3 – et qu’ils se réclament d’une interprétation recevable (1)
et l’on ne tuera pas leurs prisonniers, et il ne…
(1) On appelle baghî (rebelle) celui qui invoque un argument plausible, tiré du Coran ou de la sunna, pour légitimer la révolte contre l’imam légitime ou refuser un droit qui lui incombe ; celui qui sort sans aucun fondement interprétatif n’est qu’un opposant obstiné et n’est pas juridiquement considéré comme baghî. Ainsi, certains insurgés contre ‘Alî — qu’Allah l’honore — prétendaient qu’il connaissait les meurtriers de ‘Uthmân — qu’Allah l’agrée — sans leur appliquer la loi du talion ; or une telle accusation relève du kufr (incroyance), car elle revient à suspendre le jugement selon ce qu’Allah a révélé : « Quiconque ne juge pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont les mécréants » (s. 5, v. 44).
De même, ceux qui refusèrent de verser la zakât à Abû Bakr — qu’Allah l’agrée — affirmaient qu’ils ne paieraient leur zakât qu’à celui dont l’invocation est une miséricorde pour eux, à savoir le Messager d’Allah ﷺ, en s’appuyant sur la parole divine : « Prélève de leurs biens une ṣadaqa (aumône) par laquelle tu les purifieras (tuṭahhiruhum) et les feras croître (tuzakkihim), et prie pour eux, ta prière étant pour eux quiétude (sakan) » (s. 9, v. 103).
[Ṣadaqa désigne ici la zakât et toute aumône ; « tuṭahhiruhum » signifie les nettoyer des traces du péché ; « tuzakkihim » : accroître leurs biens en bénédiction et prospérité, le terme tazkiya pouvant aussi marquer une purification renforcée ; « ṣalli ʿalayhim » : implore la miséricorde divine en leur faveur ; « sakan » : miséricorde qui apaise leurs âmes et rassure leurs cœurs.]
Si l’un des trois critères requis pour qualifier un groupe de rebelles fait défaut, leur combat n’est pas obligatoire : ils répondent seulement de leurs actes et de leurs conséquences, sans être traités comme baghât.
Par ailleurs, il n’est permis de les combattre qu’après que l’imam légitime aura envoyé vers eux un homme digne de confiance et sagace : il les conseille, les invite à l’obéissance, dissipe leurs hésitations, s’enquiert de ce qu’ils reprochent à l’imam juste, les avertit des suites de leur entêtement et les informe qu’ils seront combattus s’ils persistent.
Ce principe s’appuie sur l’ordre divin de rechercher la conciliation avant le combat, Allah — exalté soit-Il — ayant dit : « Réconciliez-les ; mais si l’un des deux groupes transgresse envers l’autre, alors combattez-le… » (s. 49, v. 9).
٣ - وأن يكون لهم تأويل سائغ (١)
ولا يقتل أسيرهم، ولا
(١) شبهة محتملة، من كتاب أو سنة، يجيزون بسببها الخروج على الإمام الحق، أو منع الحق المتوجه عليهم، ومن خرج من غير تأويل كان معانداً ولم يكن باغياً. كتأويل بعض من خرجوا على علي ﵁: بأنه يعرف قتلة عثمان ﵁ ولا يقتص منهم، وهذا كفر لأنه تعطيل للحكم بما أنزل الله ﷿. والله تعالى يقول: " وَمَنْ لَمْ يَحكُمْ بمَا أنْزَلَ اللهُ فأولئِكَ هُمُ الكافرُونَ " / المائدة: ٤٤/.
وكتأويل مانعي الزكاة لأبي بكر ﵁: بأنهم لا يدفعون الزكاة لا لمن كان دعاؤه رحمة لهم: هو رسول الله ﷺ. لأن الله تعالى يقول: " خذ من أموالهم صدقة تطهرهم وتزكيهم بها وَصَل عَلَيْهِمْ إن صلاَتَكَ سًكَنٌ لَهَمْ " التوبة: ١٠٣/.
[صدقة: هي الزكِاة. وغيرها. تطهرهم: تنظفهم وتنقيهم من آثار الذنوب. وتزكيهم: تزيد أموالهم بركة ونماء وتستعمل التزكية بمعنى المبالغة في التطهير. صل عليهم: اعطف عليهم بالدعاء. سكَن لهم: رحمة تسكن بها نفوسهم وتطمئن قلوبهم].
فإذا فقد شرط من الشروط الثلاثة لم يكونوا بغاة. ولم يجب قتالهم.
وإنما يؤاخذون بأعمالهم وما ترتب عليها، ولا يعاملون معاملة البغاة.
ويشترط أيضاً لجواز قتالهم: أن يرسل إليهم الإمام الحق رجلا أميناً فطناً، ينصحهم ويدعوهم إلى الطاعة ويكشف لهم شبهتهم، إن أبدوا شبهة. ويسألهم عما يكرهون من إمام أهل العدل، ويحذرهم من عاقبة إصرارهم على البغي. وينذرهم بالقتال إن أصروا على ما هم عليه.
والْأصل في هذا: أن الله تعالى أمر بالإصلاح قبل القتال إذ قال: "فأصلحوا بينهما فإن بغت إحداهما على الأخرى فقاتلوا