Ensuite, pour que le bien vendu par salam soit valable, huit conditions doivent être réunies :
1 – après avoir indiqué son genre et sa variété, on doit le décrire par les caractéristiques qui font varier le prix ;
2 – en préciser la quantité de façon à lever toute incertitude ;
3 – si l’échéance est différée, en fixer le terme ;
4 – le bien doit, en règle générale, exister au moment où il devient exigible ;
5 – le lieu de sa remise doit être précisé ;
6 – le prix doit être connu (1) ;
7 – le paiement doit être effectué avant la séparation des contractants (2) ;
8 – le contrat de salam doit prendre immédiatement effet, sans qu’on y introduise une option conditionnelle (3).
Section. — Tout bien dont la vente est licite peut également être donné en gage pour garantir une dette (4), si…
(1) Le fondement des conditions précédemment exposées réside, d’une part, dans le verset coranique : « … jusqu’à un terme déterminé » et, d’autre part, dans le ḥadith : « pour une mesure déterminée, un poids déterminé et un délai déterminé ». Les points non mentionnés explicitement sont déduits analogiquement à partir de ceux qui le sont.
(2) Autrement dit, la partie qui avance les fonds (*al-muslim*) remet aussitôt au vendeur, dans la séance même du contrat, le capital du *salam*, conformément à la parole prophétique : « Celui qui conclut un *salam* qu’il en paie le prix comptant. » Tel est le sens voulu, et Dieu sait mieux.
(3) Le contrat de *salam* comporte déjà une forme d’incertitude (*gharar*), puisqu’il porte sur un bien inexistant au moment de l’échange. Le droit de rétractation conditionnelle (*khiyâr al-sharṭ*) introduit, lui aussi, une incertitude – le contrat pouvant être confirmé ou annulé. La règle est donc de ne pas cumuler deux incertitudes dans une même opération. « Nâjizan » signifie : conclu, ferme et exécutoire.
(4) La base juridique en est le verset : « Et si vous êtes en voyage et que vous ne trouvez pas d’écrivain, qu’un gage accepté suffise » (sourate al-Baqarah, 2 : 283). Le gage (*rahn*) demeure valable aussi bien en voyage qu’en résidence, car al-Bukhârî (n° 1962) et Muslim (n° 1603) rapportent d’après ʿÂʾisha que le Prophète ﷺ acheta des vivres à un Juif à crédit et lui donna en gage une cotte de mailles en fer.
ثم لصحة المسلم فيه ثمانية شرائط: وهو أن:
١ - يصفه بعد ذكر جنسه ونوعه بالصفات التي يختلف بها الثمن
٢ - وأن يذكر قدره بما ينفي الجهالة عنه
٣ - وإن كان مؤجلاً ذكر وقت محله
٤ - وأن يكون موجودا عند الاستحقاق في الغالب
٥ - وأن يذكر موضع قبضه
٦ - وأن يكون الثمن معلوما (١)
٧ - وأن يتقابضا قبل التفرق (٢)
٨ - وأن يكون عقد السلم ناجزا لا يدخله خيار الشرط (٣).
"فصل" وكل ما جاز بيعه جاز رهنه في الديون (٤) إذا
(١) والأصل فيما سبق من شرائط قوله تعالى في الآية: " إلى أجل مُسَمَّى" وقوله ﷺ في الحديث: (في كيل معلوم، ووزنٍ معلوم إلى أجَل مَعْلُوم) واستنبط ما لم يذكر مما ذكر.
(٢) أي أن يقبض المسلمُ إلَيه رأسَ مال السلَم في مجلس العقد، لقوله ﷺ: (من أسلَفَ فَلْيُسْلفْ). وهذا معناه، والله أعلم.
(٣) لأن عقد السلم فيه غرر من وجه حيث إنه عقد على معدوم، وفي خيار الشرط غرر من وجه، حيث إن العقد على خطر الإمضاء أو الفسخ، فلا يجمع غرر إلى غرر. ناجزاً: ماضيا مبرماً ونافذاً.
(٤) والأصلَ فيه قوله تعالى: " وَإنْ كُنْتُمْ عَلى سَفَرٍ ولم تجدوا كاتباً فَرهان مَقْبوضَة "/ البقرة: ٢٨٣/.
ويصح الرهن في السفر والحضر، فقد روى البخاري (١٩٦٢) ومسلم
(١٦٠٣) عن عائشة ﵂: أن النبي ﷺ اشترى طعاماً من يهودي إلى أجل. ورهنه درعاً من حديد.