De plus, Allah a fait de l’opposé de l’islam et de la foi une entité unique ; s’ils n’avaient pas, dans le jugement et dans le sens, la même réalité, Il ne leur aurait pas attribué un seul contraire. Il – exalté soit-Il – dit :
« Comment Allah guiderait-Il un peuple qui a mécru après avoir cru ? » (Âl ‘Imrân, 86),
et Il dit encore :
« Vous ordonnerait-Il la mécréance alors que vous êtes déjà musulmans ? » (Âl ‘Imrân, 80).
Il a donc fait de la mécréance (kufr) leur opposé.
L’auteur poursuit : De la même manière, le Messager d’Allah ﷺ a informé que la foi (îmân) et l’islam relèvent d’une même catégorie. Il a dit, dans le ḥadith d’Ibn ‘Umar : « L’islam a été édifié sur cinq. » Et, dans le ḥadith d’Ibn ‘Abbâs au sujet de la délégation d’Abd al-Qays, lorsqu’ils l’interrogèrent sur la foi, il énuméra ces mêmes caractéristiques. Il en découle qu’il n’existe point de foi intérieure sans un islam apparent, pas plus qu’il n’y a d’islam manifeste publiquement sans foi secrète ; foi et action sont indissociables, aucun des deux ne profite sans l’autre.
Il dit encore : Quant à la distinction opérée par le Prophète ﷺ, dans le ḥadith de Jibrîl, entre la foi et l’islam, elle vise à détailler les œuvres du cœur et leurs engagements, selon ce qu’exigent ces significations que nous avons décrites comme des contrats internes, distincts du détail des actions des membres, lesquelles imposent les actes visibles qu’il a qualifiés de manifestes. Il ne s’agit donc pas de séparer islam et foi en leur conférant un sens contraire ou divergent ; rien n’indique qu’ils diffèrent quant au statut juridique.
Il ajoute : Les deux se réunissent chez un même serviteur, musulman et croyant à la fois ; ce qu’il a mentionné des engagements du cœur décrit son cœur, et ce qu’il a mentionné du visible décrit son corps.
Il reprend : Par ailleurs, la communauté est unanime pour affirmer que si un serviteur croyait en tout ce que comporte le ḥadith de Jibrîl concernant les engagements du cœur décrivant la foi, sans mettre en pratique ce qui y est rapporté de l’islam, il ne serait pas qualifié de croyant ; et que, s’il accomplissait tout ce qui relève de l’islam sans croire à ce qui concerne la foi, il ne serait pas considéré comme musulman. Or le Prophète ﷺ a annoncé que la communauté ne se rassemblera jamais sur un égarement.
Je dis : Il semble qu’il entende par là le consensus des Compagnons et de ceux qui les ont suivis ; ou bien qu’il ne soit pas désigné croyant dans les dispositions légales, et qu’il ne soit pas musulman s’il nie l’un de ces piliers, ou s’il sait que le Messager les a rapportés mais ne le croit pas ; ou encore qu’il ne considère pas la divergence des gens des passions comme une divergence valable – sinon Abû Ṭâlib connaissait bien leurs propos. Tel est, et Allah est plus savant, ce qu’il vise, puisqu’il a consacré à cela la troisième section.
وأيضاً، فإن الله قد جعل ضد الإسلام والإيمان واحداً،
فلولا أنهما كشيء واحد في الحكم والمعني ما كان ضدهما واحداً فقال:
{كَيْفَ يَهْدِي اللهُ قَوْمًا كَفَرُواْ بَعْدَ إِيمَانِهِمْ}
[آل عمران: ٨٦]
،
وقال:
{أَيَأْمُرُكُم بِالْكُفْرِ بَعْدَ إِذْ أَنتُم مُّسْلِمُونَ}
[آل عمران: ٨٠]
فجعلَ ضدهما الكفر.
قال:
وعلى مثل هذا أخبر رسول الله صلى الله عليه وسلم عن الإيمان، والإسلام من صنف واحد،
فقال في حديث ابن عمر:
" بني الإسلام على خمس "
، وقال في حديث ابن عباس عن وفد عبد القيس أنهم سألوه عن الإيمان فذكر هذه الأوصاف، فدل بذلك على أنه لا إيمان باطن إلا بإسلام ظاهر، ولا إسلام ظاهر علانية إلا بإيمان سر، وأن الإيمان والعمل قرينان، لا ينفع أحدهما بدون صاحبه.
قال:
فأما تفرقة النبي صلى الله عليه وسلم في حديث جبريل بين الإيمان والإسلام، فإن ذلك تفصيل أعمال القلوب وعقودها على ما توجب هذه المعاني، التي وصفناها أن تكون عقوداً من تفصيل أعمال الجوارح، مما يوجب الأفعال الظاهرة التي وصفها أن تكون علانية، لا أن ذلك يفرق بين الإسلام والإيمان في المعنى باختلاف وتضاد، ليس فيه دليل أنهما مختلفان في الحكم،
قال:
ويجتمعان في عبد واحد مسلم مؤمن، فيكون ما ذكره من عقود القلب وصف قلبه، وما ذكره من العلانية وصف جسمه.
قال:
وأيضاً، فإن الأمة مجتمعة أن العبد لو آمن بجميع ما ذكره من عقود القلب في حديث جبريل من وصف الإيمان ولم يعمل بما ذكره من وصف الإسلام أنه لا يسمى مؤمناً، وأنه إن عمل بجميع ما وصف به الإسلام ثم لم يعتقد ما وصفه من الإيمان أنه لا يكون مسلماً، وقد أخبر النبي صلى الله عليه وسلم أن الأمة لا تجتمع على ضلالة.
قلت:
كأنه أراد بذلك إجماع الصحابة ومن اتبعهم، أو أنه لا يسمى مؤمناً في الأحكام، وأنه لا يكون مسلماً إذا أنكر بعض هذه الأركان، أو علم أن الرسول أخبر بها ولم يصدقه، أو أنه لم ير خلاف أهل الأهواء خلافاً، وإلا فأبو طالب كان عارفا بأقوالهم، وهذا والله أعلم مراده، فإنه عقد الفصل الثالث