Ce principe est unanimement reconnu par tous ceux qui y ont cru de la foi obligatoire qu’Allah a imposée aux créatures, et il incombe à chacun de craindre Allah autant qu’il le peut, comme Il – Très-Haut – a dit : « Craignez Allah dans la mesure de vos moyens » (At-Taghâbun, 16). Cette parole explique Sa parole – exalté soit-Il – : « Craignez Allah comme Il doit être craint » (Âl ʿImrân, 102). Ibn Masʿûd – qu’Allah l’agrée – a dit : « Le droit qui Lui est dû dans la crainte consiste à Lui obéir sans jamais Le désobéir, à Le rappeler sans jamais L’oublier, et à Le remercier sans jamais Le renier » (1).
Toutefois, l’ordre est conditionné par la capacité, ainsi qu’Il l’a précisé dans Sa parole : « Craignez Allah dans la mesure de vos moyens. » Il se peut en effet qu’une partie de la Sunna du Messager et de ses prescriptions échappe à une personne malgré ses efforts pour Lui obéir ; or Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à ce qu’elle peut porter. C’est pourquoi le Prophète – qu’Allah prie sur lui et lui accorde le salut – a dit : « Lorsque le juge exerce son ijtihâd et atteint la justesse, il obtient deux récompenses ; et s’il s’efforce et se trompe, il en a une » (2), hadith rapporté par les deux Ṣaḥîḥs.
Il arrive cependant qu’un homme parle ou juge sans science ; il encourt alors un péché, tout comme il pèche s’il s’exprime en opposition à la vérité qu’il connaît. Dans les Sunan, on rapporte que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et lui accorde le salut – a dit : « Les juges sont au nombre de trois : deux sont au Feu et un est au Paradis. Celui qui connaît la vérité et juge conformément à elle – celui-là est au Paradis ; celui qui juge pour les gens tout en étant ignorant – celui-là est au Feu ; et celui qui connaît la vérité mais juge contrairement à elle – celui-là est au Feu » (3).
Allah a blâmé la parole sans science et l’a interdite à maintes reprises dans Son Livre. Il – Très-Haut – a dit : « Ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance » (Al-Isrâʾ, 36). Il a dit encore : « Dis : Mon Seigneur n’a interdit que les turpitudes, apparentes ou cachées, le péché et l’injustice… » (Al-Aʿrâf, 33). Il a dit, au sujet de Satan : « Il ne vous ordonne rien d’autre que le mal, la turpitude, et de dire sur Allah ce que vous ne savez pas » (Al-Baqarah, 169). Et, s’adressant aux gens du Livre, Il dit : « Vous voilà en train de disputer au sujet de ce dont vous avez connaissance ; pourquoi donc disputez-vous au sujet de ce dont vous n’avez aucune connaissance ? » (Âl ʿImrân, 66).
Il dit encore : « Ne leur avait-on pas pris l’engagement du Livre de ne dire sur Allah que la vérité ? Or ils avaient bel et bien étudié ce qu’il contient » (Al-Aʿrâf, 169). Et Il dit : « Ô gens du Livre ! N’exagérez pas dans votre religion et ne dites sur Allah que la vérité » (An-Nisâʾ, 171).
Ainsi, Il a considéré comme menteur celui qui agit sans science, tandis que le véridique est celui qui parle avec science. Il – Très-Haut – a dit : « A-t-Il interdit les deux mâles, ou les deux femelles, ou bien ce que renferment les matrices des deux femelles ? Informez-moi d’une science, si vous êtes véridiques » (Al-Anʿâm, 143). Et Il a dit : « Dis : Apportez votre preuve, si vous êtes véridiques » (Al-Baqarah, 111).