Section. Il ne sied pas au souverain de passer continuellement son temps aux échecs, au nard (trictrac), à boire du vin, au jeu de balle et de polo, ni à la chasse, car ces occupations l’écartent et le détournent des affaires de ses administrés. Chaque activité possède en effet son moment propre ; s’il est laissé passer, le profit devient perte. Aussi les rois d’autrefois divisaient-ils la journée en quatre parts : l’une pour l’obéissance à Allah et Son culte ; une autre pour examiner les affaires du peuple, faire justice aux opprimés, siéger parmi les savants et les sages, gérer les affaires, gouverner la multitude, promulguer décrets et ordres, rédiger la correspondance et dépêcher les messagers ; une troisième pour manger, boire, tirer de ce bas-monde sa provision et goûter sa part de joie et d’allégresse ; et la dernière pour la chasse, les échecs, le jeu de balle et tout ce qui leur ressemble. Parole de sagesse : on rapporte que Bahram Kûr partageait son jour en deux moitiés. Dans la première, il s’employait à satisfaire les besoins des gens ; dans la seconde, il se ménageait du repos. On dit que, durant toute sa vie, il ne consacra jamais une journée entière à une seule et même occupation. Anû Shurwân le Juste, quant à lui, chargeait ses hommes de confiance de monter au point le plus élevé de la cité pour observer les maisons ; toute demeure d’où ne s’élevait pas de fumée les amenait à descendre, à s’enquérir de la situation de ses habitants et de la cause de leur mal. S’ils découvraient qu’ils étaient dans l’affliction, ils en informaient le roi, lequel se chargeait alors de lever leurs soucis. Il incombe pareillement au souverain de ne pas tolérer que ses serviteurs prélèvent quoi que ce soit, à tort, sur les biens de ses sujets, comme l’illustre le récit suivant. Récit : on rapporte qu’Anû Shurwân avait nommé un administrateur ; celui-ci lui fit parvenir un surplus de trois mille dirhams sur le montant de l’impôt. Shurwân ordonna que cette somme fût rendue à ses propriétaires et que l’administrateur fût crucifié. Tout souverain qui s’empare injustement, par spoliation, des biens de ses sujets et les entasse dans ses coffres,
فصل ولا ينبغي للسلطان أن يشتغل دائماً بلعب الشطرنج والنرد، وشرب الخمر وضرب الكرة والصولجان والصيد، لأن ذلك يمنعه ويشغله عن أمور الرعية فإن لكل عمل وقتاً فإذا فات الوقت عاد الربح خسراناً فإن الملوك القدماء قسموا النهار أربعة أقسام. قسم منها لطاعة الله وعبادته، وقسم للنظر في الرعية وإنصاف المظلومين والجلوس بين العلماء والعقلاء ولتدبير الأمور وسياسة الجمهور وتنفيذ المراسم والأوامر وكتابة الكتب وإرسال الرسل، وقسم للأكل والشرب والتزود من الدنيا وأخذ الحظوظ من الفرح والسرور، وقسم للصيد ولعب الشطرنج والكرة وما أشبه ذلك. حكمة: يقال أن بهرام كور قسم نهاره قسمين وجعله شطرين. ففي النصف الأول كان يقضي حوائج الناس، وفي النصف الثاني كان يطلب الراحة ويقال أنه في جميع عمره ما أشتغل يوماً تاماً بعمل واحد. وكان أنو شروان العادل يامر أصحابه الثقات أن يصعدوا إلى أعلى مكان في البلد فينظروا إلى بيوت الناس فكل بيت لا يخرج منه دخان نزلوا وسألوا عن حال أولئك القوم وما خطبهم فإن كانوا في غم أعملوا الملك فكان يحمل ويزيل هموهم. ويجب على السلطان أن لا يرضى لغلمانه أن يتناولوا شيئاً من الرعية بغير حق كما جاء في الحكاية. حكاية: يقال أنه كان قد ولى أنو شروان عاملاً فأنفذ العامل إليه زيادة في الخراج ثلاثة آلاف درهم فأمر شروان بإعادة الزيادة إلى أصحابها وأمر بصلب العامل. وكل سلطان أخذ من الرعية شيئاً بالجور والغصب وخزنه