Quant à la vue, les hommes se partagent la vision des lumières célestes, telles que le soleil, la lune et les astres ; toutefois, les prémisses de la démonstration ne se restreignent pas à cela. Et s’ils soutiennent que les perceptions sensibles ne s’obtiennent que par une communauté de genre – comme le fait que les hommes partagent la connaissance des couleurs, des saveurs, des odeurs, de la chaleur et du froid, quand bien même l’objet précis perçu par les uns n’est pas identiquement celui perçu par les autres, mais qu’ils se rejoignent quant au genre –, on leur répond que les informations transmises par tawâtur ainsi que les expérimentations (al-mujarrabât) peuvent, elles aussi, être communes dans leur genre, comme nous l’avons déjà mentionné. De fait, la satiété et l’étanchement de la soif qui suivent la nourriture et la boisson relèvent des expérimentations, et les hommes y participent quant au genre. Il en va de même de l’apparition du plaisir procuré par cela, par l’acte sexuel ou par d’autres actions : lorsqu’un individu les accomplit, il constate immédiatement un effet, puis celui-ci se répète jusqu’à ce qu’il sache que telle cause produit tel effet ; voilà précisément ce que sont les expérimentations. Les énoncés conjecturaux (al-qaḍâyâ al-ẓanniyya) trouvent, à l’origine, leur fondement dans ces expérimentations ; ils relèvent donc du même domaine. En effet, lorsque l’on emploie tel médicament, on constate la disparition de la maladie, ou, inversement, l’apparition d’une douleur ; que la maladie survienne par cette cause ou que sa disparition advienne par telle autre relève des expérimentations. Il en va de même des douleurs et des plaisirs suscités par ce que l’on sent, entend, voit ou touche : la sensation perçoit ceci, voit cela, entend ceci, goûte cela, touche ceci, puis la survenue du plaisir dans l’âme relève des « trouvés intérieurs » (al-wajdiyyāt), connus par le sens interne, qui appartiennent au même ordre que les perceptions sensibles apparentes. Quant à la croyance générale ancrée dans l’âme selon laquelle tel genre procure le plaisir et tel autre engendre la douleur, elle ressort, elle aussi, des expérimentations, car les perceptions sensibles, externes comme internes, ne comportent rien d’universel. Le jugement global qui se forme dans le cœur est un composé de sensation et d’intellect : c’est là l’expérimentation, comme dans la conviction que la satiété et l’étanchement de la soif proviennent des aliments et des boissons connus, que la mort et la maladie proviennent des poisons mortels et des causes morbides, et que leur disparition se réalise par des causes établies. Tout cela relève des propositions expérientielles : par la sensation, on appréhende les choses particulières, puis, lorsque cela se répète maintes et maintes fois, l’intellect saisit que l’effet provient de la propriété commune universelle ; il énonce alors un jugement général selon lequel telle chose engendre tel plaisir, et telle autre engendre telle douleur.
الرؤية فان الناس يشتركون في رؤية الأنوار العلوية كالشمس والقمر والكواكب ولكن مواد البرهان لا يختص بذلك. وإن قالوا الحسيات تحصل ب الاشتراك في جنسها كاشتراك الناس في معرفة الألوان والطعوم والروائح والحرارة والبرودة وإن لم يكن عين ما أحسه هؤلاء هو عين ما احسه هؤلاء لكن اشتركا في الجنس قيل والمتواترات والمجربات قد يشتركون في جنسها كما تقدم بل وجود الشبع والري عقيب الأكل والشرب هو من المجربات والناس يشتركون في جنسه وكذلك وجود اللذة بذلك وبالجماع وغير ذلك بما إذا فعله الإنسان وجد عقيبه أثرا من الآثار ثم يتكرر ذلك حتى يعلم أن ذاك سبب هذا الأثر فهذا هو التجربيات. والقضايا الظنية أصلها التجربيات وهو من هذا الباب فان المراد أنه إذا استعمل الدواء الفلاني وجد زوال المرض أو حصل به ألم المرض فوجود المرض بهذا ووجود زواله بهذا هو من التجربيات وكذلك الالام واللذات التي تحصل بالمشمومات والمسموعات والمرئيات والملموسات فان الحس ينال كذا ويرى هذا ويسمع هذا ويذوق هذا ويلمس هذا ثم وجود اللذة في النفس هو من الوجديات المعلومة بالحس الباطن وهو من جنس الحسيات الظاهرة. وأما الاعتقاد الكلى القائم في النفس من أن هذا الجنس يحصل به اللذة وهذا الجنس يحصل به الألم فهذا من التجربيات إذ الحسيات الظاهرة والباطنة ليس فيها شيء كلى فالقضاء الكلى الذي يقوم بالقلب هو مركب من الحس والعقل وهو التجربيات كما في اعتقاد حصول الشبع والري بما يعرف من المأكولات والمشروبات والموت والمرض بما يعرف من السموم القاتلة والأسباب الممرضة وزوال ذلك بالأسباب المعروفة وكل هذا من القضايا التجربية فالحس به يعرف الأمور المعينة ثم إذا تكررت مرة بعد مرة أدرك العقل أن هذا بسبب القدر المشترك الكلى فقضى فضاء كليا أن هذا يورث اللذة الفلانية وهذا يورث الألم الفلاني.