Le taʿzîr (1). – Cette peine devient obligatoire par l’un des deux moyens suivants : la preuve testimoniale ou l’aveu (2), et il ne…
(1) Si l’imam légitime estime qu’il y a avantage à alourdir la peine – surtout quand la consommation d’alcool se répand et que ses méfaits deviennent patents – il peut le faire afin de dissuader et de réprimer.
Muslim rapporte (1706), d’après Anas (qu’Allah l’agrée), que le Prophète – paix et salut sur lui – fit fouetter pour la boisson enivrante à l’aide de rameaux de palme et de sandales ; Abou Bakr appliqua ensuite quarante coups. Plus tard, sous ‘Umar (qu’Allah l’agrée), lorsque les gens s’installèrent dans les campagnes et les villages, il demanda : « Que pensez-vous de la peine pour la boisson enivrante ? » ‘Abd al-Rahman b. ‘Awf répondit : « Je propose de l’aligner sur la peine légale la plus légère. » ‘Umar prescrivit alors quatre-vingts coups.
[« Les gens s’installèrent dans les campagnes et les villages » : ils occupèrent des terres fertiles où abondaient fruits et raisins ; ils fabriquèrent donc du vin et en burent, si bien que la peine fut durcie à titre dissuasif. – « La peine la plus légère » renvoie à la peine pour qadhf (diffamation), fixée à quatre-vingts coups, comme on le sait.]
Le fait de dépasser quarante coups relève donc du tazir (châtiment discrétionnaire) et non du hadd (peine légale fixe). C’est ce que montre le récit transmis par Muslim (1707) : ‘Uthman (qu’Allah l’agrée) ordonna de fouetter al-Walid b. ‘Uqba b. Abi Mu‘ayt ; ‘Abd Allah b. ‘Umar (qu’Allah les agrée) exécuta la peine, tandis qu’‘Ali (qu’Allah l’agrée) comptait ; arrivé à quarante, il dit : « Arrête. Le Prophète – paix et salut sur lui – en a infligé quarante, Abou Bakr quarante, ‘Umar quatre-vingts ; tout cela relève de la sunna, mais la solution qui me plaît le plus est de me limiter à quarante. » Autrement dit, se contenter de quarante est préférable, car c’est ce qu’a fait le Messager d’Allah ; c’est aussi plus sûr en matière pénale, évitant d’aller au-delà du dû et de tomber dans l’injustice.
La peine n’est pas appliquée tant que le condamné est encore ivre, car la dissuasion serait alors inopérante.
(2) Autrement dit, la peine prescrite pour la boisson enivrante est établie lorsqu’il y a le témoignage concordant de deux hommes.
Elle l’est également si l’intéressé s’en accuse lui-même. Le hadith rapporté par Muslim (1207) précise : « Deux hommes ont témoigné contre lui. » L’aveu vaut donc preuve et se substitue à la déposition de témoins.
التعزير (١).
ويجب عليه بأحد أمرين بالبينة أو الإقرار (٢)، ولا
(١) إن رأى الإمام العدل مصلحة في ذلك، لاسيما إذا انتشر شربها وفشا شرها، ليحصل الردع والزجر.
روى مسلم (١٧٠٦) عن أنس ﵁: أن نبي الله ﷺ جلد في الخمر بالجَرِيد والنعَال، ثم جلد أبوْ بكر أربعين، فلما كان عمر ﵁ ودناَ الناسُ منَ الريف والقرى، قال: ما تَرَوْنَ في جَلدِ الخمرِ؟ فقال عبد الرحمن بنُ عوف: أرى أنْ تَجعَلَها كأخَفَ الحُدُود قال: فجلد عمرُ ثمانين.
[دنَا الناس من الريف والقرى: أي سكنوا مواقع الخصب، وكثرت لديهم الثمار والأعناب، فاصطنعوا الخمر وشربوها، فزيد في العقوبة زجراً لهم. أخف الحدود: هو حد القذف، وهو ثمانون جلدة كما علمت].
ودل على أن الزيادة على الأربعين تعزير وليست بحد: ما رواه مسلم (١٧٠٧) أن عثمانَ ﵁ أمرَ بجلد الوليد بن عُقْبَةَ بن أبي مُعَيْطٍ، فجلده عبدُ الله بن عمر ﵄، علي ﵁ يعُد، حتى بَلغَ أربعين، فقال: أمْسكْ، ثم قال: جَلَدَ النبي ﷺ، أربعين، وجلد أبو بكرَ أربعينَ، وعمرُ ثمانينَ، وكُلٌ سُنَّةٌ، وهذا أحَبّ إلي. أي الاكتفاء بأربعين، لأنه الذي فعله رسول الله ﷺ، وهو أحوط في باب العقوبة، من أن يزيد فيها عن المستحَق، فيكون ظلماً.
ولا يقام عليه الحد حال سكره، لأنه لا يحصل به الزجر حينئذ.
(٢) أي يثبت الحد على من شرب المسكر إذا شهد عليه رجلان بذلك.
أو أقر هو على نفسه. جاء في حديث مسلم (١٢٠٧): فشَهِدَ عَلَيْه رجُلان. والإقرار حجة تقوم مقام البينة.