Cela impliquerait qu’il ait interdit un tel voyage et qu’il place le déplacement vers lui sur le même plan que le déplacement vers la tombe de tout autre ; or il s’agit là d’une grave méprise à l’encontre de la Loi du Messager, du répondant et d’autrui. Septième argument : Si, par le voyage entrepris vers lui et par sa visite, l’on entend se rendre à sa mosquée — voyage recommandé d’après le Texte et le consensus — alors que le voyage visant à visiter les autres tombes n’est pas recommandé selon ces mêmes Texte et consensus, l’objection qui met les deux cas sur un pied d’égalité contredit donc le Texte et le consensus. Huitième argument : On dira encore que la visite recommandée et le voyage qui y conduit désignent, de l’avis unanime des musulmans, le déplacement vers sa mosquée. De plus, tout ce qu’il est prescrit d’y accomplir — prière et salut sur lui, invocation en sa faveur, louange — est également prescrit dans sa mosquée, dans toutes les autres mosquées et en tout endroit, toujours selon l’unanimité des musulmans. Il ne subsiste donc aucune adoration propre à la tombe elle-même, contrairement à la tombe d’autrui : lorsqu’il est conseillé de visiter la tombe d’un croyant pour invoquer pour lui et solliciter le pardon, il est aussi recommandé de prier en direction de sa tombe et d’y formuler des invocations, de même qu’on prie sur sa tombe, celle-ci étant visible et accessible. Quant à la tombe du Messager, elle est dissimulée et n’a pas été laissée apparente ; il n’est donc ni prescrit ni possible de la visiter comme on visite les autres tombes. La visite pour laquelle le voyage est légiféré n’est autre que le voyage vers sa mosquée. C’est pourquoi les habitants de sa ville répugnaient, chaque fois qu’ils entraient ou sortaient de la mosquée, à se rendre auprès de sa tombe, contrairement à sa mosquée ; il leur est prescrit de la fréquenter et d’y prier, comme dans toutes les mosquées, la prière qui y est accomplie étant toutefois meilleure. Pour les étrangers, il est recommandé d’y effectuer les prières surérogatoires, à la différence des habitants, car il est établi qu’il a dit aux Médinois : « La meilleure prière est celle qu’accomplit l’homme chez lui, à l’exception de l’obligatoire » ¹. Il ressort donc que ce que l’on a présenté comme la visite méritoire de sa tombe se réduit en réalité au voyage vers sa mosquée ; ce n’est pas la visite de la tombe telle qu’on visite les tombes, car cela n’est ni prescrit ni réalisable. Le répondant a exposé cette distinction ; il a rappelé, à la lumière du Texte et du consensus, le caractère recommandé du voyage vers sa mosquée, ainsi que l’avis des savants concernant la visite de sa tombe. L’intervenant, quant à lui, a confondu les deux et a rapporté du répondant qu’il aurait interdit le voyage pour visiter sa tombe et l’ensemble des tombes, sans mentionner qu’il recommandait le voyage vers sa mosquée et la visite légale qui s’y rattache ; la fausseté de ce qu’il lui a attribué apparaît donc clairement. Par ailleurs, l’autorisation même de la visite des tombes fait l’objet d’une divergence. Ibn Baṭṭāl a dit, dans son Commentaire du Ṣaḥîḥ al-Bukhârî : « Certains ont jugé répréhensible la visite des tombes, parce que des hadiths rapportent du Prophète — que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui — une interdiction en ce sens. » Al-Shaʿbî déclara : « Si le Messager d’Allâh — que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui — n’avait pas interdit la visite des tombes, j’aurais visité la tombe de mon fils. » Ibrâhîm al-Nakhaʿî dit : « Ils désapprouvaient la visite des tombes », et l’on rapporte la même chose d’Ibn Sîrîn. Il ajouta : « Et dans … »
(1) Extrait d’un ḥadîth rapporté par al-Bukhârî (nos 731, 6113 et 7290), Muslim (n° 781) et d’autres, d’après Zayd ibn Thâbit (qu’Allâh l’agrée).
يقتضي أنه حرّم مثل هذا السفر، ويقتضي أن السفر إليه والسفر إلى قبر غيره سواء، وهذا غلط عظيم على شرع الرسول وعلى المجيب وغيره. الوجه السابع: أنه إذا كان المراد بالسفر إليه وزيارته هو السفر إلى مسجده؛ وهذا سفر مستحبّ بالنصّ والإجماع، والسفر لزيارة سائر القبور ليس مستحبا بالنص والإجماع، وهذا المعترض قد سوّى بينهما، فقد خالف النصّ والإجماع. الوجه الثامن: أن يقال: المراد بزيارته المستحبة وبالسفر إليها هو السفر إلى مسجده باتفاق المسلمين، ثم جميع ما يشرع هناك من الصلاة والسلام عليه والدّعاء له والثناء عليه، هو مشروع في مسجده وسائر المساجد، وسائر البقاع باتفاق المسلمين، فلم يبق لنفس القبر اختصاص بعبادة من العبادات، بخلاف قبر غيره؛ فإنه إذا استحبّ زيارة قبور أحد المؤمنين للدعاء له والاستغفار؛ استحب أن يصلي إلى قبره ويدعو له هناك، كما يصلي على قبره، فإن قبره بارز يمكن الوصول إليه، والرسول حجب قبره ولم يبرزوه، فلا يشرع ولا يقدر أحد على زيارته كما يشرع ويقدر على زيارة قبر غيره، بل زيارته التي يشرع لها السفر إنما هي السفر إلى مسجده، ولهذا كان أهل مدينته يكره لهم كلما دخلوا المسجد وخرجوا منه أن يأتوا إلى قبره، بخلاف مسجده؛ فإنه مشروع لهم إتيانه والصلاة فيه، كما يشرع في سائر المساجد، والصلاة فيه أفضل. والغرباء يستحبّ لهم صلاة التطوع في مسجده بخلاف أهل البلد، فإنه قد ثبت عنه أنه قال لأهل المدينة: «أفضل الصلاة صلاة المرء في بيته إلا المكتوبة» «١» . فعلم أن الذي ذكروه من استحباب زيارة قبره إنما هو السفر إلى مسجده، ليس هو زيارة قبره كما تزار القبور، فإن ذلك غير مشروع ولا مقدور، والمجيب قد ذكر هذا الفرق وذكر استحباب السفر إلى مسجده بالنص والإجماع وما استحبه العلماء من زيارة قبره، وهذا المعترض سوّى بينهما، وذكر عن المجيب أنه حرّم السفر لزيارة قبره وسائر القبور، ولم يذكر عنه أنه استحبّ السفر إلى مسجده وزيارته الزيارة الشرعية، فتبين بطلان ما نقله عنه. مع أن نفس زيارة القبور مختلف في جوازها؛ قال ابن بطال في «شرح البخاري» : كره قوم زيارة القبور لأنه روي عن النبي صلى الله عليه وسلّم أحاديث في النهي عنها. وقال الشعبي: لولا أن رسول الله صلى الله عليه وسلّم نهى عن زيارة القبور لزرت قبر ابني. قال إبراهيم النخعي: كانوا يكرهون زيارة القبور، وعن ابن سيرين مثله، قال: وفي
(١) جزء من حديث أخرجه البخاري (٧٣١، ٦١١٣، ٧٢٩٠) ومسلم (٧٨١) وغيرهما، من حديث زيد بن ثابت رضي الله عنه.