Et celui qui décède alors qu’il lui restait des jours de jeûne de Ramadan à rattraper : on nourrit, pour chaque jour manqué, un pauvre à hauteur d’un mudd (1).
[Dans l’expression « mathna harrat » il s’agit d’un terrain volcanique couvert de pierres noires. « Ses canines apparurent » signifie qu’il riait si fort qu’elles se voyaient.]
Il n’est pas permis au pauvre qui a les moyens d’accomplir l’expiation par la nourriture d’en détourner la valeur au profit de sa propre famille ; il en va de même pour toutes les autres kaffara (expiations). La permission évoquée dans le ḥadith constitue donc une dérogation propre à cet homme.
(1) On donne la denrée de base la plus consommée dans le pays, par exemple le blé, à raison d’un mudd : récipient cubique dont l’arête mesure environ 29 cm et dont la contenance avoisine 600 g. Cette quantité est prélevée sur la succession comme une dette ; s’il ne laisse aucun bien, il est permis de s’en acquitter pour lui, ce qui libère sa responsabilité.
At-Tirmidhi (n° 817, authentifié à l’état mawqûf) rapporte d’après Ibn ‘Umar : « Celui qui meurt en ayant un mois de jeûne à rattraper doit qu’un pauvre soit nourri pour chaque jour. »
Abu Dawud (n° 2401) rapporte d’après Ibn ‘Abbâs : « Si quelqu’un tombe malade pendant Ramadan puis meurt sans avoir jeûné, on nourrit un pauvre en son nom. »
Il est néanmoins préférable qu’un proche – ou toute personne à qui le défunt ou ses héritiers en ont donné l’autorisation – jeûne pour lui, conformément au ḥadith rapporté par al-Bukhârî (n° 1851) et Muslim (n° 1147) d’après ‘Â’isha : « Quiconque meurt en ayant des jours de jeûne en dette, son walî (proche responsable) jeûnera pour lui. »
Al-Bukhârî (n° 1852) et Muslim (n° 1148) rapportent encore qu’un homme demanda : « Ô Messager d’Allah, ma mère est morte alors qu’elle devait un mois de jeûne ; puis-je le rattraper pour elle ? » Il répondit : « Oui ; la dette envers Allah est plus digne d’être acquittée. »
Tout cela concerne la personne qui a rompu son jeûne pour un motif légitime, a ensuite eu le temps matériel de le rattraper avant de mourir mais ne l’a pas fait, ainsi que celle qui l’a rompu sans excuse. En revanche, celui qui l’a rompu pour un motif valable et est décédé avant la disparition de ce motif, ou aussitôt après sans disposer d’un délai suffisant pour le rattrapage, n’a ni rattrapage ni fidya à acquitter, et il n’en porte aucune faute.
ومن مات وعليه صيام من رمضان أطعم عنه لكل يوم مد (١)
مثنى حرة، وهي أرض ذات حجارة سوداء. بدت أنيابه: ظهرت، وهو كناية عن شدة ضحكه].
ولا يجوز للفقير، الذي قدر على الإطعام، صرف ذلك إلى عياله، وكذلك غيرها من الكفارات، وما ذكر فيَ الحديث خصوصية لذلك الرجل.
(١) من غالب قوت أهل البلد، كالحنطة مثلاً، والمد يساوي إناءاً مكعباً طول حرفه، ٢ و ٩ سم، ويزن ما يسعه ٦٠٠ غراماً تقريباً. ويخرج هذا من التركة كالديون، فإن لم يكن له مال جاز الإخراج عنه، وتبرأ ذمته.
روى الترمذي (٨١٧) وصحح وقفه، عن ابن عمر ﵄ قال: من مات وعليه صِيامُ شهر فَلْيُطْعِمْ عنه مكانَ كل يوم مِسكِيناً.
وروى أبو داود (٢٤٠١) عن ابن عباس ﵄ قال: إذا مرض الرجل في رمضان، ثم مات ولم يَصم، أطْعمَ عنه.
والأولى من الإطعام أن يصوم عنه قريبه، أو من يأذن له الميت أو وارثه بالصوم، لما رواه البخاري (١٨٥١) ومسلم (١١٤٧) عن عائشة ﵂: أن رسول الله ﷺ قال: (مَنْ مَاتَ وَعَلَيْهِ صِيَامٌ صامَ عَنْهُ وَليُهُ).
وروى البخَاري (١٨٥٢) ومسلم (١١٤٨) عن ابن عباس ﵄ قال: جاء رجل إلى النبي ﷺ فقال: يا رسول الله، إن أمي ماتت وعليها صوم شهر، أفأقضيه عنها؟ قال: (نَعَمْ، فَدَينُ اللهِ أحَق أن يُقْضىَ).
وهذا فين أفطر لعذر وتمكن من القضاء بأن زال عذره من مرض ونحوه قبل الموت بوقت يسع القضاء ولم يصم - وكذلك من أفطر لغير عذر مطلقاً. أما من أفطر لعذر ولم يتمكن من القضاء - بأن مات قبل زوال العذر، أو بعده بوقت لا يسع القضاء - فلاَ قضاء عنه ولا فدية. ولا إثم عليه.