pas plus que dans les recueils reconnus, tels les Sunan d’Abû Dâwûd, d’an-Nasâ’î, d’at-Tirmidhî et consorts, ni chez les auteurs de Musnad de la même catégorie, comme le Musnad d’Ahmad et autres. Rien non plus dans le Muwaṭṭaʾ de Mâlik, ni dans le Musnad d’ach-Shâfi‘î et œuvres analogues ; aucun Imâm parmi les Imâms des musulmans — Abû Hanîfa, Mâlik, ach-Shâfi‘î, Ahmad et autres — n’a jamais argumenté au moyen d’un ḥadith mentionnant la visite de sa tombe. Comment donc existerait-il, à ce sujet, des ḥadiths authentiques que nul Imâm de la religion ni spécialiste du ḥadith n’aurait connus ? D’où cet homme, et ceux qui lui ressemblent, tiennent-ils que ces ḥadiths seraient authentiques alors qu’ils n’ont aucune compétence en la matière ? Cinquième point Il dit encore : « Il existe d’autres narrations qui n’atteignent pas le degré du ṣaḥîḥ ; néanmoins on peut s’y appuyer pour les statuts juridiques et elles permettent de départager les avis. » On lui rétorque : selon la terminologie d’at-Tirmidhî et de ceux qui sont venus après lui, le ḥadith se divise en trois catégories : ṣaḥîḥ (authentique), ḥasan (bon) et ḍaʿîf (faible). Le ḥadith faible peut être fabriqué — on sait alors qu’il s’agit d’un mensonge — ou ne pas l’être. Toute narration qui n’est pas ṣaḥîḥ mais est qualifiée de ḥasan, selon cette terminologie, peut servir de preuve. Or il n’a cité aucun ḥadith qu’il ait établi comme ḥasan et recevable. Nous disons donc : nous ne concédons pas l’existence, dans ce chapitre, d’une quelconque narration susceptible d’être invoquée ; il ne s’est avancé qu’au moyen d’une affirmation dénuée de fondement, à laquelle nous opposons un refus pur et simple. Sixième point On dira encore : il n’existe, dans tout ce domaine, rien qui puisse être pris comme argument ; tous les récits sont faibles, voire apocryphes, comme cela a été exposé en divers endroits où ces ḥadiths ont été recensés et où la parole des Imâms à leur sujet a été rapportée, un par un. Je ne connais même pas un seul Compagnon qui ait jamais employé l’expression « visiter sa tombe » ; cette locution ne leur était pas connue. C’est pourquoi Mâlik a réprouvé qu’on l’emploie, à la différence de l’expression « visiter les tombes » de façon générale. En effet, cette dernière est attestée du Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui —, de ses Compagnons, ainsi que dans le Coran : « La course aux richesses vous distrait, jusqu’à ce que vous visitiez les tombeaux » (at-Takâthur, 1-2). Pour la majorité, « visiter » y signifie la mort ; pour un groupe, il s’agit de la visite des tombes dans un esprit de rivalité et de surenchère. Quant à la formulation spécifique « la tombe du Prophète » — paix et salut sur lui —, elle n’est connue ni du Prophète ni de ses Compagnons ; tout ce qui a été transmis à ce propos est faible, voire mensonger et inventé, selon les experts du ḥadith, comme cela a été détaillé ailleurs. Septième point On dira enfin : ceux qui ont établi la recommandation de lui adresser la salutation auprès de la chambre (al-ḥujrah) — tels Mâlik, Ibn Ḥabîb, Ahmad ibn Ḥanbal et Abû Dâwûd — se sont fondés soit sur l’acte d’Ibn ʿUmar, preuve invoquée par Mâlik, Ahmad et d’autres, soit sur le ḥadith qu’Abû Dâwûd et d’autres ont rapporté avec une chaîne de transmission correcte, d’après Abû Hurayrah, dans lequel le Prophète — paix et salut d’Allâh sur lui — a dit : « Il n’est pas un homme qui me salue sans qu’Allâh ne me rende mon âme afin que je lui rende son salut. » Tel est l’appui principal d’Ahmad, d’Abû Dâwûd, d’Ibn Ḥabîb et de leurs semblables. Or, dans la formulation du ḥadith connue dans les Sunan et le Musnad, il n’est pas dit « auprès de ma tombe » ; mais ils ont compris que telle était l’intention, et qu’il n’était pas visé le fait qu’il réponde à toute personne priant sur lui dans chacune des ṣalât, aux confins de l’Orient comme de l’Occident. Toutefois, si tel était vraiment le sens voulu, l’argument tiré de ce ḥadith pour réserver la salutation à ce lieu précis deviendrait caduc sous tous les angles.
المعتمدة؛ كسنن أبي داود والنسائي والترمذي ونحوهم، ولا أهل المساند التي من هذا الجنس؛ كمسند أحمد وغيره. ولا في موطأ مالك، ولا مسند الشافعي ونحو ذلك، شيء من ذلك، ولا احتجّ إمام من أئمة المسلمين كأبي حنيفة ومالك والشافعي وأحمد وغيره بحديث فيه ذكر زيارة قبره، فكيف تكون في ذلك أحاديث صحيحة ولم يعرفها أحد من أئمة الدين ولا علماء الحديث؟ ومن أين لهذا وأمثاله أن تلك الأحاديث صحيحة، وهو لا يعرف هذا الشأن؟ الوجه الخامس: قوله: وغيرها مما لم تبلغ درجة الصحيح، لكنها يجوز الاستدلال بها على الأحكام الشرعية، ويحصل بها الترجيح. فيقال له: اصطلاح الترمذي ومن بعده؛ أن الحديث ثلاثة أقسام: صحيح، وحسن، وضعيف. والضعيف قد يكون موضوعا يعلم أنه كذب، وقد لا يكون كذلك، فما ليس بصحيح وكان حسنا على هذا الاصطلاح احتجّ به. وهو لم يذكر حديثا، وبيّن أنه حسن يجوز الاستدلال به. فنقول له: لا نسلّم أنه ورد من ذلك ما يجوز الاستدلال به، وهو لم يذكر إلا دعوى مجرّدة، فيقابل بالمنع. الوجه السادس: أن يقال: ليس في هذا الباب ما يجوز الاستدلال به، بل كلها ضعيفة؛ بل موضوعة، كما قد بسط في مواضع، وذكرت هذه الأحاديث وذكرت كلام الأئمة عليها حديثا حديثا، بل ولا أعرف عن أحد من الصحابة أنه تكلّم بلفظ زيارة قبره البتة، فلم يكن هذا اللفظ معروفا عندهم. ولهذا كره مالك التكلم به، بخلاف لفظ زيارة القبور مطلقا. فإن هذا اللفظ معروف عن النبي صلى الله عليه وسلّم وعن أصحابه وفي القرآن: أَلْهاكُمُ التَّكاثُرُ حَتَّى زُرْتُمُ الْمَقابِرَ [التكاثر: ١، ٢] . لكن معناه عند الأكثرين الموت، وعند طائفة هي زيارتها للتفاخر بالموتى والتكاثر. وأما لفظ قبر النبي صلى الله عليه وسلّم على الخصوص فلا يعرف لا عن النبي صلى الله عليه وسلّم ولا عن أصحابه، وكل ما روي فيه فهو ضعيف، بل هو كذب موضوع، عند أهل العلم بالحديث، كما قد بسط هذا في مواضع. الوجه السابع: أن يقال: الذين أثبتوا استحباب السلام عليه عند الحجرة كمالك وابن حبيب وأحمد بن حنبل وأبي داود؛ احتجّوا إما بفعل ابن عمر كما احتج به مالك وأحمد وغيرهم، وإما بالحديث الذي رواه أبو داود وغيره بإسناد جيد عن أبي هريرة عن النبي صلى الله عليه وسلّم أنه قال: «ما من رجل يسلم عليّ إلا ردّ الله عليّ روحي حتى أردّ عليه السلام» . فهذا عمدة أحمد وأبي داود وابن حبيب وأمثالهم، وليس في لفظ الحديث المعروف في السنن والمسند (عند قبري) لكن عرفوا أن هذا هو المراد، وأنه لم يرد على كل مسلّم عليه في كل صلاة في شرق الأرض وغربها، مع أن هذا المعنى إن كان هو المراد بطل الاستدلال بالحديث من كل وجه على اختصاص تلك البقعة بالسلام،