Existe-t-il, chez les gens doués d’intelligence, supériorité plus manifeste que de savoir distinguer ceci de cela ? Bien plus, l’humanité dans son ensemble incline vers celui qui est doté de nobles qualités et se détourne de celui qui est entaché de laideurs ; envers le premier, la nature humaine est portée à écouter ses paroles et à le contempler, tandis qu’elle éprouve répulsion à voir ou à entendre le second. Cinquième section : exposé du caractère inné de ces notions communément admises. Les prémices de ces jugements constituent une nécessité inscrite dans les âmes : celles-ci sont créées sur l’amour de ce qui leur convient et l’aversion de ce qui leur nuit. Par « beau » nous entendons ce qui leur est conforme, et par « laid » ce qui leur est nocif. Puisqu’elles sont innées sur l’amour de l’un et la haine de l’autre, dire d’une chose qu’elle est belle signifie qu’elle est conforme et profitable, tandis que dire qu’elle est laide signifie qu’elle est nuisible et préjudiciable. Il s’agit d’une réalité ancrée dans la fitrah ; on sait donc que, par leur disposition première, les hommes connaissent ces jugements notoires qui circulent entre eux. Sixième section : démonstration que le motif de l’adhésion à ces notions relève des nécessités mêmes de l’humanité. On dira : si ces propositions n’avaient pas un principe au sein des facultés humaines, elles ne se seraient pas répandues dans toutes les nations. Or, ce qui est universellement reconnu doit nécessairement avoir un fondement dans la fitrah partagée par l’ensemble des peuples. Il appert donc que le mobile de l’adhésion à ces jugements est une réalité commune aux nations, laquelle ne peut provenir que des exigences inhérentes à la nature humaine, car les peuples ne se sont pas accordés dans autre chose que ces nécessités. Septième section : Ibn Sînā se réfute lui-même lorsqu’il affirme que les notions communes ne sont pas appréhendées par les facultés de l’âme. Il dit : « Si l’on imaginait qu’un homme fût créé d’un seul coup, parfaitement doué d’intellect, sans avoir jamais entendu d’enseignement, ni suivi aucun mouvement psychique ni aucun tempérament, il ne porterait aucun jugement à l’égard de ses semblables. » Ceci est irrecevable : en vérité, s’il possédait un intellect accompli, il saurait que la science, la justice et la véracité lui sont bénéfiques, rectifient son âme et la délectent, tandis que le mensonge et l’injustice lui portent préjudice, corrompent son âme et la font souffrir, quand bien même nul autre que lui n’en serait informé.
العقلاء إلا بمعرفة هذا من هذا بل وجنس الناس يميل إلى من يتصف بالصفات الجميلة وينفر عمن يتصف بالقبائح فذاك يميل جنس الإنسان إلى سمع كلامه ورؤيته وهذا ينفر عن رؤيته وسمع كلامه. النوع الخامس: في بيان كون هذه المشهورات معلومة بالفطرة النوع الخامس: أن مبادىء هذه القضايا أمر ضروري في النفوس فإنها مفطورة على حب ما يلائمها وبغض ما يضرها والمراد بالحسن ما يلائمها وبالقبيح ما يضرها وإذا كانت مفطورة على حب هذا وبغض هذا فالمراد بقولنا حسن أنه ملائم نافع والمراد بقولنا قبيح أنه ضار مؤذ وهذا أمر فطري فعلم أن الناس بفطرتهم يعلمون هذه القضايا المشهورة بينهم. النوع السادس: في بيان كون الموجب لاعتقاد هذه المشهورات من لوازم الإنسانية النوع السادس: أن يقال: لو لم يكن لهذه القضايا مبدأ في قوى الإنسان لم تشتهر في جميع الأمم فان المشهور في جميع الأمم لا بد أن يكون له موجب في الفطرة المشتركة بين جميع الأمم فعلم أن الموجب لاعتقاد هذه القضايا أمر اشتركت فيه الأمم وذلك لا يكون إلا من لوازم الإنسانية فان الأمم لم تشترك كلها في غير لوازم الإنسانية. النوع السابع: رد ابن سينا على نفسه في قوله بأن المشهورات لا تدرك بقوى النفس النوع السابع: قوله: "لو توهم الإنسان بنفسه أنه خلق دفعة تام العقل ولم يسمع أدبا ولم يطع انفعالا نفسانيا ولا خلقا لم يقض في أمثاله بشيء" هذا ممنوع بل أن كان تام العقل علم أن العلم والعدل والصدق ينفعه وتصلح به نفسه وتلتذ وأن الكذب والظلم يضره ويفسد نفسه ويؤلمها ولو قدر أنه لا يعلم به أحد غير