Les ḥadsiyyāt – intuitions inductives – relèvent pareillement de ce procédé : la sensation en saisit d’abord les cas particuliers, puis la répétition survient, et l’intellect appréhende alors la propriété commune et universelle. Toutefois, cette répétition ne provient pas de l’action humaine ; elle se produit, plutôt, à l’exemple des phénomènes célestes : ainsi, lorsqu’on observe la variation de la clarté lunaire selon ses différentes faces au Soleil, on pressent que la lumière de la lune est empruntée à celui-ci. De même, on voit que les étoiles fixes ne varient ni en latitude ni en longitude ; elles décrivent un déplacement uniforme, et l’on devine alors que leur orbite est unique, sans quoi l’on pourrait supposer à chacune une sphère propre, identique cependant, dans son mouvement, à celle des autres. De même encore, on constate la diversité des mouvements des sept astres errants et l’on infère, par conjecture, la pluralité de leurs sphères. Cette catégorie s’appelle, dans la terminologie, tajribiyyāt (expérimentations) ; beaucoup, d’ailleurs, la rangent purement parmi les mujarrabāt et ne lui assignent pas de section distincte. En résumé, les phénomènes habituels – qu’ils procèdent d’une volonté psychique ou d’une force naturelle – sont, dans leur universalité, connus grâce aux mujarrabāt, ou grâce aux ḥadsiyyāt si l’on en fait un genre à part ; la connaissance des significations linguistiques elle-même relève des ḥadsiyyāt. En effet, l’homme entend la parole d’un locuteur, puis discerne parfois son intention précise grâce à un geste indicateur ou à tout autre indice. Lorsque cette parole est répétée à maintes reprises avec la même intention, il sait qu’il s’agit là de l’habitude volontaire du locuteur : vouloir signifier ce sens par ce terme lorsqu’il souhaite instruire son interlocuteur. Cela est rangé parmi les ḥadsiyyāt, car la parole du locuteur ne dépend pas du choix de l’auditeur ; toutefois, elle ressort des expérimentations générales, l’ouïe ne percevant d’abord que le son, tandis que le sens déterminé peut, au début, être saisi par divers moyens. Le fait même que cet homme ait pour habitude, dans sa langue, de viser tel sens lorsqu’il emploie tel mot appartient à ce registre, tout comme l’ensemble des habitudes que l’on connaît chez les hommes, les bêtes, les plantes et chez toutes les autres entités. Il arrive encore qu’une personne connaisse l’habitude de son semblable : si l’on sait qu’un individu, lorsqu’il dit ou fait quelque chose, poursuit un objectif donné, puis que l’on voit son semblable dire ou faire cette même chose, on tient pour acquis qu’il a voulu ce que voulait le premier, car l’habitude est reconnue comme appartenant au genre et non à l’individu, ainsi qu’il en va des usages des hommes dans leurs langues et dans leurs actes.
والحدسيات هي كذلك فبالحس يعرف أعيانها ثم يتكرر فتعلم بالعقل القدر المشترك لكن ذلك التكرر لا يكون بفعل الإنسان بل هو كما يعرف من الأمور السماوية مثل أن يرى اختلاف أنوار القمر عند اختلاف مقابلته للشمس فيحدس أن ضوءه مستفاد منها ومثل ما يرى الثوابت لا تختلف حركتها بالطول والعرض بل حركتها حركة واحدة فيحدس أن فلكها واحد وإلا فيجوز أن يكون لكل واحد فلكا حركته مثل حركة الآخر ومثل ما يرى اختلاف حركات السبعة فيحدس عن اختلاف أفلاكها وهذا يسمى في اللغة تجربيات وكثير منهم أيضا يسميه تجربيات ولا يجعل قسما غير المجربات. وبالجملة الأمور العادية سواء كان سبب العادة أرادة نفسانية أو قوة طبيعية فالعلم بكونها كلية هو من التجربيات أو الحدسيات أن جعلت نوعا أخر حتى العلم بمعانى اللغات هو من الحدسيات فان الإنسان يسمع لفظ المتكلم ثم قد يعلم مراده المعين بإشارة إليه أو بقرينة أخرى ثم إذا تكرر تكلمه بذلك اللفظ مرة بعد مرة وهو يريد به ذلك المعنى علم أن هذه عادته الإرادية وهو أرادة هذا المعنى بهذا اللفظ إذا قصد إفهام المخاطب وهذا مما يسمونه الحدسيات إذ ليس كلام المتكلم موقوفا على اختيار المستمع وهو من التجربيات العامة فان السمع إنما عرف به الصوت والمعنى المعين قد يفهم أولا بأسباب متعددة أما كون هذا المتكلم من عادته ولغته أنه إذا تكلم بهذا اللفظ أراد ذلك المعنى فهذا من هذا الباب وكذلك سائر ما يعلم من عادات الناس وعادات البهائم وعادات النبات وعادات سائر الأعيان هو من هذا الباب. وقد يعلم احد الشخصين بعادة نظيره فإذا كان من عادة شخص إذا قال أو فعل أمرا أراد به شيئا ورأى نظيره يقول ذلك أو يفعله فقد اعتقد أنه أراد ما أراد لأن العادة عرف أنها للنوع لا للشخص كعادة الناس في اللغات والأفعال