Il a été rapporté dans plusieurs ḥadiths qu’Allâh prie sur quiconque prie sur lui et qu’Il salue celui qui le salue. Aucun nombre n’y est mentionné ; or toute bonne action est multipliée par dix, si bien que le texte circonscrit vient éclairer le texte absolu.
Le Qâḍî ʿIyâḍ rapporte, dans la voie de transmission de ʿAbd ar-Raḥmân b. ʿAwf, que le Prophète — paix et salut d’Allâh sur lui — a dit : « J’ai rencontré Jibrîl et il m’a dit : “Je t’annonce une bonne nouvelle : Allâh dit — Exalté soit-Il — : quiconque te salue, Je le salue ; quiconque prie sur toi, Je prie sur lui.” »
Il ajoute qu’un récit semblable est rapporté par Abû Hurayrah, Mâlik b. Aws b. al-Ḥadathân et ʿUbaydullâh b. Abî Ṭalḥah [1].
Je dis : l’examen détaillé de ces traditions relève d’un autre endroit. Ce qui nous importe ici, c’est que la prière et la salutation qu’Allâh a prescrites à son sujet s’apparentent à la demande qu’il nous a enjoint de formuler pour lui concernant al-Wasîlah. Il s’agit d’une distinction qui lui est propre : Allâh l’a ordonnée spécifiquement pour lui, bien que le salâm adressé, de façon générale, à l’ensemble des serviteurs vertueux d’Allâh soit légiféré.
On a dit qu’il est déconseillé de prier sur quiconque n’est pas Prophète ; certains sont allés jusqu’à dire que cela est réprouvé pour tout autre que lui. De même, quelques auteurs plus récents l’ont affirmé à propos du salâm. Toutefois, l’avis correct, suivi par la majorité des savants, est qu’il est permis de saluer d’autres que lui ; quant à la prière, Aḥmad et d’autres l’ont autorisée, même si la divergence à ce sujet est connue.
Dans le Tafsîr de Shaybân, d’après Qatâdah, on rapporte qu’Anas b. Mâlik, d’après Abû Ṭalḥah, a dit : le Messager d’Allâh — paix et salut d’Allâh sur lui — a déclaré :
« Lorsque vous me saluez, saluez également les Messagers, car je ne suis qu’un Messager parmi les Messagers. » [2]
Allâh a dit dans Son Livre : « Dis : “Louange à Allâh, et paix sur Ses serviteurs qu’Il a élus.” » (an-Naml, 59) ; et : « Paix sur les Messagers, et louange à Allâh, Seigneur des mondes. » (aṣ-Ṣâffât, 181-182).
Il a également dit, après avoir mentionné Noé, Abraham, Mûsâ, Hârûn et Ilyâs : « Nous avons laissé pour lui, parmi les générations ultérieures : “Paix sur Noé dans les mondes.” » (aṣ-Ṣâffât, 78-79) ; « Nous avons laissé pour lui, parmi les générations ultérieures : “Paix sur Abraham.” » (aṣ-Ṣâffât, 108-109) ; « Nous avons laissé pour eux, parmi les générations ultérieures : “Paix sur Mûsâ et Hârûn.” »