الزيادة والنماء].
(١) كأن قال: لله علي أن أتصدق بمالي إن فعلت كذا، ومثله: أن أصوم يوماً، ونحو ذلك. ويسمى يمين اللجاج والغضب، كما يسمى نذر اللجاج والغضب، لشبهه بالنذر من حيث الالتزا بقربة، وشَبهه باليمين من حيث تأكيد المنع من الفعل أو الترك. وهو إلى النذر أقرب وبه أشبه. وأضيف إلى اللجاج - وهو التمادي في الخصومة - وإلى الغضب: لأنه غالبا يحصل عندهما.
(٢) أي التصدق بماله، أو تنفيذ ما التزمه من القُرباتِ.
(٣) لما رواه مسلم (١٦٤٥) عن عقبة بنَ عامر ﵁، عن رسول الله ﷺ قال: (كَفَارَةُ النذْرِ كَفارَةُ اليَمِينِ). قال النووي رحمه الله تعالى: اختلف العلماء في المراد به، فحمله جمهور أصحابنا على نذر اللجاج، هو أن يقول إنسان يريد الامتناع من كلام زيد مثلاً: إن كلمت زيداً - مثلا - فلله علَيَ حجة، أو غيرها، فيكلمه، فهو بالخيار بين كفارة يمين وبين ما التزمه، هذا هو الصحيح في مذهبنا. (شرح مسلم:١٠٤/ ١١).
(٤) وهو ما يجري على اللسان دون قَصْدِ الحْلِفِ، أو قَصَدَ الحلفَ على شي فسبق لسانُه إلى غيره. فلا كفارة فيه ولا إثم، لقوله تعالى: "لا