Tout cela fait partie de ce que le Messager d’Allah – paix et salut d’Allah sur lui – a interdit dans les hadiths authentiques ; comment donc assimiler ce qu’il a proscrit et rendu illicite à ce qu’il a légiféré et accompli ? C’est précisément en ce point que se trompe cet objectant et ceux qui lui ressemblent ; cette erreur ne lui est pas propre. Quant à nous, nous ferons preuve d’équité et nous nous attacherons à dire la vérité et la justice à ce sujet, ainsi qu’Allah – Exalté soit-Il – l’a ordonné, car Il a prescrit la justice même à l’égard de nos ennemis mécréants : « Ô vous qui croyez ! Soyez fermes pour Allah, témoins avec équité ; et que la haine d’un peuple ne vous incite pas à être injustes : soyez équitables, cela est plus proche de la piété. Et craignez (Allah)… » (al-Mâʾida, 8). Que dire alors de nos frères musulmans, puisque les musulmans sont tous frères ? Qu’Allah lui pardonne, le guide et accorde Sa réussite à lui ainsi qu’à l’ensemble de nos frères musulmans. Quatrième réponse : à supposer même que ce terme soit d’une portée générale, les hadiths interdisant de voyager vers un lieu quelconque en dehors des trois mosquées viennent le restreindre, tout comme ils restreignent l’idée même de se rendre dans une mosquée. Or il est notoire que la fréquentation des mosquées est préférable à la visite des cimetières et assimilés, et que voyager pour les mosquées est plus méritoire. Ainsi, s’il a été interdit de voyager ailleurs qu’aux trois mosquées, l’interdiction sera a fortiori plus forte pour ce dont la fréquentation et le voyage sont de moindre valeur que la fréquentation des mosquées. C’est pourquoi aucun musulman n’a jamais soutenu qu’il faille voyager vers les tombes plutôt que vers les mosquées – contrairement à l’opinion inverse qui est rapportée d’al-Layth ibn Saʿd. Cinquième réponse : on dira que rien, dans ce que tu as avancé, n’indique que le voyage vers ces lieux soit recommandé, pas même leur visite, si l’on se fonde sur la parole du Prophète – paix et salut sur lui : « Je vous avais interdit de visiter les tombes ; visitez-les dorénavant. » Dans une autre version : « … et ne proférez pas de paroles grossières. Je vous avais interdit de faire macérer (les fruits) dans certaines outres ; faites-le, mais ne buvez pas de boisson enivrante. Je vous avais interdit de conserver la viande des sacrifices ; conservez-en autant qu’il vous plaira. » Muslim l’a rapporté dans son Ṣaḥīḥ d’après Burayda ibn al-Ḥuṣayb : le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – a dit : « Je vous ai interdit de visiter les tombes ; visitez-les. Je vous ai interdit de garder la viande des sacrifices ; conservez-en autant qu’il vous plaira. Je vous ai interdit de faire macérer (les fruits) sauf dans une outre ; buvez dans tout récipient, mais ne buvez pas d’enivrant. »¹ Les musulmans sont unanimes à reconnaître que, pour ce qui est de faire macérer dans les récipients et de conserver la viande, le Prophète voulait seulement lever l’interdiction précédente ; il ne visait nullement à encourager ces actes. Il en va de même de sa parole : « Je vous avais interdit de visiter les tombes ; visitez-les dorénavant » : on peut dire qu’il n’entendait pas par là en faire une recommandation (mandūb), et il ne découle ni de la simple permission ni même d’un éventuel caractère recommandé de la visite l’autorisation de voyager pour cela, contrairement au cas des mosquées. Quant à la remarque de l’objectant : « Il est de notoriété que l’injonction, après une interdiction, implique l’obligation », on lui répondra sous deux angles : Premièrement : il est connu des Pieux Prédécesseurs et des imams que l’impératif « Fais » après une interdiction n’a pour effet que de lever l’interdit antérieur et de ramener l’acte à son statut initial², ainsi qu’il ressort du Livre et de la Sunna, comme Sa parole
(1) Rapporté par Muslim (n° 977). (2) La majorité des Hanbalites adhèrent à cette opinion, c’est le choix d’al-Zarkashî et, parmi les Hanafites, de al-Kamal ibn al-Humâm ; position également adoptée par al-Armûwî.
وهذا كله مما نهى عنه رسول الله صلى الله عليه وسلّم في الأحاديث الصحيحة، فكيف يشبّه ما نهى عنه وحرّمه بما سنّه وفعله؟ وهذا الموضع يغلط فيه هذا المعترض وأمثاله، ليس الغلط فيه من خصائصه، ونحن نعدل فيه ونقصد قول الحق والعدل فيه، كما أمر الله تعالى؛ فإنه أمر بالقسط على أعدائنا الكفار، فقال سبحانه وتعالى: كُونُوا قَوَّامِينَ لِلَّهِ شُهَداءَ بِالْقِسْطِ وَلا يَجْرِمَنَّكُمْ شَنَآنُ قَوْمٍ عَلى أَلَّا تَعْدِلُوا اعْدِلُوا هُوَ أَقْرَبُ لِلتَّقْوى وَاتَّقُوا [المائدة: ٨] . فكيف بإخواننا المسلمين، والمسلمون إخوة، والله يغفر له ويسدّده ويوفقه وسائر إخواننا المسلمين. الجواب الرابع: أنه لو قدّر أن هذا اللفظ عام؛ فأحاديث النهي عن السفر إلى غير المساجد الثلاثة تخصّص هذا، كما تخصّص إتيان المساجد، ومعلوم أن إتيان المساجد أفضل من إتيان المقابر ونحوها، والسفر إليها أفضل. فإذا كان قد نهي عن السفر إلى غير المساجد الثلاثة؛ فالنهي عما يكون إتيانه والسفر إليه دون إتيان المساجد أولى، ولهذا لم يقل أحد من المسلمين إنه يسافر إلى القبور دون المساجد بخلاف العكس، فإنه يحكى عن الليث بن سعد. الجواب الخامس: أن يقال: ليس فيما ذكرته ما يقتضي أن السفر إليها مستحبّ بل ولا زيارتها من قوله صلى الله عليه وسلّم: «كنت نهيتكم عن زيارة القبور فزوروها» . وفي لفظ: «ولا تقولوا هجرا، وكنت نهيتكم عن الانتباذ في الأوعية فانتبذوا، ولا تشربوا مسكرا، وكنت نهيتكم عن لحوم الأضاحي فادّخروا ما بدا لكم» . رواه مسلم في صحيحه عن بريدة بن الحصيب قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلّم: «نهيتكم عن زيارة القبور فزوروها ونهيتكم عن لحوم الأضاحي فأمسكوا ما بدا لكم ونهيتكم عن الانتباذ إلا في سقاء فاشربوا في الأوعية كلها ولا تشربوا مسكرا» «١» . وقد اتفق المسلمون على أن الانتباذ في الأوعية والادخار أراد به إباحة ذلك بعد حظره، لم يرد به الندب إلى ذلك، فكذلك قوله صلى الله عليه وسلّم: «كنت نهيتكم عن زيارة القبور فزوروها» قد يقال: لم يرد به الندب، ولا يلزم من إباحتها ولا من الندب إليها إباحة السفر، كإتيان المساجد. وقوله- أعني المعترض-: المشهور أن الأمر بعد الحظر يقتضي الوجوب. يقال له: الجواب من وجهين: أحدهما: أن المعروف عن السلف والأئمة أن صيغة «افعل» بعد الحظر ترفع الحظر المتقدم، وتعيد الفعل إلى ما كان عليه «٢» ، بهذا جاء الكتاب والسنة؛ كقوله
(١) أخرجه مسلم (٩٧٧). (٢) ذهب إلى هذا القول أكثر الحنابلة، وهو اختيار الزركشي، والكمال بن الهمام من الحنفية، وبه قال الأرموي.-