et les quatre cinquièmes restants sont attribués aux combattants (1) et affectés aux intérêts collectifs des musulmans (2).
(1) Il s’agit des soldats détachés pour surveiller l’ennemi et garder les frontières, toujours prêts à partir au djihâd.
(2) Ces revenus lui étaient remis – paix et salut sur lui – de son vivant, et il les affectait de la manière mentionnée. Al-Bukhârî (n° 2748) et Muslim (n° 1757) rapportent d’après ‘Umar : « Les biens des Banû Nadîr comptaient parmi ce qu’Allah a accordé à Son Messager sans que les musulmans aient eu à lancer ni chevaux ni montures ; ils étaient donc la propriété exclusive du Messager d’Allah. Il en prélevait la dépense annuelle de sa famille, puis consacrait le surplus à l’achat d’armes et de chevaux de guerre, en préparation dans la voie d’Allah. » [yujaf : d’ijâf, hâter la marche ; rikâb : les chameaux ; autrement dit, aucun effort n’a été requis ni à cheval ni à dos de chameau ; al-kurâ‘ : les chevaux réservés au combat ; ‘udda : équipement pour le djihâd.]
Parmi les postes de dépense figurent également l’entretien des familles des combattants – appelés murtaziqa – qui meurent, même hors des opérations militaires, ainsi que celui des savants et assimilés dont la communauté a besoin ; on verse alors à leurs héritiers, qui dépendaient d’eux de leur vivant, de quoi couvrir leurs besoins essentiels. Al-Nihâya précise : « Lorsqu’un murtaziq meurt, on remet à ceux dont il avait la charge, sur les quatre cinquièmes du *fay’*, une somme suffisante – non pas exactement ce qu’il touchait. On donne ainsi à l’épouse, fût-elle multiple, et aux filles jusqu’à leur mariage ou jusqu’à ce qu’elles subviennent à leurs besoins par leur travail ou autre, et aux garçons jusqu’à ce qu’ils puissent gagner leur vie ou soient aptes au combat, afin que les gens ne délaissent pas le djihâd par crainte de l’abandon de leurs familles après leur mort. Quant au fils majeur incapable de se suffire, il est traité comme le mineur. » Il ajoute : « On verse également, sur les fonds d’intérêt général, aux enfants du savant jusqu’à ce qu’ils puissent se prendre en charge, et à son épouse jusqu’à son remariage, afin d’encourager la poursuite du savoir. » (Al-Nihâya, 3/74).
ويعطى أربعة أخماسه للمقاتلة (١) وفي مصالح المسلمين (٢).
(١) وهم الجند المنقطعون لرصد العدو وحماية الثغور، والمتأهبون دائماً للجهاد.
(٢) لأنها كانت تعطى له ﷺ في حياته، وكان يصرفها فيما ذكر.
روى البخاري (٢٧٤٨) ومسلم (١٧٥٧) عن عمر ﵁ قال: كانتْ أمْوالُ بَني النضِير، ممَا أفَاءَ اللهُ عَلى رسُوله ﷺ مِمَّا لَم يُوجِفِ المُسْلمُوَنَ علَيْه بخيْل وَلاً رِكَاب، فكانتْ لرسولِ اللهِ ﷺ خَاصَّةً، وكانَ يُنْفِقُ عَلِى أهْلِهِ نفَقَة سنتِهِ، ثم يَجْعل مَا بَقيَ في السلاحِ وَالْكُرَاع ِ، عُدة في سبيل الله.
[يوجف: من الإيجاف وهو الإسراع في السير، والركاب الإبل، والمعنى: لم يبذلوا فيها سعيا لا بالخيل ولا بالإبل. الكراع: الخيل التي تعد للجهاد. عدة: استعداداً للجهاد]
ومن جملة المصارف النفقة على أسر من يموت من المجاهدين الذين سبق ذكرهم، ويسمون المرتزقة، ولو في غير قتال، أو العلماء ونحوهم، ممن تحتاج الأمة إلى أعمالهم، فيعطى ورثتهم الذين كانت تلزمهم نفقتهم في حياتهم ما يسد حاجتهم. قال في النهاية: ومن مات من المرتزقة دفع إلى من كان تلزمه نفقته من أربعة أخماس الفيء كفايته، لا ما كان يأخذه هو، فتطعى الزوجة وإن تعددت، والبنات حتى ينكحن أو يستغنين بكسب أو غيره،
والذكور حتى يستقلوا بالكسب أو المقدرة على الغزو، لئلاَّ يشتغل الناس بالكسب عن الجهاد إذا علموا ضياع عيِالهم بعدهم، ومن بلغ من الأبناء عاجزاً فكمن لم يبلغ.
وقال: ويعطى لأولاد العالم من أموال المصالح إلى أن يستقلوا وللزوجة حتى تنكح، ترغيبا في العلم. (٣/ ٧٤).