Il n’y a donc pas de peine de représailles à son encontre ; en revanche, il doit verser une indemnité allégée (diyya), à la charge de la ʿaqila, différée et acquittable sur trois années (1).
(1) Le Très-Haut a dit : « Il n’appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, sauf par erreur ; et quiconque tue un croyant par erreur doit affranchir un esclave croyant et verser une diya (indemnité) à la famille de la victime, à moins qu’ils n’y renoncent » (an-Nisa, 4 : 92).
Le caractère allégé de cette diya sera précisé, ainsi que sa preuve, dans le chapitre suivant.
Quant à son paiement par l’ʿâqila (le groupe de solidarité agnatique), il s’appuie sur le ḥadith rapporté par al-Bukhari (6512) et Muslim (1681) d’après Abou Hourayra : « Deux femmes de Hudhayl se sont battues ; l’une lança une pierre sur l’autre, la tua ainsi que l’enfant qu’elle portait. L’affaire fut portée devant le Messager d’Allah ﷺ, qui statua que le fœtus devait être indemnisé par une gourrah, c’est-à-dire un esclave ou une esclave, et que la diya de la femme serait supportée par son ʿâqila. » [Gourrah : terme évoquant une tache blanche du visage, employé ici pour désigner un esclave adulte ; walîda : esclave femme.]
Les juristes ont dit : il s’agit d’un homicide quasi-intentionnel ; le Prophète y a imposé la diya à l’ʿâqila, à plus forte raison doit-elle leur incomber dans le cas d’un homicide purement involontaire.
Ibn Mâja (2633) rapporte aussi d’après al-Ghirra b. Shuʿba que « le Messager d’Allah ﷺ a statué que la diya est à la charge de l’ʿâqila ».
Le fait qu’elle soit réglée sur trois années repose sur ce qui est rapporté de ʿUmar, ʿAli, Ibn ʿUmar et Ibn ʿAbbâs : tous ont jugé ainsi sans être contredits, ce qui constitue un consensus ; ils ne sauraient émettre un tel avis que sur instruction du Messager d’Allah ﷺ. L’imam al-Shâfiʿî a d’ailleurs déclaré : « Je ne connais personne qui nie que le Messager d’Allah ﷺ ait statué que la diya, prise en charge par l’ʿâqila, soit versée sur trois années. »
Al-Tirmidhî (1386) ajoute : « Les gens de science sont unanimes à dire que la diya est prélevée sur trois années. » Voir aussi Nayl al-Awtâr, 7/90.
فلا قود عليه بل تجب عليه دية مخففة على العاقلة مؤجلة في ثلاث سنين (١).
(١) قال تعالى: "وَمَا كَانَ لِمَؤْمنٍ أنْ يَقْتلَ مُؤْمنا إلا خطأ وَمنْ قَتَلَ مؤمِناً خطَأً فَتَحرِيرُ رَقَبةِ مُؤمِنَة وَدِيَةٌَ مسلَّمَة إلى أهْلِه إلا أنْ يَصّدَقوا " / النساء: ٩٢ /.
وكَون الدية مخففة سيأتي معناه ودليله في الفصل التالي.
وكونها على العاقلة، لما رواه البخاري (٦٥١٢) ومسلم (١٦٨١) عن أبي هريرة ﵁ قال: اقْتَتلتْ امرَأتَان مِنْ هَذَيْل، فرَمتْ إحداهما الأخْرَى بحجَر فَقتلَتْهَا وَما فَي بطنِها، فَاختَصَمْوا إلى رسولِ الله ﷺ، فَقَضىَ أن ديَةَ جَنِينهَا غرة عَبْدٌ أوْ وَلِيًدة، وَقضَى بِدِيةِ المرأةِ عَلى عًاقلَتِهَا.
[غرة: هي بياض في الوجه عبر به عن عبد كامَل. وليدة: امرأة مملوكة].
قالوا: هذا القتل شبه عمد، وقضي فيه بالدية على العاقلة، فيقضى بها عليهم في الخطأ من باب أولى.
وروى ابن ماجه (٢٦٣٣) عن الغيرة بن شعبة ﵁ قال: قضى رسول الله ﷺ بالديةِ على العاقِلةَِ.
وكونها في ثلاث سنين، لما رويَ عَن عمر وعلي وابن عمر وابن عباس ﵃، أنهم قضوا بذلك ولم ينكر عليهم، فكان إجماعاً، وهم لا يقولون مثل هذا إلا بتوقيف عن رسول الله ﷺ، بل قال الشافعي رحمه الله تعالى: ولم أعلم مخالفاً أن رسول الله ﷺ قضى بالدية على العاقلة في ثلاث سنين.
وقال الترمذي (١٣٨٦): وقد أجمع أهل العلم على أن الدية تؤخذ في ثلاث سنين. وانظر: نيل الأوطار: ٧/ ٩٠.