gauche (1). S’il vole une quatrième fois, on lui coupe le pied droit (2). S’il récidive encore après cela, il est soumis à une peine de taʿzîr, c’est-à-dire une sanction disciplinaire (3) ; selon une autre opinion, il est alors mis à mort sur-le-champ (4).
(1) Mâlik rapporte dans le Muwaṭṭaʾ (2/835) et al-Shâfiʿî dans son Musnad, in Al-Umm (6/255, note), qu’un homme originaire du Yémen, déjà amputé de la main et du pied, vint loger chez Abû Bakr al-Ṣiddîq et se plaignit de l’injustice que lui aurait faite le gouverneur du Yémen. Il priait la nuit, et Abû Bakr lui disait : « Par ton père, ta nuit n’est pas celle d’un voleur. » Plus tard, on constata la disparition d’un collier appartenant à Asmâʾ bint ʿUmays, l’épouse d’Abû Bakr. L’homme faisait le tour de la maison en répétant : « Ô Allah, châtie celui qui a attaqué, cette nuit, les habitants de cette demeure vertueuse. » Le bijou fut retrouvé chez un orfèvre qui déclara que l’amputé le lui avait apporté ; celui-ci l’avoua (ou des témoins l’en accusèrent). Abû Bakr ordonna alors qu’on lui coupe la main gauche et déclara : « Par Allah, l’invocation qu’il a lancée contre lui-même m’est plus pénible que son vol. » [Il estimait avoir été lésé par l’amputation précédente infligée pour vol présumé ; le verbe « bayyata » signifie : pénétrer la nuit pour dérober les biens d’autrui.] (2) Al-Shâfiʿî rapporte, par sa chaîne, d’après Abû Hurayra, que le Messager d’Allah ﷺ a dit au sujet du voleur : « S’il vole, coupez-lui la main ; s’il récidive, coupez-lui le pied ; s’il récidive encore, coupez-lui la main ; puis, s’il vole de nouveau, coupez-lui le pied. » Voir Mughnî al-Muḥtâj, 4/178, et Al-Umm, 6/138. (3) Après la quatrième récidive, aucune peine légale (ḥadd) n’étant plus prévue pour le vol, le juge applique une peine corrective (*taʿzîr*) qu’il juge dissuasive : bastonnade, emprisonnement ou bannissement. (4) Certains invoquent un ḥadith rapporté, entre autres, par Abû Dâwûd (no 4410) pour soutenir une autre sanction, mais ce ḥadith est faible, contredit par le consensus, et, même s’il était authentique, il serait considéré comme abrogé. Dans quelques manuscrits on lit : « il est exécuté après détention (*yuqtalu ṣabran*) », c’est-à-dire qu’on le retient avant de le mettre à mort.
اليسرى (١) فإن سرق رابعا قطعت رجله اليمنى (٢) فإن سرق بعد ذلك عزر (٣) وقيل يقتل صبرا (٤).
(١) روى مالك في الموطأ (٢/ ٨٣٥) والشافعي في مسنده (الأم: ٦/ ٢٥٥ هامش): أن رجلا من أهل اليمن أقْطع اليد والرجل، قَدمَ فنزل على أبي بكر الصَديق، فشكا إليه أنَ عَامِلَ اليَمَنِ قد ظلمه، فكان يُصَلِّي منَ الليل، فيقول أبو بكَر: أبيكَ ما لَيْلك بِلَيلِ سَارِق. ثُم إنهُمْ فَقَدُوا عِقْداً لأسمَاءَ بنتِ عُمَيسْ، امرأة أبي بكر الصديق فَجعلَ الرجُلُ يَطُوفُ معهم ويقول: اللهم عليك بمن بيَّتَ أهلَ هذا البيتِ الصالِحِ. فوجدوا الحُليَّ عندَ صَائغٍ، زعمَِ أن الأقْطَع جاءه به، فاعْتَرَف به الأقطع، أو شُهِدَ عليه به، فأمرَ به أبو بكر الصديقُ، فَقُطِعَتْ يَدُهُ اليُسرَى، وقال أبو بكر: واللهِ لَدُعاؤه على نفسه أشَدٌ عندي عليه من سرقته. [ظلمه: بقطع يده: رجله بتهمة السرقة. بيت: أغار عليهم ليلاً وأخذ مالهم]. (٢) روى الشافعي بإسناده، عن أبي هريرة ﵁: أن رسول الله ﷺ قال في السارق: (إن سرق فاقطعوا يده، ثم إن سرق فاقطعوا رجله، ثم إن سرق فاقطعوا يده، ثم إن سرق فاقطعوا رجله). مغني المحتاج: ٤/ ١٧٨. وانظر الأم: ٦/ ١٣٨. (٣) عوقب بما يراه الحاكم رادعاً له من ضرب أو سجن أو نفي، لأن السرقة معصية، ولم يثبت فيها حد بعد المرة الرابعة، فتعين التعزير. (٤) لحديث ورد في هذا رواه أبو داود (٤٤١٠) وغيره، وهو قول مرجوح وضعيف لضعف الحديث الوارد فيه، والإجماع على خلاف، وأن الحديث - إن ثبت - فهو منسوخ. وفي بعض النسخ (يقتل صبراً) أي يحبس من أجل أن يقتل ولو يوماً واحداً.