Section. – Celui qui renie l’islam est sommé de se repentir à trois reprises ; s’il revient à la foi, il est épargné, sinon il est mis à mort (1). On ne procède alors ni à la toilette mortuaire, ni à la prière funéraire sur lui, et il n’est pas inhumé dans les cimetières musulmans (1).
(1) Car al-Bukhari (n° 2854) rapporte, d’après Ibn ‘Abbas, que le Prophète a dit : « Quiconque renie sa religion, tuez-le. » Il a également déclaré : « Il n’est pas permis de verser le sang d’un musulman, si ce n’est dans trois cas : … celui qui abandonne sa religion et se sépare de la communauté. » (Voir note 2, p. 201.)
La demande de repentance est obligatoire : on doit d’abord l’inviter à se repentir et à revenir à l’islam avant de l’exécuter. Ad-Daraqutni (3/118) rapporte en effet, d’après Jabir, qu’une femme nommée Umm Ruman avait apostasié ; le Prophète ordonna qu’on lui propose l’islam : si elle se repentait, on la laisserait en vie, sinon elle serait mise à mort.
Certains estiment qu’on lui accorde trois jours, en renouvelant l’invitation chaque jour. ‘Umar, à propos d’un apostat exécuté sans délai, déclara : « Ne pouviez-vous pas le garder trois jours, le nourrir chaque jour d’une miche et le sommer de se repentir ? Peut-être se serait-il repenti et serait-il revenu à l’ordre d’Allah. » Puis ‘Umar ajouta : « Ô Allah, je n’étais pas présent, je n’ai pas ordonné et je n’ai pas approuvé. » (Al-Muwatta’, 2/737.)
L’avis prépondérant dans le madhhab reste toutefois qu’aucun délai n’est requis, à la lumière des textes précédents. Al-Bukhari (n° 6525) et Muslim (n° 1733) rapportent qu’à la nomination d’Abu Musa al-Ash‘ari comme gouverneur du Yémen, Mu‘adh b. Jabal le rejoignit. À son arrivée, Abu Musa lui présenta un coussin en disant : « Assieds-toi. » Un homme, ligoté, se trouvait là. Mu‘adh demanda : « Qui est-ce ? » Il répondit : « C’était un Juif qui s’est converti à l’islam puis est revenu au judaïsme. » Mu‘adh dit : « Je ne m’assiérai pas tant qu’il ne sera pas exécuté ; tel est le jugement d’Allah et de Son Messager. » Il répéta cette phrase trois fois, puis l’homme fut mis à mort.
[Jugement d’Allah : c’est-à-dire tel est le verdict divin. – Trois fois : il répéta son propos à trois reprises.]
"فصل" ومن ارتد عن الإسلام استتيب ثلاثا فإن تاب وإلا قتل (١) ولم يغسل ولم يصل عليه ولم يدفن
(١) لما رواه البخاري (٢٨٥٤) عن ابن عباس ﵄ قال: قال النبى ﷺ: (مَنْ بَدلَ دِينَهُ فَاقتُلُوهُ). ولقوله ﷺ: (لاَ يحل دَمُ امْرِىء مُسْلِم .. إلا بِإحْدَى ثَلاث ..
المُفَاِرقُ لِدِينِهِ التَّارِكُ لِلْجَماعَةِ (انظر: حاشية ٢ ص ٢٠١).
والاستتابة واجبة، أي يطلب منه أن يتوب ويعود إلى الإسلام قبل أن يقتل، لما رواه الدارقطني (٣/ ١١٨) عن جابر ﵁: أن امرأة يقالُ لها أم رومان ارتدت، فأمر النبي ﷺ أن يُعْرَضَ عليها الإسلام، فإنْ تابتْ وإلا قتلَتْ.
وقيل: يمهل ثلاثة أيام، يكرر عليه الطلب فيها، لقول عمر ﵁ في مرتد قتل ولم يمهل: أفَلاَ حَبسَتمُوُه ثَلاَثا، وَأطعَمْتُمُوه. ُ
كُل يَوْم رَغِيفاً، وَاسْتَتَبْتُمُوهُ لعَلَهُ يَتُوبُ ويُراجِعُ أمْرَ اللهِ؟ ثم قال عمر: اللهُم إني لم أحضر، ولم آمرْ، ولمَ أرضَ إذ بَلَغَني الموطأ (٢/ ٧٣٧).
والراجح في المذهب أنه لا يمهل، لظاهر الأدلة السابقة. وقد روى البخاري (٦٥٢٥) ومسلم (١٧٣٣) حديث تولية أبي موسى الأشعري ﵁ على اليمن، وفيه:: ثم أتْبَعَهُ مُعَاذَ بْنَ جَبَل، فلما قَدِمَ عليه أْلقى له وسادةً، قال: انْزِلْ، وإذا رجلٌ عنده. مُوثَقٌ، قال: ما هذا؟ قال: كان يهودياً فأسلم ثم تَهوَدَ، قال: اجْلِسْ، قال: لا أجلسُ حتَى يُقْتَلَ، قضاءُ الله ورسولِه، ثلاث مرات، فأمَرَ به فقُتِل.
[قضاء الله: أي هذا قضاء الله. ثلاث مرات: أي كرر قوله ثلاثاً].