Sa parole – Exalté soit-Il – : « Lorsque vous aurez quitté l’état de sacralisation, alors chassez. » (al-Mâʾida, 2) Et Sa parole – Exalté soit-Il – : « N’approchez pas d’elles avant qu’elles ne se soient purifiées ; mais, lorsqu’elles se sont purifiées, allez à elles de la manière qu’Allah vous a prescrite. » (al-Baqarah, 222) Et Sa parole – Exalté soit-Il – : « Lorsque la prière est achevée, dispersez-vous sur la terre. » (al-Jumuʿa, 10) Et Sa parole – Exalté soit-Il – : « Allah sait que vous vous trahissiez vous-mêmes ; Il est donc revenu vers vous et vous a pardonné… jusqu’à Sa parole : “… jusqu’à l’aube.” » (al-Baqarah, 187) Ces versets, intervenus après l’interdiction des rapports conjugaux et de la consommation de nourriture une fois endormi la nuit du jeûne, signifient la levée de l’interdit et le retour de l’acte à son statut permis. Il en va différemment de Sa parole – Exalté soit-Il – : « Mais lorsque vous êtes conviés, entrez ; puis, quand vous aurez pris votre repas, dispersez-vous, sans vous attarder à la conversation. » (al-Aḥzâb, 53) ; car, ici, la dispersion n’était pas auparavant une obligation : l’entrée leur avait été permise, sans être imposée. De même, Sa parole – Exalté soit-Il – : « Lorsque les mois sacrés seront révolus, tuez les polythéistes… » (at-Tawba, 5) vise, elle aussi, à lever une suspension et à rétablir le commandement tel qu’il existait avant les mois sacrés, c’est-à-dire qu’il s’agissait d’un ordre déjà prescrit. Quant à l’ordre absolu rapporté au sujet de la visite de la tombe de sa mère, Muslim rapporte dans son Ṣaḥîḥ, d’après Abû Hurayra – qu’Allah l’agrée – : « Le Prophète – paix et salut d’Allah sur lui – visita la tombe de sa mère, pleura et fit pleurer ceux qui l’entouraient. Il dit alors : “J’ai demandé la permission à mon Seigneur de solliciter Son pardon pour elle, mais Il ne me l’a pas accordée ; et je Lui ai demandé la permission de visiter sa tombe, et Il me l’a accordée. Visitez donc les tombes, car elles rappellent la mort.” » Il est manifeste que la demande qu’il adressa à son Seigneur visait uniquement à obtenir la licéité de la visite, non à en établir la recommandation. Dès lors que la permission lui fut accordée, la visite de la tombe de sa mère releva simplement de ce qui est permis. Sa parole : « Visitez-les donc » est ainsi prononcée à cause de cette circonstance précise ; elle inclut donc la visite d’un proche non-musulman, sans invocation ni demande de pardon pour lui. Il est clair que cette visite n’est pas comparable à celles qu’il faisait aux habitants du Baqîʿ, aux martyrs d’Uḥud et à d’autres tombes de croyants, visites qui comprenaient des prières en leur faveur. Ce n’est donc pas parce que ces dernières sont recommandées, eu égard au bénéfice qu’elles apportent aux croyants – à l’instar de la prière sur leurs dépouilles –, que celle-là l’est également. Quant à sa parole – paix et salut d’Allah sur lui – : « Car elles rappellent la mort », elle met en évidence l’aspect d’intérêt (maṣlaḥa) qui s’oppose au préjudice (mafsada) ayant motivé l’interdiction : la visite rappelle la mort, même si elle peut parfois susciter de l’appréhension ; il existe donc, dans ces deux considérations,
Imam Abû Isḥâq al-Chîrâzî, Ibn al-Sam‘ânî, al-Fakhr al-Râzî, al-Baydâwî, la majorité des hanafites, al-Bâjî chez les malékites, Abû Ḥâmid al-Asfarâyînî et d’autres ont soutenu que l’emploi d’un ordre après une prohibition (al-amr ba‘da al-taḥrîm) implique l’obligation. En revanche, al-Shâfi‘î, al-‘Âmidî, le qâḍî ‘Abd al-Wahhâb al-Mâlikî, Ibn Khuwayzmindâd, Ibn al-Ḥâǧib, Ibn Qudâma et d’autres estiment que cela signifie la permission. L’imam al-Haramayn et al-Ghazâlî ont quant à eux opté pour une position médiane, entre permission et obligation. Pour un exposé détaillé, voir : – al-Mustasfa d’al-Ghazâlî (t. 1, p. 263) – Usûl al-Sarakhsî (t. 1, p. 19) – al-Maḥṣûl d’al-Râzî (t. 2, pp. 96–98) – Nafâʾis al-Uṣûl fî Sharḥ al-Maḥṣûl d’al-Qarâfî (t. 3, p. 1321) – Nihāyat al-Wuṣūl fî Dirāyat al-Uṣûl d’al-Armuwî (t. 3, pp. 915–921) – al-Aḥkâm d’al-‘Âmidî (t. 2, p. 178) – Nihāyat al-Saʾūl fî Sharḥ Minhâj al-Wuṣūl ilâ ‘Ilm al-Uṣûl d’al-Asnawî (t. 1, pp. 415–417) – Rawḍat al-Nāẓir d’Ibn Qudâma (t. 1, pp. 559–563) – al-Taḥqīqāt fî Sharḥ al-Waraqāt d’Ibn Qawwān (pp. 189–190) – al-Tamhīd fî Uṣūl al-Fiqh d’al-Kaludhânî al-Ḥanbalî (t. 1, pp. 179–186) – al-Qawāʿid wa al-Fawāʾid al-Uṣūliyya d’Ibn al-Liḥām (pp. 228–230).
تعالى: وَإِذا حَلَلْتُمْ فَاصْطادُوا [المائدة: ٢] وقوله تعالى: وَلا تَقْرَبُوهُنَّ حَتَّى يَطْهُرْنَ فَإِذا تَطَهَّرْنَ فَأْتُوهُنَّ مِنْ حَيْثُ أَمَرَكُمُ اللَّهُ [البقرة: ٢٢٢] وقوله تعالى: فَإِذا قُضِيَتِ الصَّلاةُ فَانْتَشِرُوا فِي الْأَرْضِ [الجمعة: ١٠] وقوله تعالى: عَلِمَ اللَّهُ أَنَّكُمْ كُنْتُمْ تَخْتانُونَ أَنْفُسَكُمْ فَتابَ عَلَيْكُمْ وَعَفا عَنْكُمْ إلى قوله: مِنَ الْفَجْرِ [البقرة: ١٨٧] . فإن هذا لما جاء بعد حظر الجماع والأكل بعد النوم ليلة الصيام أفاد الإباحة، وهذا بخلاف قوله تعالى: وَلكِنْ إِذا دُعِيتُمْ فَادْخُلُوا فَإِذا طَعِمْتُمْ فَانْتَشِرُوا وَلا مُسْتَأْنِسِينَ لِحَدِيثٍ [الأحزاب: ٥٣] فإن الانتشار هنا قبل ذلك لم يكن واجبا فإنه أذن لهم في الدخول، لم يوجبه عليهم. وأما قوله: فَإِذَا انْسَلَخَ الْأَشْهُرُ الْحُرُمُ فَاقْتُلُوا الْمُشْرِكِينَ [التوبة: ٥] . فإنه أيضا لرفع الحظر وإعادة الأمر إلى ما كان قبل الأشهر، وهو أنه كان مأمورا به. وقد ورد الأمر المطلق؛ لكن في زيارة قبر أمه كما روى مسلم في صحيحه عن أبي هريرة رضي الله عنه قال: زار النبي صلى الله عليه وسلّم قبر أمه فبكى وأبكى من حوله، فقال: «استأذنت ربي أن أستغفر لها فلم يأذن لي، واستأذنته في أن أزورها فأذن لي، فزوروا القبور فإنها تذكّر الموت» . ومعلوم أن استئذانه ربه طلب إباحة الزيارة لا طلب استحبابها، فلما أذن له كانت زيارته لأمه مباحة، فقوله: «فزوروها» ورد على هذا السبب، فلا بدّ أن يتناوله، فيدخل في ذلك زيارة القريب الكافر من غير دعاء له ولا استغفار، ومعلوم أن هذه الزيارة ليست مثل ما كان يفعله بأهل البقيع وشهداء أحد، ونحو ذلك من زيارة قبور المؤمنين التي تتضمن الدعاء لهم، ولا يلزم إذا كانت تلك مستحبة لما فيها من نفع المؤمنين؛ كالصلاة على جنائزهم، أن تكون هذه مستحبة. وقوله صلى الله عليه وسلّم: «فإنها تذكّر الموت» ؛ هو بيان لجهة المصلحة المعارضة للمفسدة التي أوجبت النهي فإنها تذكر الموت، وإن كانت قد تورث جزعا، ففيهما من
- وذهب الإمام أبو إسحاق الشيرازي وابن السمعاني والفخر الرازي والبيضاوي، وأكثر الحنفية، والباجي من المالكية، وأبو حامد الأسفراييني وغيرهم، إلى القول بأن الأمر بعد التحريم يفيد الوجوب. وذهب الشافعي والآمدي والقاضي عبد الوهاب المالكي وابن خويزمنداد وابن الحاجب وابن قدامة وغيرهم إلى أنه يفيد الإباحة. واختار إمام الحرمين والغزالي الوقف بين الإباحة والوجوب. وانظر لتفصيل المسألة: «المستصفى» للغزالي (١/ ٢٦٣) و «أصول السرخسي» (١/ ١٩) و «المحصول» للرازي (٢/ ٩٦ - ٩٨) و «نفائس الأصول في شرح المحصول» للقرافي (٣/ ١٣٢١) و «نهاية الوصول في دراية الأصول» للأرموي (٣/ ٩١٥ - ٩٢١) و «الأحكام للآمدي» (٢/ ١٧٨) و «نهاية السئول في شرح منهاج الوصول إلى علم الأصول» للأسنوي (١/ ٤١٥ - ٤١٧) و «روضة الناظر» لابن قدامة (١/ ٥٥٩ - ٥٦٣) و «التحقيقات في شرح الورقات» لابن قاوان (ص ١٨٩ - ١٩٠) و «التمهيد في أصول الفقه» للكلوذاني الحنبلي (١/ ١٧٩ - ١٨٦) و «القواعد والفوائد الأصولية» لابن اللّحام (٢٢٨ - ٢٣٠).