(aṣ-Ṣâffât, 119-120)
Et Nous avons laissé pour lui, parmi les générations ultérieures : « Paix sur Ilyâsîn. » (aṣ-Ṣâffât, 129-130)
Le propos, ici, est que ce salâm prescrit de façon particulière correspond, de manière générale, à ce qui est institué dans la prière et en dehors d’elle pour tout serviteur vertueux, comme lorsque le prieur dit :
« As-Salâmu ʿalaynâ wa ʿalâ ʿibâdillâhi ṣ-ṣâliḥîn. »
Cette formulation est en effet établie dans tous les tachahhouds rapportés du Prophète — paix et bénédiction d’Allâh sur lui — : le ḥadith d’Ibn Masʿûd consigné dans les deux Ṣaḥîḥ, celui d’Abû Mûsâ et d’Ibn ʿAbbâs rapportés par Muslim, ainsi que les récits d’Ibn ʿUmar, de ʿÂʾishah, de Jâbir et d’autres, transmis dans les Musnads et les Sunan [1].
Ce salâm n’oblige pas la personne à qui il est adressé à répondre ; il s’apparente à l’invocation du croyant pour les croyants et à la demande de pardon en leur faveur : l’auteur reçoit d’Allâh la récompense et le mérite, tandis que ceux pour qui l’on invoque ne sont pas tenus de formuler l’invocation en retour. Il en va autrement du salâm de salutation, institué par le texte et l’unanimité pour tout musulman : celui à qui l’on adresse la salutation doit la rendre, fût-il mécréant, car il s’agit d’une justice obligatoire. C’est ainsi que le Prophète — paix et bénédiction d’Allâh sur lui — répondait aux Juifs qui le saluaient en disant : « Wa ʿalaykum. » [2]
Lorsque la salutation est adressée à une personne déterminée, il est impératif qu’elle la rende [3] ; si elle l’est à un groupe, le fait de la rendre est-il une obligation individuelle ou collective ? Deux avis bien connus des savants existent à ce sujet [4].
Commencer par la salutation lors d’une rencontre est une Sunna fortement recommandée ; est-elle néanmoins obligatoire ? Là encore, deux opinions — également rapportées dans l’école d’Ahmad et d’autres — sont connues [5].
La salutation que le visiteur d’une tombe adresse au défunt croyant relève de ce même principe, et c’est pourquoi il est rapporté que le défunt