Il n’est permis de vendre des fruits, de quelque manière que ce soit, qu’après que leur maturité soit apparente (1). Il n’est pas non plus licite de céder une denrée soumise au ribâ (2) contre une denrée de même genre lorsqu’elle est encore fraîche, à l’exception du lait (3). Section. — Le contrat de salam (4), qu’il soit à exécution immédiate ou différée, est valable pour les marchandises qui remplissent cinq conditions : 1 – qu’elles soient rigoureusement définies par leurs caractéristiques ; 2 – qu’elles relèvent d’une seule espèce, sans mélange avec une autre ; 3 – qu’elles n’aient pas été transformées par le feu ; 4 – qu’il ne s’agisse pas d’un bien déterminé (5) ; 5 – ni d’une part issue d’un bien déterminé.
(1) Al-Bukhârî (2082) et Muslim (1534) rapportent d’après ‘Abd Allâh b. ‘Umar que le Messager d’Allâh ﷺ a interdit de vendre les fruits avant que leur maturité n’apparaisse, interdisant l’opération tant au vendeur qu’à l’acheteur. – « Que leur maturité apparaisse » signifie : que leur bon état soit manifeste ; « al-mubti‘ » désigne l’acheteur. – Dans une autre version chez Muslim le Prophète ﷺ dit : « Ne vendez pas les fruits avant que leur maturité n’apparaisse et que tout fléau en soit écarté », c’est-à-dire jusqu’à être sûr qu’aucune atteinte ne les endommage. (2) Autrement dit, tout bien contenant la cause de la ribâ (usure), qu’il s’agisse d’une monnaie ou d’un aliment. (3) Dans ce cas l’égalité des deux biens peut être réalisée, contrairement à d’autres produits, comme le raisin, où cela reste impossible. (4) Le fondement se trouve dans la Parole d’Allâh : « Ô vous qui croyez ! Lorsque vous contractez une dette à terme fixé, consignez-la par écrit » (al-Baqarah, 2 : 282). Ibn ‘Abbâs explique que ce verset vise la vente salam (vente à terme portant sur des biens déterminés). – Al-Bukhârî (2125) et Muslim (1604) rapportent encore d’après Ibn ‘Abbâs que, lorsque le Prophète ﷺ arriva à Médine, il trouva les habitants pratiquant le salam sur des dattes pour deux ou trois ans ; il dit : « Que celui qui conclut un salam le fasse pour une quantité déterminée, un poids déterminé et un délai déterminé. » (5) C’est-à-dire contre une somme d’argent présente et visible, car la nature même du salam est d’établir une dette.
ولا يجوز بيع الثمرة مطلقا إلا بعد بدو صلاحها (١) ولا بيع ما فيه الربا (٢) بجنسه رطبا إلا اللبن (٣). "فصل" ويصح السلم (٤) حالا ومؤجلا فيما تكامل فيه خمس شرائط: ١ - أن يكون مضبوطا بالصفة ٢ - وأن يكون جنسا لم يختلط به غيره ٣ - ولم تدخله النار لإحالته ٤ - وأن لا يكون معينا (٥) ٥ - ولا من معين.
(١) روى البخاري (٢٠٨٢) ومسلم (١٥٣٤) عن عبد الله بن عمر ﵄: أن رسولَ الله ﷺ نهى عَنْ بَيْعِ الثمَارِ حتّى يَبْدُ وصَلاحُها، نهى الْبَائعَ وَالمبْتَاعَ. [يبدو صلاحها: يظهر نضجها. المبتاع: المشتري]. وفي رواية عنه عند مسلم: قال رسول الله ﷺ: (لا تَبْتَاعُوا الثمَرَ حَتَى يَبْدُوَ صَلاحُهُ وَتَذْهَبَ عَنْهُ الآفَةُ) أي يضمن عدم إصابته بما يفسده. (٢) أي ما فيه علة الربا وهي كونه أثماناً أو مطعوماً. (٣) لأنه تتحقق فيه المماثلة، أما غيره كالعنب ونحوه فلا تتحقق فيه. (٤) والأصل فيه قوله تعالى: " يَا أيُّهَا الَذينَ آمَنُوا إذَا تَدانيَتُمْ بدين إلى أجَل مسَمّى فَاكْتُبُوهُ " / البقرة: ٢٨٢/. قال ابن عباس ﵄. أراد به السلم. وروى البخاري (٢١٢٥) ومسلم (١٦٠٤) عن ابن عباس ﵄ قال: قَدِمَ النبي ﷺ المدينةَ وهم يُسْلِفُونَ بالتمر السنتين والثلاث، فقال: (منْ أسْلَفَ في شيء، فَلْيُسْلِفْ في كَيْلٍ معلُوم، وَوَزن مَعْلوم، إلى أجَل مَعْلُومً). (٥) أي عيناً حاضرة يشار إليها. لأن الأصل في حقيقة السلم كونه ديناً.