Le Livre de la chasse et de l’abattage rituel Tout animal que l’on peut maîtriser pour procéder à sa dhakâh (abattage rituel) (1) doit être immolé en lui tranchant la gorge et la partie supérieure du cou (2). Quant à l’animal qu’il est impossible de soumettre à la dhakâh, celle-ci consiste alors à le blesser mortellement – ʿaqr (mise à mort par coup porté) – à l’endroit où l’on parvient à l’atteindre (3).
(1) Autrement dit : son abattage. Le fondement scripturaire de la licéité des sacrifices réside dans le verset : « sauf ce que vous aurez immolé » (s. al-Maʾida, 5 : 3), c’est-à-dire que tout animal saisi vivant et égorgé devient licite. Pour la chasse, le Coran dit : « Lorsque vous vous serez désacralisés, alors chassez » (s. al-Maʾida, 5 : 2), signifiant qu’une fois sorti de l’état de sacralisation du ḥajj ou de la ʿumra, la chasse est permise. D’autres preuves seront exposées dans les chapitres suivants. (2) Le ḥalq désigne la partie supérieure du cou et la labba sa partie inférieure ; l’égorgement doit se faire entre les deux. Le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : « Sachez que l’immolation se réalise au niveau du ḥalq et de la labba. » Rapporté par al-Dâraqutnî (4/283) et cité par al-Boukhârî sous forme de تعليق d’après Ibn ʿAbbâs dans le chapitre « An-naḥr wa-dh-dhabḥ ». (3) Il faut infliger à l’animal une blessure mortelle à l’endroit du corps où cela est possible. Al-Boukhârî (5190) et Muslim (1968) rapportent d’après Râfiʿ b. Khadij que le Messager de Dieu – paix et salut sur lui – s’empara d’un butin de chameaux et de moutons ; l’un des chameaux s’enfuit, et, faute de monture, un homme le visa d’une flèche qui le neutralisa. Le Prophète déclara : « Ces bêtes ont des sursauts semblables à ceux du gibier sauvage ; si l’une d’elles agit ainsi, faites-en autant. » Une autre version ajoute : « Tout animal qui vous échappe, traitez-le ainsi. » [nahb : prise de guerre ; fand : il s’enfuit ; awâbid : bêtes redevenues farouches].
كتاب الصيد والذبائح وما قدر على ذكاته (١) فذكاته في حلقه ولبته (٢) وما لم يقدر على ذكاته فذكاته عقره حيث قدر عليه (٣)
(١) أي ذبحه، والأصل في مشروعية الذبائح قوله تعالى: " إلا ما ذَكيتمْ " / المائدة: ٣/ أي ما أدركتموه حياً، ذبحتموه فإنه حلال لكم. وفي مشروعية الصيد قوله تعالى: " وَإذَا حَلَلْتُمْ فَاصْطَادُوا ". /المائدة: ٢/ أي إذا تحللتم من الإحرام بالحج أو العمرة فقد حل لكم الاصطياد. وسيأتي مزيد من الأدلة خلال فصول الكتاب. (٢) الحلق أعلى العنق، واللبة أسفله، والذبح يكون بينهما. قال ﵊: (ألاَ إن الذكَاةَ في الحَلْقِ وَاللبة) رواه الدارقطني (٤/ ٢٨٣). والبخاري تعليقاً عن ابن عباس ﵄ في الذبائح، باب: النحر والذبح. (٣) جَرحُه جُرحاً مزهقاً لروحه في أي مكان أمكن من بدنه. روى البخاري (٥١٩٠) ومسلم (١٩٦٨) عن رافعِ بن خديج ﵁: أنه ﷺ أصَابَ نَهْبَ إبل وغنم، فَند منها بعيرُ، ولم يكن معهم خيل، فرماه رجل بسهْم فَحَبَسَهُ - أي فمات- فقال رسولُ الله ﷺ: (إن لِهذه الْبهائِمِ أوَابِدَ كَأوَابِد الْوَحش فما فعَلَ منها هكذا فافعَلُوا بهَ مِثلَ ذلك. وروي: وما غَلَبكُم منها فَاصنَعُوا بِه هكذا). [نهب: غنيمة. فند: نفر وذهب على وجهه شارداً. أوابد: هي التي تأبدت، أي نفرت وتوحشت].