Le libre est frappé de quatre-vingts coups (1), tandis que l’esclave en reçoit quarante. La peine de la calomnie s’annule dans trois cas : 1 – par la production d’une preuve testimoniale (2)
Il ressort de la parole divine que la condition d’islam, de liberté et de chasteté est requise : « inna alladhîna yarmûna al-muḥṣanât al-ghâfilât al-mu’minât luʿinû fî ad-dunyâ wa-al-âkhirati walahum ʿadhâbun ʿaẓîm » (Certes, ceux qui calomnient des femmes musulmanes libres, chastes et confiantes sont maudits en ce monde et dans l’au-delà, et un châtiment terrible leur est réservé) — sourate an-Nûr, 23. [al-muḥṣanât : les femmes libres ; al-ghâfilât : les chastes, au cœur pur ; al-mu’minât : les musulmanes]. Al-Dâraqutnî rapporte dans ses Sunan (3/147), d’après Ibn ʿUmar, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « man ashraka billâhi falaysa bimuaḥṣan » (quiconque associe à Allah n’est pas considéré comme muḥṣan). Al-Dâraqutnî précise que la version correcte est le propos arrêté d’Ibn ʿUmar lui-même. Par ailleurs, la peine légale (ḥadd) est obligatoire pour le calomniateur, parce qu’il est accusé de mensonge et afin d’écarter l’infamie de la personne diffamée. Lorsqu’un individu est notoirement dépourvu de chasteté et connu pour l’adultère, il est vraisemblable que l’accusation portée contre lui soit vraie, et cette accusation ne lui occasionne donc aucune honte. De même, le mécréant ne dispose d’aucun frein religieux qui le dissuaderait de commettre la turpitude. Quant à la condition de raison et de puberté, elle s’explique par le fait que ni le fou ni l’enfant ne subissent d’atteinte à leur honneur ; or la peine de qadf a été instituée pour préserver l’honneur de la personne diffamée, comme on l’a vu. Si la peine ne peut être appliquée en raison d’un défaut dans ses conditions, le juge inflige au calomniateur une peine discrétionnaire (taʿzîr) qu’il juge appropriée. (1) Allah dit : « walladhîna yarmûna al-muḥṣanât thumma lam ya’tû bi-arbaʿati shuhadâʾ fajlidûhum thamânîna jaldatan wa lâ taqbalu lahum shahâdatan abadan wa ulâʾika hum al-fâsiqûn » (Et ceux qui accusent d’adultère des femmes chastes sans produire ensuite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups et n’acceptez jamais plus leur témoignage ; ce sont eux les pervers) — sourate an-Nûr, 4. Cette règle concerne les hommes libres ; l’esclave, quant à lui, voit sa peine réduite de moitié, comme indiqué plus haut. (2) La présentation de quatre témoins établit la véracité de l’accusation d’adultère. En effet, la parole divine « thumma lam ya’tû bi-arbaʿati shuhadâʾ » (sans produire ensuite quatre témoins) montre que, s’ils les présentent, aucune peine n’est appliquée au calomniateur et l’adultère est confirmé à l’encontre de la personne accusée.
ويحد الحر ثمانين (١) والعبد أربعين. ويسقط حد القذف بثلاثة أشياء: ١ - إقامة البينة (٢)
وقد دل على شرط الإسلام والحرية والعفة: قوله تعالى: " إن الذينَ يرْمونَ المُحصنَاتِ الغَافلات المُؤْمِنَاتِ لعنوا في الدنْيا والآخِرَةِ وَلهمْ عَذَاب عَظِيم "/ النوَر: ٢٣/. [المحصنات: الحرائر. الغافلات: العفيفات. السليمات الصدور، النقيات القلوب. المؤمنات: المسلمات]. وروى الدارقطني في سننه (٣/ ١٤٧) عن ابن عمر ﵄ قال: قال رسول الله ﷺ: (منْ أشْرَكَ بِاللهِ فَليسَ بمحْصَن) قال الدارقطنى: والصواب موقوف من قول ابن عمر. وأيضاً: وجب الحد على القاذف لاتهامه بالكذب، ودفعاً للعار على المقذوف. ومن عرف بعدم العفة عن الزنا يغلب على الظن صدق من قذفه به، كما أنه لا يلحقه عار بهذا الاتهام. وكذلك الكافر ليس لديه ما يردعه عن فعل الفاحشة. أما اشتراط العقل والبلوغ، فلأن المجنون والصبي لا يلحقهما العار، وحد القذف شرع دفعا للعار عن المتهم كما علمت. وإذا لم يثبت الحد لاختلال شروطه، عزر القاذف مما يراه القاضي مناسباً. (١) لقوله تعالى: "وَالَّذِين يرْمَونَ المحصنَاتِ ثم لَمْ يأتوا بأربَعة شهَدَاءَ فَاجْلدوهُمْ ثَمانين جلدَةً وَلا َتقبلوا لَهمُْ شهَادَةَ أبَداً وَأولئِكَ هم الْفَاسِقونَ " / النور ٤/. : هذا في الأحرار، والعبد عقوبته عَلى النصف من الحر كما علمت. (٢) على صدق مدعاه ومارماه به من الزنِا. لقوله تعالى: " ثم لم يأتوا بأربعة شهداء " فدل على أنه إذا أتي بالشهداء فلا حد على القاذف ويثبت الزنا على القذوف.