La manière de revivifier la terre consiste, selon l’usage, en toute opération qui assure effectivement la mise en valeur du terrain concerné. Mettre l’eau à la disposition d’autrui devient obligatoire sous trois conditions : 1 – que la quantité disponible excède les besoins de celui qui la détient (1) ; 2 – qu’une autre personne en ait besoin, pour elle-même ou pour ses bêtes ; 3 – qu’il s’agisse d’une eau renouvelable provenant d’un puits ou d’une source (2). Section. — Le *waqf* (fondation pieuse) est licite sous trois conditions : 1 – qu’il porte sur un bien dont on peut tirer profit tout en maintenant l’intégrité de sa substance ; 2 – qu’il repose sur un capital existant et un revenu ininterrompu (3) ; 3 – qu’il ne concerne rien d’illicite (4). Le *waqf* reste régi par les stipulations posées par celui qui l’institue : qu’il s’agisse d’avance ou de report, d’égalité ou de préférence (5).
(1) Al-Bukhari 2230 et Muslim 107 rapportent d’après Abu Hurayra que le Messager d’Allah a dit : « Trois catégories d’hommes qu’Allah ne regardera pas le Jour de la Résurrection, qu’Il ne purifiera pas, et qui subiront un châtiment douloureux : un homme qui disposait d’une eau excédentaire sur la route mais la refusa au voyageur… ». [« Ne les regardera pas » : c’est-à-dire par un regard de miséricorde et d’honneur. « Ne les purifiera pas » : Il ne les débarrassera pas du poids de leurs péchés. « Ibn al-sabîl » : le voyageur.] Muslim 1565 rapporte également, d’après Jabir, que le Messager d’Allah a interdit la vente de l’eau excédentaire. (2) Autrement dit, de l’eau qui demeure à l’état libre et n’a pas été mise à l’abri dans un récipient ou assimilé. (3) Autrement dit, l’objet du waqf (dotation pieuse) – ou au moins son genre – doit exister au moment de la fondation ; il ne doit pas appartenir à une espèce appelée à disparaître, sauf si l’auteur du waqf désigne ensuite une autre destination pérenne, comme lorsqu’il le réserve d’abord à ses enfants puis aux pauvres après eux. (4) C’est-à-dire : juridiquement interdit. (5) Le fondement des points précédents se trouve dans le ḥadith rapporté par Al-Bukhari 2586 et Muslim 1632, d’après Ibn ʿUmar : ʿUmar b. al-Khattab acquit une terre à Khaybar, se rendit auprès du Prophète pour solliciter son avis, et celui-ci répondit :
وصفة الإحياء ما كان في العادة عمارة للمُحيا. ويجب بذل الماء بثلاثة شرائط: ١ - أن يفضل عن حاجته (١) ٢ - وأن يحتاج إليه غيره لنفسه أو لبهيمته ٣ - وأن يكون مما يستخلف في بئر أو عين (٢). "فصل" والوقف جائز بثلاثة شرائط: ١ - أن يكون مما ينتفع به مع بقاء عينه ٢ - وأن يكون على أصل موجود وفرع لا ينقطع (٣) ٣ - وأن لا يكون في محظور (٤). وهو على ما شرط الواقف: من تقديم أو تأخير أو تسويه أو تفضيل (٥).
(١) روى البخاري (٢٢٣٠) ومسلم (١٠٧) عن أبي هريرة ﵁ قال: قال رسول الله ﷺ: (ثَلاثَة لا يَنظرُ اللهُ إليهم يومَ القيامة ولا يُزَكيهمَ ولهمْ عَذَابٌ أليمٌ: رجُل كانَ لَهُ فضْلُ مَاء بالطَريَقِ فمَنَعَهُ مِنِ ابنِ السَّبيلِ ... ). [لا ينظر إليهم: نظر رحمة وإكَرام. يزكيهم: يطهرهم من إثم ذنوبهم. ابن السبيل: المسافر.] وروى مسلم (١٥٦٥) عن جابر ﵁ قال: نهى رسول الله ﷺ عن بَيعِ فَضْل المَاءِ. (٢) يبقى ولم يُحْرَز في إناء ونحوه. (٣) أي أن يكون الموقوف عًليه أو نوعه موجوداً حين الوقف: وأن لا يكون مما ينقطع نوعه، إلا إذا عين جهة أخرى لا تنقطع. كما إذا أوقف على أولاده ثم الفقراء من بعدهم. (٤) أي محرم شرعاً. (٥) والأصل فيما سبق: ما رواه البخاري (٢٥٨٦) ومسلم (١٦٣٢) عن ابن عمر ﵄: أن عمرَ بن الخطاب ﵁ أصاب أرضاً بخيبَرَ، فأتى النبي ﷺ يَسْتَأمِرُهُ فيها، فقال: =