On entend par homicide semi-intentionnel (ʿamd al-khaṭaʾ) le fait de vouloir frapper quelqu’un avec un objet qui, en règle générale, n’est pas mortel ; si la personne meurt, il n’y a pas de peine de représailles, mais une indemnité aggravée (diyya) incombe à la ʿaqila, payable de façon différée sur trois années (1). Les conditions requises pour que la peine de représailles soit applicable sont au nombre de quatre : 1 – que l’auteur du meurtre ait atteint la puberté ; 2 – qu’il soit sain d’esprit (2) ; 3 – qu’il ne soit pas le père de la victime (3) ; 4 – que la victime ne soit pas d’un rang inférieur à celui du meurtrier en raison de la mécréance ou de l’esclavage (4).
(1) Ibn Madja (no 2627), Abu Dawud (no 4547) et d’autres rapportent d’après Abdullah b. ‘Amr que le Prophète a dit : « Pour la victime d’un homicide par erreur assimilé à l’intentionnel – telle la mort causée par un fouet ou un bâton – l’indemnité est de cent chameaux ; dans une autre version : cent chameaux dont quarante sont pleines, portant leur petit. » Cf. Hâshiya 1, p. 193 et p. 196. ‑ Abu Dawud (no 4565) rapporte encore que le Prophète a dit : « L’‘aql (diyya, indemnité) de l’homicide quasi-intentionnel est aggravé, équivalent à celui de l’homicide volontaire, mais l’auteur n’est pas mis à mort. » Le terme ‘aql désigne la diyyah (prix du sang) ; « aggravé » signifie qu’elle se compose de trois catégories, comme on le verra. Voir Hâshiya 1, p. 193. (2) Le qisas est une sanction corporelle qui n’est encourue qu’en cas de délit. Or l’acte d’un mineur ou d’un dément n’est pas qualifié de délit, puisqu’ils ne peuvent avoir l’intention d’agresser ; ils ne relèvent donc pas de la sanction, et aucun qisas n’est appliqué pour un homicide qu’ils commettraient, même si l’acte ressemble à un meurtre volontaire. (3) Ainsi, si le meurtrier agit délibérément mais est le père de la victime, il n’est pas exécuté, selon le hadith rapporté par al-Darqutni (3/141) : « On ne se venge pas de l’enfant sur son père. » Cette règle s’étend à tous les ascendants, comme le grand-père et au-delà. (4) Preuve en est le hadith d’al-Bukhari (no 6507) transmis par ‘Ali : « On ne met pas à mort un musulman pour un mécréant », ainsi que le verset coranique relatif au qisas : « le libre pour le libre ». ‘Ali ajoutait : il fait partie de la sunna qu’un homme libre ne soit pas tué pour un esclave, ce qu’appuie le hadith d’Abu Dawud (no 4517) : « Un homme libre n’est pas exécuté pour un esclave. »
وعمد الخطأ: أن يقصد ضربه بما لا يقتل غالبا فيموت فلا قود عليه بل تجب دية مغلظة على العاقلة مؤجلة في ثلاث سنين (١). وشرائط وجوب القصاص أربعة: ١ - أن يكون القاتل بالغا ٢ - عاقلا (٢) ٣ - وأن لا يكون والداً للمقتول (٣) ٤ - وأن لا يكون المقتول أنقص من القاتل بكفر أو رق (٤).
(١) روى ابن ماجه (٢٦٢٧) وأبو داود (٤٥٤٧) وغيرهما، عن عبد الله ابن عمروَ ﵄، عن النبي صلي الله عليه وسلم قال: قتِيلُ الْخَطَإ شِبْهِ العمْد قَتِيل السوْطِ والعصا، مائَةٌ - في رواية: فيه مائة - منَ الإبِلَِ: أربعَونَ مِنهَا خَلِفَةً في بُطُونِهَا أولادُها) وانظر حاشية ١ ص ١٩٣. وحا ١ ص ١٩٦. وروى أبو داود (٤٥٦٥) أن النبي ﷺ قال: (عقْلُ شبه العمْدِ مُغَلَّظُ مِثْلُ عَقلِ الْعَمْد، ولاَ يقْتَلُ صَاحِبهُ). واَلعقل الدية، والتغليظ كَونها ثلاثة أنواع كمَا سيأتىِ، وانظر: حا ١ ص ١٩٣. (٢) لأن القصاص عقوبة بدنية، َ والعقوبة لا تجب إلا بالجناية، وفعل الصبي والمجنون لا يوصف بالجناية، لعدم صحة قصد التعدي منهما، فليسا من أهل العقوبة، ولا قصاص عليهما في قتلهما وإن كان على صورة العمد. (٣) أي فلو كان القاتل عمدا والد المقتول فلا يقتل به، لما رواه الدارقطني (٣/ ١٤١) من قوله ﷺ: (لا يقاد للابن من أبيه). ومثل الأب جميع الأصول، كالجد وإن علا. (٤) لما رواه البخاري (٦٥٠٧) عن علي ﵁، عن رسول الله ﷺ (لاَ يقتَلُ مسْلِم بكَافِر). ولقوله تعالى: في آية القصاص: " الحر بالحرِّ " وعن علي ﵁ قال: من السنة ألاً يقتلَ ِحُر بعبد ولخبر أبي داود (٤٥١٧): (لاَ يقتلٌ حُر بِعبدٍ).