Section. — Lorsque quelqu’un remet à un homme une terre à cultiver tout en se réservant une part déterminée de son revenu, cela n’est pas licite (1). En revanche, s’il la lui loue contre un loyer fixé en or ou en argent, ou s’il lui stipule une quantité précise de nourriture due sur sa dette, cela est licite (2). Section. — La revivification des terres en friche (*iḥyâʾ al-mawât*) est permise sous deux conditions : 1 – que celui qui la fait revivre soit musulman ; 2 – que la terre soit libre, sans qu’aucun musulman n’en ait jamais été propriétaire (3).
(1) Ses revenus, c’est-à-dire ses récoltes et sa production ; on parle ici de la muzara‘a (métayage). Son interdiction se fonde sur le ḥadith rapporté par al-Bukhari (2214) et Muslim (1548, formulation retenue) d’après Rafi‘ ibn Khadij : « À l’époque du Messager d’Allah, nous affermions la terre par contrat de ḥiqāl, en la louant pour un tiers, un quart ou une quantité déterminée de denrées. Un jour, l’un de mes oncles nous dit : “Le Messager d’Allah nous a défendu une pratique qui pourtant nous était utile, mais l’obéissance à Allah et à Son Envoyé est plus bénéfique ; il nous a interdit de traiter la terre ainsi, de la louer pour un tiers, un quart ou une denrée fixée. Il a ordonné au propriétaire de la cultiver lui-même ou de la faire cultiver et a réprouvé ce mode de location et tout ce qui y ressemble.” » – L’expression « denrée déterminée » semble viser soit une part précise de la récolte, soit l’interdiction qui précède (location au quart ou au tiers). « Il a réprouvé sa location » signifie : pour une fraction de ce qu’elle produit. (2) Muslim (1549) rapporte de Thabit ibn ad-Dahhak que le Messager d’Allah a interdit la muzara‘a et a prescrit la mu’âjara (location à loyer fixe), ajoutant : « Il n’y a pas de mal à cela. » (3) Al-Bukhari (2210) rapporte d’après ‘Aïsha que le Prophète a dit : « Celui qui met en valeur une terre n’appartenant à personne en a la priorité. » Les termes i‘mâr et ihyâ’ sont équivalents ; ils désignent le fait de rendre une terre productive par la culture ou la construction. Al-Bukhari rapporte aussi, de manière suspendue (46/13) : « à condition de ne léser aucun droit d’un musulman. »
"فصل" وإذا دفع إلى رجل أرضا ليزرعها وشرط له جزءا معلوما من ريعها لم يجز (١). وإن أكراه إياها بذهب أو فضة أو شرط له طعاما معلوما في ذمته جاز (٢). "فصل" وإحياء الموات جائز بشرطين: ١ - أن يكون المحيي مسلما ٢ - وأن تكون الأرض حرة لم يجر عليها ملك لمسلم (٣)
(١) ريعها: غلتها وإنتاجها، وهذا ما يسمى بالمزارعة، والأصل في عدم جوازها: ما رواه البخاري (٢٢١٤) ومسلم (١٥٤٨) واللفظ له، عن رافع بن خَديج ﵁ قال: كنا نحاقِلُ الأرضَ على عَهْد رسول الله ﷺ، فَنُكرِيهَا بالثلُثِ والربعُِ والطعامِ اَلمسمَىَ، فجاءنا ذات يوم رجل من عمومتى فقال: نهانا رسولُ الله ﷺ عن أمر كانَ لنا نافعا، وطَواعِيةُ الله ورسوله أنفعُ لنا: نهانا أن نحاقلَ بالأرض فنكريَها على الثلثِ والربعِ والطعامَ المسمى، وأمرَ رب الأرضِ أن يَزْرَعهَا أو يُزْرِعَها، وكره كراءها وما سوى ذلك. [الطعام المسمى: الظاهر أن المراد بالطعام المسمى جزء معين مما يخرج من الأرض، أو أن النهي منصب على ما قبله من الكراء بالربع والثلث. كره كراءها: بجزء مما يخرج منها.] (٢) روى مسلم (١٥٤٩) عن ثابت بن الضحَاك ﵁: أن رسول الله ﷺ نهى عن المُزَارَعَة وَأمَرَ بالمؤَاجَرَة وقال: (لا بأس بها). (٣) روى البخاري (٢٢١٠) عن عائشة ﵂، عن النبي ﷺ قال: (مَن أعمَرَ أرضاً ليستْ لأحَد فَهوَ أحق) أي أحق بها من غيره، والإعمار والإحياء بمعنى، وهو استصلاحها بالزرع أو البناء. وروى البخاري أيضا تعليقاً (٤٦/ ١٣): (في غير حق مسلم).