Il n’est pas davantage permis de revendre ce que l’on vient d’acquérir avant d’en avoir pris possession (1), ni de troquer de la viande contre un animal vivant (2) ; en revanche, il est licite de vendre de l’or contre de l’argent en quantités inégales, à condition que l’échange se fasse comptant, sur-le-champ (3),
(1) Al-Bukhari (2028) rapporte d’après Ibn ‘Abbas : « Ce que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a interdit concerne la nourriture : qu’elle ne soit vendue qu’après en avoir pris possession. » Ibn ‘Abbas ajouta : « Et je ne pense pas qu’il y ait d’exception ; tout est soumis à la même règle. » Autrement dit, tout bien, à l’instar de la nourriture, ne peut être vendu avant sa réception.
Hâkim b. Hizam rapporte : « J’ai dit : Ô Messager de Dieu, j’achète divers biens ; qu’est-il licite ou illicite pour moi ? » Il répondit : « Mon neveu, ne vends rien avant d’en avoir pris possession. » Al-Bayhaqi, 5/313.
Abû Dâwûd (3499) rapporte d’après Ibn ‘Umar : « Le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — a interdit que les marchandises soient revendues à l’endroit même où elles ont été achetées, avant que les commerçants ne les aient transportées jusqu’à leurs demeures », c’est-à-dire leurs entrepôts.
(2) Hadith de Samura b. Jundub : « Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a interdit de vendre une brebis contre de la viande. » Rapporté par Al-Hâkim (2/35), qui en a jugé la chaîne authentique ; tous ses transmetteurs sont des imâms, mémorisateurs dignes de confiance.
Mâlik rapporte dans le Muwattaʾ (2/655), sous forme mursal, d’après Sa‘îd b. al-Musayyib : « Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a interdit de troquer un animal vivant contre de la viande. »
(3) Muslim (1587) rapporte d’après ‘Ubâda b. al-Sâmit : le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — a dit : « L’or contre l’or, l’argent contre l’argent, le blé contre le blé, l’orge contre l’orge, la datte contre la datte, le sel contre le sel : quantité égale contre quantité égale, main à main. Lorsque les genres diffèrent, vendez comme vous le voulez, pourvu que ce soit main à main. »
Al-Bukhari (2070) et Muslim (1589) rapportent d’après Al-Barâʾ b. ‘Âzib et Zayd b. Arqam : « Le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — a interdit la vente d’or contre de l’argent à terme. » [Le terme al-waraq désigne l’argent ; « comme vous le voulez » signifie, qu’il s’agisse d’un poids ou d’une mesure égale ou différente].
ولا بيع ما ابتاعه حتى يقبضه (١) ولا بيع اللحم بالحيوان (٢) ويجوز بيع الذهب بالفضة متفاضلا نقدا (٣)،
(١) روى البخاري (٢٠٢٨) عن ابن عباس ﵁ قال: أما الذي نهى عنه النبي ﷺ فَهُوَ الطّعَامُ أنْ يُبَاعَ حتَى يُقْبَض قال ابن عباس: ولا أحْسِبُ كل شيء إلا مِثْلَهُ. أي مثل الطعام لا يجوز بيعه إلا بعد أن يقبض.
وروى حكيم بن حزام ﵁ قال: قلت: يارسولَ اللهِ، إنِّي أبْتَاعُ هذه البيوعَ، فما يَحِل لي وما يَحْرُمُ عَلي؟ قال: (يا ابنَ أخي، لا تَبِيعَن شيْئاً حتّى تَقْبضَهُ). البيهقي (٥/ ٣١٣).
وروى أبو داود (٣٤٩٩) عن ابن عمر ﵁ قال: فإن رسول الله ﷺ نهى أنْ تُبَاعَ السلعُ حيثُ تُبْتَاع، حتى يحوزَها التجار إلى رِحالِهِم. أي منازلهم.
(٢) لحديث سَمُرةَ ﵁: أن النبي ﷺ نهى عَن بَيعِ الشاةِ باللحْمِ. رواه الحاكم (٢/ ٣٥) وقال: هذا حديث صحيح الإسناد، رواتُه عن آخرهم أئمة حفاظ ثقات.
وروى مالك في الموطأ (٢/ ٦٥٥) مرسلاً، عن سعيد بن المسيب رحمه الله تعالى: أن النبي ﷺ نهى عَنْ بَيعِْ الحَيَوَانِ باللَحْمِ.
(٣) روى مسلم (١٥٨٧) عن عبادة بن الصامت ﵁، قال: قال رسول الله ﷺ: (الذهَبُ بالذهَبِ، والفضَةُ بالفضة والبرُّ بالبرِّ والشَعِيرُ بالشعَّيرِ، والتّمْرُ بالتمْرِ. وَالملحُ بالمِلَحَ ... مثلاً بمثل، سَواء بسواء، يداً بيدِ، فإذا اخْتَلَفَتْ هذه.
الأصنَافُ فبيعُوا كَيفَ شِئْتُم، إذا كان يداً بيد).
وروى البخاري (٢٠٧٠) ومسلم (١٥٨٩) عن البراء بن عازب وزيد بن أرقم ﵄: نهى رسولُ الله ﷺ عَن بيع الذهَب بالوَرِق دَيْناً.
[والورق: اَلفضة. كيف شئم: متساوياً أو مختلفاً بالوزن أو الكيل].