Section. — Toute chose dont la vente est licite peut, de la même manière, être donnée en donation (1), et celle-ci ne devient pas contraignante.
« Ô Messager d’Allah, j’ai reçu un terrain à Khaybar ; jamais je n’ai possédé un bien qui me soit plus précieux. Que m’ordonnes-tu d’en faire ? » — Il répondit : « Si tu le souhaites, conserve-en la propriété et donne-en les revenus en aumône. » Umar décida donc de le mettre en waqf : « Il ne sera ni vendu, ni donné, ni transmis par héritage. » Il en consacra les revenus aux pauvres, aux proches, à l’affranchissement des esclaves, à la cause d’Allah, au voyageur de passage et à l’hôte. Celui qui en assure la gestion peut, sans péché, en prélever de quoi se nourrir et nourrir autrui, pourvu qu’il n’en retire aucun profit personnel. [Asaba : il l’a obtenue lors du partage des terres de Khaybar après la conquête. / Yasta’miruhu : il le consulte. / Anfas : le meilleur des biens. / Habasta : tu l’as mis en waqf. / Biha : c’est-à-dire ses fruits et revenus. / Fi l-riqab : pour affranchir des esclaves. / Junah : péché. / Waliyaha : son administrateur. / Ghayr mutamawwil : sans en tirer un enrichissement.] L’islam encourage le waqf, comme le montre le hadith rapporté par Muslim (1631) d’après Abu Hurayra : le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Lorsque l’homme meurt, ses œuvres s’interrompent, sauf dans trois cas : une ṣadaqa jariya (aumône continue), un savoir utile ou un enfant vertueux qui prie pour lui. » Les savants expliquent que la ṣadaqa jariya renvoie au waqf. (1) La légitimité de la donation se fonde sur ce verset : « Remettez aux femmes leur dot de bon gré ; mais si, de leur plein gré, elles vous en font remise d’une part, disposez-en librement, dans la joie et la quiétude. » (An-Nisa, 4). [« Dot » (ṣadaq) : le mahr. / « Nihla » : don prescrit. / « Tabna » : elles ont fait remise. / « Nafsan » : de plein gré. / « Hani’an mari’an » : licite et agréable.] On invoque aussi le hadith rapporté par al-Bukhari (2437) et Muslim (1077, version de ce dernier) d’après Abu Hurayra : lorsque l’on apportait un mets au Prophète ﷺ, il demandait ce que c’était ; si l’on répondait : « Un cadeau », il en mangeait ; si l’on disait : « Une aumône », il n’en mangeait pas.
"فصل" وكل ما جاز بيعه جازت هبته (١) ولا تلزم
= يا رسول الله. إني أصبْتُ أرضاً تجيبرَ لمِ أُصِبْ مالاً قطُّ أنفَسَ عنْدي منه؟ فما تأمُرُ به؟ قال: (إنْ شِئْتَ حبسْتَ أصْلَهَا وَتْصَدَقتَ بها). قال: فتصدقَ بها عمرُ: أنَه لا يباعُ ولا يوهَب ولا يُورَثُ، وتَصَدق بها الفقراء وفي القربى وفي الرقاب وفي سبيل الله وابنِ السبيلِ والضيْفِ، لا جُنَاح على من وَلِيَها أنْ يأكلَ منها بالمعرَوفِ ويُطْعِمَ، غَيْرَ مُتَمَوِّل. [أصًاب: أخذها وصارت إليه بالقسم حين فتحت خيبر وقسمت أرضها. يستأمره: يستشيره. أنفس: أجود. حبست: وقفت. بها: بثمرتها وغلتها. في الرقاب: تحرير العبيد. جناح: إثم. وليها: قام بأمرها. غير متمول: أي لا يصح مال منها]. وقد حث الإسلام على الوقف، ودل على ذلك ما رواه مسلم (١٦٣١) عن أبي هريرة ﵁: أن رسول الله ﷺ قال: (إذا مات الإنسانُ انقَطَع عنه عمله إلا مِن ثلاثة: مِنْ صَدَقَة جَاريَة، أوْ عِلْم ينتَفَع بهِ، أو وَلَد صالِح يَدْعُو لَهُ). وحًمل العلًماء الصدقة الجارية على الَوقف. (١) دل على مشرعية الهبة: قوله تعالى: " وَآتُوا النساءَ صَدُقَاتِهِن نِحلَةً فَإنْ طِبْن لكُمْ عَنْ شيء مِنْهُ نَفْساً فكلُوهُ هَنِيئاً مَرِيئاً " / النساء:٤ /. [صدقاتهن: جمع صداق وهو المهر. نحلة: عطية مفروضة. طبن: وهبن. نفساً: طابت نفوسهن بذلك. هنيئاً مريئاً: حلالاً طيباً سائغاً]. وما رواه البخاري (٢٤٣٧) ومسلم (١٠٧٧) واللفظ له، عن أبي هريرة ﵁: أن النبي ﷺ: كان إذا أتي بطعام سأل عنه: فإن قِيلَ هدِيةٌ أكلَ منها. وإنْ قِيلَ صدَقة لم يأكلْ منهًا.