qu’après la prise de possession (1). Une fois le bien reçu, le donateur n’a plus le droit de revenir sur sa donation, à moins qu’il ne soit le père du donataire (2).— De même, si l’on accorde un bien sous la forme d’une ʿumrâ ou d’une ruqbâ (donation viagère), ce bien appartient au bénéficiaire ainsi qu’à ses héritiers après lui (3).
(1) La chose donnée ne sort pas du patrimoine du donateur ni n’entre dans celui du bénéficiaire tant que ce dernier ne l’a pas reçue. Jusqu’à la prise de possession, le donateur peut revenir sur sa libéralité. C’est ce qu’illustre le récit authentifié par al-Hakim : le Prophète ﷺ avait offert du musc au Négus ; celui-ci mourut avant que le présent ne lui parvienne, si bien que le Prophète ﷺ partagea le musc entre ses épouses (2/188).
(2) Al-Bukhari (2449) et Muslim (1622) rapportent d’après Ibn Abbas que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Celui qui reprend son don est comme un chien qui vomit puis retourne à son vomi. » Abou Dawud (3539) et al-Tirmidhi (2133) — que ce dernier qualifie de ḥasan ṣaḥiḥ — rapportent, d’après Ibn Umar et Ibn Abbas, que le Prophète ﷺ a dit : « Il n’est pas permis à un homme de reprendre l’aumône ou le présent qu’il a faits, sauf au père à l’égard de ce qu’il a donné à son enfant. »
(3) L’ʿumrâ consiste à dire : « Je t’attribue ce bien pour la durée de ta vie ; à ton décès, il me reviendra. » La ruqbâ consiste à dire : « Je t’en fais don ; si tu meurs avant moi il me reviendra, mais si je meurs avant toi il restera à toi. » Muslim (1625) rapporte de Jabir que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Quiconque consent une ʿumrâ à un homme pour lui et sa descendance, en déclarant : “Je te la donne, à toi et à tes héritiers, tant qu’il restera quelqu’un parmi vous”, le bien appartient définitivement au bénéficiaire et à sa postérité ; il ne retourne pas au donateur, car le don est entré dans le domaine successoral. » Autrement dit, il relève des règles d’héritage et garantit un droit aux héritiers. Abou Dawud (3558) et al-Tirmidhi (1351) le rapportent également, ce dernier le qualifiant de ḥadith ḥasan.
الهبة إلا بالقبض (١) وإذا قبضها الموهوب له لم يكن للواهب أن يرجع فيها إلا أن يكون والدا (٢)
وإذا أعمر شيئا أو أرقبه كان للمعمر أو للمرقب ولورثته من بعده (٣) ".
(١) أي لا تخرج العين الموهوبة من ملك الواهب وتدخل في ملك الموهوب له قبل أن يقبضها، وللواهب أن يرجع عن الهبة قبل القبض، وقد دل على ذلك ما رواه الحاكم وصححه: أنه ﷺ أهْدَى للنَّجاشيِّ مسْكاً فَماتَ قَبْلَ أنْ يصِلَ إلَيْهِ، فَقَسَمَهُ النبي ﷺ بين نِسائه. (٢/ ١٨٨)
(٢) روى البخاري (٢٤٤٩) ومسلم (١٦٢٢) عن ابن عباس ﵄ قال: قال رسول الله صلي الله عليه وسلم: (العائِدُ في هِبَتهِ، كالكلب يَقيءُ، ثم يَعُودُ في قَيئِهِ) وروى أبو داود (٣٥٣٩) والترَمذي (٢١٣٣) وقال: حَسَن وصحيح، عن ابن عمر وابن عباس رضى الله عنهم عن النبي ﷺ. قال: (لا يَحِل لَرَجُلٍ أنْ يُعطيَ عَطِيَّةً أو يَهبَ هبة فيَرْجِعَ فيها، إلا الوالدَ فيما يُعْطي لوَلَدِهِ).
(٣) العمرى: أن يقول له: أعمرتك هذا العقار، أي جعلته لك مدة عمرك فإذا مت رجع إلي. والرقبى: أن يقول له: أرقبتك هذا الشيء، فإذا متّ قبلي عاد إلي وإن مت قبلك استقر لك.
روى مسلم (١٦٢٥) عن جابر ﵁: أن رسول الله ﷺ قال: (أيَّمَا رَجُل أعْمر رجلا عُمْرَى لَهُ ولعَقبه، فقال: أعطيتُكَها وعقبكَ مَا بقيَ منِكُمْ أحَد، فَإنَها لَمَنَ أعْطِيَ وَعَقبهِ لا ترجِعُ إلى صَاحبهَا، مِنْ أجل أنهُ أعْطَى عًطَاءً وَقَعَت فيه الَمَوًارِيث). أي دخل في حكم ما يورث. وثبت فيه حق الورثة.
وروى أبو داود (٣٥٥٨) والترمذي (١٣٥١) وقال حديث حسن.