Et l’on interrogea Aḥmad ibn Ḥanbal à son propos ; il répondit : « C’est un innovateur, un homme dominé par sa passion. » Al-Faẓârî dit quant à lui : « Muḥammad ibn Sujâ‘ est un mécréant. » Abû al-Fatḥ Muḥammad ibn al-Ḥusayn al-Azdî, le ḥâfiẓ, déclara : « Muḥammad ibn Sujâ‘ est un grand menteur ; il n’est pas licite de rapporter ses traditions, tant sa doctrine est perverse et son égarement manifeste dans la religion. » On trouve, dans le même type de ḥadiths, Abû al-Mahzam — de son vrai nom Yazîd ibn Sufyân al-Baṣrî. Sa‘îd a dit : « Je l’ai vu ; s’il recevait un seul dirham, il inventerait cinquante ḥadiths. » Yahyâ ibn Ma‘în ajouta : « Ses ḥadiths ne valent rien. » An-Nasâ’î déclara pour sa part : « Il est abandonné. » Sache que, par souci de méthode, nous avons mentionné les rapporteurs de ce ḥadith, comme le font les spécialistes, afin de montrer que ce sont eux qui l’ont fabriqué. Autrement, un tel ḥadith n’exigerait même pas l’examen de sa chaîne ; car si une impossibilité provenait de transmetteurs dignes de confiance, on la rejetterait aussitôt et on leur en imputerait l’erreur. Ne vois-tu pas que, si une foule de narrateurs irréprochables se réunissait pour affirmer qu’un chameau est passé par le chas d’une aiguille, leur fiabilité ne nous serait d’aucune utilité ni ne conférerait la moindre valeur à leur information, parce qu’ils rapporteraient là une impossibilité ? Ainsi, tout ḥadith que tu constates contraire à la raison ou en contradiction avec les fondements, sache qu’il est forgé, et ne t’efforce pas de l’examiner davantage. Sache encore que paraîtront dans le présent ouvrage des ḥadiths dont l’invention ne fait aucun doute, sans que nous puissions toujours identifier l’auteur de la falsification parmi les transmetteurs ; il peut même arriver que les hommes de la chaîne soient tous dignes de confiance alors que le ḥadith est fabriqué, inversé ou sujet à dissimulation : c’est là l’affaire la plus délicate, et nous en avons traité dans le chapitre précédent. Le Coran est la Parole d’Allah — exalté soit-Il —, or Sa Parole fait partie de Ses attributs, et Ses attributs sont éternels. Cela suffit comme preuve de son ancienneté. Cependant, certains esprits pédants ont forgé des ḥadiths destinés à accréditer l’idée de l’éternité du Coran :
وَسُئِلَ أَحْمد بن حَنْبَل عَنهُ فَقَالَ: مُبْتَدع صَاحب هوى. وَقَالَ القواري [الْفَزارِيّ] مُحَمَّد بن سجاع [شُجَاع] كَافِر. وَقَالَ أَبُو الْفَتْح مُحَمَّد بن الْحُسَيْن الْأَزْدِيّ الْحَافِظ: مُحَمَّد بن سجاع (شُجَاع) كَذَّاب لَا تحل الرِّوَايَة عَنهُ لسوء مذْهبه وزيفه [زيغه] فِي الدَّين. ثمَّ فِي مثل هَذَا الحَدِيث أَبُو المهزم واسْمه يزِيد بن سُفْيَان الْبَصْرِيّ. قَالَ سعيد: رَأَيْته، وَلَو أعْطى درهما لوضع خمسين حَدِيثا. وَقَالَ يحيى بن معِين: لَيْسَ حَدِيثه بشئ. وَقَالَ النَّسَائِيّ: هُوَ مَتْرُوك. وَاعْلَم أننا حرصا [خرجنَا] رُوَاة هَذَا الحَدِيث على عَادَة الْمُحدثين لبين [ليتبين] أَنهم وضعُوا هَذَا، وَإِلَّا فَمثل هَذَا الحَدِيث لَا يحْتَاج إِلَى اعْتِبَار رُوَاته، لِأَن المستحيل لَو صدر عَنِ الثِّقَاتِ رد وَنسب إِلَيْهِم الْخط. أَلا ترى أَنه لَو اجْتمع خلق من الثِّقَات فَأخْبرُوا أَن الْجمل قد دخل فِي سم الْخياط لما نفعننا ثقتهم وَلَا أثرت فِي خبرهم، لأَنهم أخبروا بمستحيل، فَكل حَدِيث رَأَيْته يُخَالف الْمَعْقُول، أَو يُنَاقض الْأُصُول، فَاعْلَم أَنه مَوْضُوع فَلَا تتكلف اعْتِبَاره. وَاعْلَم أَنه قد يجِئ فِي كتَابنَا هَذَا من الْأَحَادِيث مَا لَا يشك فِي وَضعه، غير أَنه لَا يتَعَيَّن لنا الْوَاضِع من الروَاة، وَقد يتَّفق رجال الحَدِيث كلهم ثقاة والْحَدِيث مَوْضُوع أَو مقلوب أَو مُدَلّس، وَهَذَا أشكل الْأُمُور، وَقد تكلمنا فِي هَذَا فِي الْبَاب الْمُتَقَدّم. الْقُرْآن كَلَام الله عزوجل، وَكَلَامه من صِفَاته، وَصِفَاته قديمَة، وَهَذَا يكفى فِي دَلِيل قدمه. وَقد تحذلق أَقوام فوضعوا أَحَادِيث تدل على قدم الْقُرْآن: