acquiert alors le droit à l’indemnité ; et, s’il n’existe aucune présomption (luwath), le serment incombe au défendeur ⦗1⦘. Quant à l’auteur d’un homicide sur une personne dont la vie est inviolable ⦗2⦘, il doit, à titre d’expiation, affranchir un esclave.
(1) Le fondement de cette question se trouve dans le ḥadith rapporté par al-Bukhari (n° 5791), Muslim (n° 1669) et d’autres, d’après Sahl ibn Abi Ḥathma : « ʿAbd Allah ibn Sahl, Muḥayyiṣa et le fils de Masʿûd se rendirent à Khaybar, qui était alors sous pacte. Ils se dispersèrent parmi les palmiers. Muḥayyiṣa trouva ʿAbd Allah ibn Sahl gisant dans son sang, assassiné ; il l’enterra puis regagna Médine. ʿAbd al-Raḥmân ibn Sahl, Muḥayyiṣa et Ḥuwayyiṣa — les deux derniers étant les oncles paternels du défunt — se présentèrent devant le Prophète ﷺ. Comme ʿAbd al-Raḥmân, le plus jeune, voulait parler, le Prophète ﷺ dit : « Que le plus âgé prenne la parole ». ʿAbd al-Raḥmân se tut et les deux aînés parlèrent. Le Prophète ﷺ demanda alors : « Réclamez-vous le prix du sang de votre parent en prêtant cinquante serments parmi vous ? ». Ils répondirent : « Ô Messager d’Allah, c’est une affaire dont nous n’avons pas été témoins ». Il dit : « Dans ce cas, que les Juifs vous dégagent de l’accusation en prêtant, eux aussi, cinquante serments ». Ils dirent : « Ô Messager d’Allah, ce sont des mécréants ». Le Messager d’Allah ﷺ régla alors la diya (compensation financière) de sa propre initiative. Entre crochets dans la note originale : yatachaḥchaṭ : se débattre en se roulant. atastahiqûna qatîlakum : c’est-à-dire, la diya. fatubri’ukum Yahûd : qu’ils vous dégagent de toute prétention. fawadâhum : il leur versa la diya. min qablihi : de ses propres deniers ou du Trésor des musulmans. (2) Il s’agit de toute vie musulmane dont le sang n’a pas été rendu licite. Or le sang d’un musulman n’est licite que dans l’un des trois cas explicités par le Prophète ﷺ : « Il n’est pas permis de verser le sang d’un musulman qui atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que je suis le Messager d’Allah, si ce n’est pour l’une des trois raisons suivantes : la vie pour la vie (meurtre avec préméditation), l’adultère commis par une personne mariée, et l’abandon de la religion — c’est-à-dire l’apostasie — accompagné de la rupture avec la communauté ». Rapporté par al-Bukhari (n° 6484) et Muslim (n° 1676). Entre crochets dans la note originale : an-nafsu bi-n-nafs : le meurtrier avec préméditation est mis à mort. ath-thayyib : la personne déjà mariée, homme ou femme. al-mufâriq li-dînihî : l’apostat. al-jamâʿa : l’ensemble de la communauté musulmane. Les mêmes règles s’appliquent au dhimmi (non-musulman protégé), à la personne entrée sous aman (sécurité garantie), au majeur comme au mineur, et même au fœtus.
الدية وإن لم يكن هناك لوث فاليمين على المدَّعَى عليه (١) وعلى قاتل النفس المُحَرَّمَة (٢) كفارة عتق رقبة
(١) والأصل في هذا: ما رواه البخاري (٥٧٩١) ومسلم (١٦٦٩) وغيرهما، عن سهل بن أبي حَثمة ﵁ قال: انْطَلَق عَبْدُ اللهِ ابنُ سهل ومحيِّصَة وبن مسعودٍ إلى خيبرَ، وهي يومئذ صلْحُ، فتفرقا في النخل فأتى محيصة إلى عبد الله بن سهل وهو يتشَحَّطُ في دَمِهِ قتيلا، فدفنه ثم قدم المدينة، فانْطلق عبدَ الرحمن بن سهَل وحيصةُ وحُوَيصَةُ - عماه - ابنا مسعود إلى النبي ﷺ، فذهب عبد الرحمن يتكلمُ وكان أصْغرَ القومِ فقال النبي ﷺ: (كبِّرِ الْكُبر) - أي ليتول الكلامَ الأكبر- فسكَتُّ فتكلما، قال: (أتَستَحقونَ قَتِيلكَم بأيمانِ خَمسينَ منكم) قالوا: يا رسولَ الله، أمْرِّ لَمْ نَرَهُ قال: (فَتُبرِئُكُمْ يهود في أيمان خمسينَ منهم) قالوا: يا رسولَ الله، قومٌ كفارُ، فؤدَاهم رسولُ الله ﷺ من قبله. [يتَشحط: يتخبط ويتمرغ. أتستحقون قتيلكم: أي ديته. فتبرئكم يهود: تبرأ إليكم من دعواكم. فودَاهم: أعطاهم الدية. من قبله: من عنده أو من بيت مال المسلمين]. (٢) هي كل نفس مسلمة لم يهدر دمها. ولا يهدر دم المسلم إلا بأحد أمور ثلاثة، بينها رسول الله ﷺ بقوله: (لا يَحل دَمُ امْرِىءِ مُسْلِم يَشْهَدُ أِن لاَ إلهَ إلا الله وأنْىَ رسولُ الله إلا بإحدى ثلاثٍ: النفسْ بالنَّفْسِ، والثّيب الزاني، والمفَارِق لِدَينِهِ التارِكُ للجماعة). رواه البخاري (٦٤٨٤) ومسلم (١٦٧٦). [النفس بالنفس: أي القاتل عمداً يقتل. الثيب: المتزوج، رجالاُ كان أم امرأة. المفارق لدينه: المرتد عن الإسلاَم الجماعة: أي جماعة المسلمين وعامتهم]. ومثل المسلم الذمي والمستأمن. والكبير والصغير سواء وكذلك الجنين.