toutefois, si le détenteur du droit lui accorde son pardon, il devient redevable d’une indemnité aggravée (diyya), exigible immédiatement et prélevée sur les biens du meurtrier (1). Quant à l’homicide purement accidentel, il consiste à lancer un projectile vers une cible, mais à atteindre un homme et à le tuer.
« … et Miséricorde. Mais quiconque transgresse après cela subira un châtiment douloureux » (Coran, 2 : 178).
Al-Bukhari (4228) et d’autres rapportent d’après Ibn ‘Abbas : « Le pardon (al-‘afw) consiste, dans un meurtre prémédité, à accepter la diyya (compensation financière) ; “la poursuite avec bienveillance” signifie que le plaignant agit avec bienséance et que le débiteur s’en acquitte généreusement. »
Il n’existe aucune distinction, quant à l’obligation du qisas (talion), entre hommes et femmes, car le Très-Haut dit : « Nous leur avons prescrit : vie pour vie » (Coran, 5 : 45).
Al-Tabarani rapporte d’après ‘Amr b. Hazm al-Ansari que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Pour l’homicide volontaire, il y a le qisas. »
(1) Al-Bukhari (112) et Muslim (1355) rapportent d’après Abou Hurayra : « Celui à qui l’on a tué un proche dispose de deux options : soit il exécute (le meurtrier), soit il perçoit la diyya. »
Le caractère aggravé de cette diyya sera précisé, preuves à l’appui, dans le chapitre suivant.
Elle est exigible immédiatement et doit être prélevée sur les biens propres du meurtrier, à titre de sévérité.
Al-Bayhaqi (8/104) rapporte d’après Ibn ‘Abbas : « L’aqila (groupe de solidarité tribale) ne prend pas en charge la diyya d’un homicide volontaire, ni celle conclue par sulh (transaction), ni celle résultant d’un aveu, ni ce qu’a causé l’esclave. » Un propos similaire est attribué à ‘Omar.
[Sulh : accord financier conclu entre les ayants droit de la victime et l’auteur. Aveu : diyya due pour une atteinte que l’auteur a reconnue sans preuve légale.]
Malik rapporte dans le Muwatta (2/865), d’après Ibn Chihab : « Il est établi dans la sunna que l’aqila ne supporte rien de la diyya pour un meurtre volontaire, sauf si elle y consent volontairement. »
L’aqila désigne la tribu et les proches d’un homme, ceux qu’il appelle à l’aide et qui l’assistent en retour.
عنه وجبت دية مغلظة حالة في مال القاتل (١)
والخطأ المحض أن يرمي إلى شيء فيصيب رجلا فيقتله
وَرَحْمَةٌ فَمَنِ اعْتَدَى بَعْدَ ذَلكَ فَلَهُ عَذَابٌ أليمٌ " / البقرة: ١٧٨/.
روى البخاري (٤٢٢٨) وغيره، عن ابن عباس ﵄ قال: فالعفو أن يقبل في العمد الدية، والاتباع بالمعروف: يتبع الطالبُ بمعروف، ويؤدي إليه المطلوب بإحسان. ولا فرق في وجوب القصاص بين الرجال والنساء، لقوله تعالى: " وكتَبْنَا عَليهِم فِيهَا أن النَّفْسَ بالنفسِْ " / المائدة: ٤٥/.
روى الطبراني، عن عمرو بن حزم الأنصاري ﵁: أن رسول الله ﷺ قال: (العَمْدُ قَودٌ).
(١) روى البخاري (١١٢) ومسلم (١٣٥٥) عن أبي هريرة ﵁: أن النبي ﷺ قال: (مَنْ قُتلَ له قَتيلٌ فهُوَ بخِير النظَرَيْنِ: إمَّا أنْ يَقْتُلَ وَإمَّا أنْ يَدِيَ) أي يأخذ الَدية.
وكونها مغلظة سيأتي معناه ودليله في الفصل التالي.
وتجب حالة وفي مال القاتل تشديداً عليه.
روى البيهقي (٨/ ١٠٤) عن ابن عباس ﵄ قال: لا تَعْقِلُ العَاقِلَةُ عَمْداً وَلاَ صُلْحاً وَلاَ اعْتِرَافاً ولا ما جَنى المَمْلُوكُ. وروي مثل هذا عن عمر ﵁.
[صلحاً: ما تصالح عليه أولياء التقتيل مع الجاني. اعترافاً: دية جناية اعترف بها الجاني ولم تثبت عليه بالبينة].
وذكر مالك في الموطأ (٢/ ٨٦٥) عن ابن شهاب أنه قال: مضت السنة: أن العاقلة لا تحمل شيئاً من دية العمد، إلا أن يشاؤوا ذلك.
والعاقلة: قبيلة الرجل وأقاربه، ممن يستنصر بهم ويستنصرون به.