Dans le Recueil, ʿAlî ibn Ziyâd rapporte :
« On interrogea Mâlik au sujet de la visite des tombes. Il répondit :
“Le Messager d’Allâh — que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui — l’avait d’abord interdite, puis l’a permise. Si donc une personne s’y rend et ne profère que des paroles de bien, je n’y vois aucun mal ; toutefois, ce n’est pas une pratique répandue parmi les gens.”
On rapporte encore de lui qu’il considérait la visite des tombes comme peu fondée.
Voilà donc la position d’un groupe de Salaf. De plus, Mâlik, dans la version où il en concède la permission, précise : « Cela ne fait pas partie de la pratique des gens », et, dans l’autre, il l’affaiblit. Il ne l’a donc jamais déclarée recommandée, ni dans un cas ni dans l’autre.
C’est précisément cet avis que l’intervenant a attribué au répondant, en prétendant qu’il interdisait absolument la visite des tombes des Prophètes et de toutes les tombes. Or, le répondant n’a ni affirmé ni rapporté une telle opinion ; ce sont d’autres, parmi les plus grands savants musulmans, qui l’ont rapportée et soutenue.
Un homme doué de raison pourrait-il alors prétendre que ces savants manifestaient une inimitié ouverte envers les Prophètes et leur opposaient une hostilité obstinée ?