— c’est l’eau dans laquelle une impureté est tombée alors qu’elle était inférieure à deux qullahs (1), ou bien qui, tout en atteignant deux qullahs, a vu l’une de ses caractéristiques se modifier (2).
Il cesse d’être considéré comme tel après mélange, comme le musc, le sel, etc. Il n’est plus purifiant dès lors qu’on ne peut plus l’appeler « eau ».
(1) Les cinq auteurs des Sunan rapportent d’après Abd Allah ibn Umar qu’il a entendu le Messager d’Allah, interrogé au sujet de l’eau présente dans la steppe et que fréquentent fauves et bêtes de somme ; il répondit : « Lorsque l’eau atteint deux qullatayn, elle ne porte pas l’impureté. » Dans une variante d’Abu Dawud (n° 65) : « elle ne devient pas impure. » [fala : désert ; yanubuhu : y parvient ; sibaʿ : tout carnivore pourvu de crocs].
Le sens implicite du hadith est que si l’eau est inférieure à deux qullatayn, elle devient impure même sans changement perceptible. Ce sens est confirmé par le récit de Muslim (n° 278) d’après Abu Hurayra : le Prophète a dit : « Lorsque l’un de vous s’éveille, qu’il n’immerge pas sa main dans le récipient avant de l’avoir lavée trois fois, car il ne sait pas où sa main a passé la nuit. » L’interdiction vise la crainte d’une souillure invisible ; or une souillure non visible ne modifie pas l’eau. Si la simple rencontre ne la rendait pas impure, l’interdiction n’aurait pas lieu d’être.
(2) La preuve en est le consensus. Dans al-Majmuʿ, Ibn al-Mundhir déclare : « Les savants s’accordent à dire que, qu’elle soit en faible ou en grande quantité, si une souillure tombe dans l’eau et en altère le goût, la couleur ou l’odeur, cette eau devient impure. » Quant au hadith : « L’eau est purifiante, rien ne la rend impure, sauf ce qui en altère le goût ou l’odeur », il est faible du point de vue de la chaîne de transmission. L’imam al-Nawawi affirme qu’il n’est pas recevable comme preuve et rapporte que l’imam al-Shafii l’a, lui aussi, qualifié de faible d’après les spécialistes du hadith (al-Majmuʿ, 1/160).
وهو الذي حلت فيه نجاسة، وهو دون القلتين (١)، أو كان قلتين فتغير (٢).
= عنه بعد المخالطة، كالمسك والملح ونحوهما. وكونه غير مطهر لأنه أصبح لا يسمى ماء في هذه الحالة.
(١) روى الخمسة عن عبد الله بن عمر ﵄ قال: سمعت رسول الله ﷺ، وهو يُسْأل عن الماء يكون بالفَلاة من الأرض، وما يَنُوبُه من السباع والدواب؟ فقال: (إذا كَانَ المَاءُ قُلتَينِ لَمْ يَحْملِ الخَبَثَ) وفي لفظ لأبي داود (٦٥): (فإنه لا يَنْجُسُ).
[بالفلاة: الصحراء ونحوها. بنوبهْ: يرد عليه. السباع: كل ما له ناب يفترس به من الحيوانات].
ومفهوم الحديث: أنه إذا كان أقل من قلتين ينجس ولو لم يتغير، ودل على هذا المفهوم: ما رواه مسلم (٢٧٨) عن أبى هريرة رضى الله عنه: أن النبي ﷺ قال: (إذا استَيْقَظَ أحَدُكُم مِنْ نَومه فَلاَ يغْمِسْ يَدَهُ في الإنَاء حَتى يغسلَهَا ثَلاثاً، فَإنهُ لا يَدرِيً أينَ بَاتَتْ يَدُهُ). فقد نهى المستيقظ من نومه عن الغمس خشية تلوث يده بالنجاسة غير المرئية، ومعلوم أن النجاسة غيرَ المرئية لا تغير الماء، فلولا أنها تنجسه بمجرد الملاقاة لم ينهه عن ذلك.
(٢) ودليله الإجماع، قال في المجموع: قال ابن المنذر: أجمعوا أن الماء القليل أو الكثير، إذا وقعت فيه نجاسة، فغيرت طعماً أو لوناً أو ريحاً، فهو نجس.
وأما حديث: (الماء طهور لاَ يُنَجسُهُ شيء إلا مَا غير طَعمَهُ أوْ رِيحَهُ) فضعيف سنداً، قال عنه النووي رحمه الله تعالى: لا يصح الاحتجاج به. وقال: ونقل الإمام الشافعي رحمه الله تعالى تضعيفه عن أهل العلم بالحديث. [المجموع: ١/ ١٦٠].