De même, lorsque l’on qualifie – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – d’« illettré » (ummiyy), ainsi qu’Allâh l’a Lui-même qualifié, il s’agit là d’un éloge, d’un mérite bien établi en sa personne et du fondement même de son miracle ; car son miracle majeur, le Sublime Coran, relève précisément du domaine des connaissances et des sciences, eu égard à ce qu’Allâh – paix et bénédictions sur lui – lui a accordé et par quoi Il l’a privilégié, comme nous l’avons exposé dans la première partie.
Qu’un tel prodige se manifeste chez un homme qui n’a jamais lu, ni écrit, ni étudié, ni reçu d’enseignement, suscite la plus grande stupéfaction, représente le comble des leçons et constitue le miracle même parmi les créatures. Cela n’est nullement un défaut : l’écriture et la lecture ne sont que des instruments conduisant à la connaissance recherchée en elles-mêmes ; lorsque le fruit attendu — la connaissance — est obtenu, on peut se passer du moyen et de la cause. Chez quiconque n’est pas lui, l’illettrisme est un défaut, car il est cause d’ignorance et signe de sottise. Gloire à Celui qui a distingué son affaire de celle des autres, qui a placé son honneur là où les autres prennent fin, et sa vie là où se trouve la perdition de quiconque lui est étranger.
De même, l’ouverture de sa poitrine et l’extraction de son contenu furent, pour lui, l’achèvement de sa vie, l’apogée de la vigueur de son âme et l’affermissement de son assurance ; tandis que, pour quiconque autre que lui, cela marquerait l’ultime destruction, la mort inévitable et l’anéantissement. Il en va de même pour tout ce qui a été rapporté de ses récits et de sa Sîra – paix et bénédictions sur lui – : sa frugalité ici-bas, concernant ses vêtements, sa nourriture et sa monture ; son humilité ; le fait qu’il se chargeait lui-même de ses affaires et servait sa famille ; son ascèse, son désintérêt pour la vie d’ici-bas, mettant sur le même plan ce qu’elle offre de modeste et de considérable, en raison de la rapidité avec laquelle ses choses disparaissent et ses états se transforment. Tout cela relève de ses vertus, de ses hauts faits et de sa noblesse, comme nous l’avons mentionné.
Quiconque rapporte l’un de ces faits dans son véritable contexte et avec l’intention adéquate agit convenablement ; mais celui qui les rapporte hors de propos et dont la mauvaise intention est manifeste entre dans les catégories que nous avons exposées précédemment.
Telles sont les paroles du Qâḍî ʿIyâḍ – qu’Allâh lui fasse miséricorde – : il distingue entre ce que l’on peut croire contenir humiliation, défaut ou imperfection — alors qu’il n’en est rien en réalité —, celui qui le mentionne selon sa juste perspective pour exposer la science, la religion et la réalité des choses, et celui qui vise par là le blâme et le dénigrement, alors même qu’il n’y a aucun blâme ; bien au contraire, il s’agit de vertus et de mérites. Il en est ainsi pour tout ce qui s’y rattache.
[Les meilleurs des hommes auprès de leurs Prophètes sont les Compagnons]
Ainsi, l’état le plus grand, le meilleur et le plus parfait des hommes vis-à-vis des prophètes est celui des Compagnons avec le Messager – paix et bénédictions d’Allâh sur lui –, en particulier Abû Bakr et ʿUmar : croire tout ce qu’il annonce de l’invisible, lui obéir et se conformer à ses ordres dans tout ce qu’il prescrit et commande, l’aimer davantage que soi-même, sa famille et ses biens, faire qu’Allâh et Son Messager – paix et bénédictions sur lui – soient plus aimés que toute autre chose, et veiller à suivre le Messager – paix et bénédictions sur lui – en adorant Allâh par ce qu’il a légiféré et institué, obligatoire ou recommandé, sans L’adorer par un acte qu’il a interdit ni par une innovation à laquelle Allâh n’a conféré aucun pouvoir, même si l’on pense par là honorer le Messager – paix et bénédictions sur lui – et magnifier son rang ; tel fut le cas des chrétiens à l’égard du Messie, de ceux qui prirent leurs rabbins et leurs moines pour divinités en dehors d’Allâh, ou de ceux qui érigèrent les anges et les prophètes en seigneurs. Or la réalité est tout autre : tout serviteur pieux, parmi les anges comme parmi les prophètes, n’aime que ce qu’Allâh aime
وكذلك إذا وصف صلى الله عليه وسلّم بأنه أمّيّ كما وصفه الله بذلك؛ فهي مدحة له وفضيلة ثابتة فيه، وقاعدة معجزته، إذ معجزته العظيمة من القرآن العظيم إنما هي متعلقة بطريق المعارف والعلوم، مع ما منح صلى الله عليه وسلّم وفضّل به من ذلك، كما قدمناه في القسم الأول.
ووجود مثل ذلك من رجل لم يقرأ ولم يكتب ولم يدارس ولا لقّن بمقتضى العجب، ومنتهى العبر، ومعجزة البشر. وليس ذلك نقيصة، إذ المطلوب من الكتابة والقراءة؛ المعرفة، وإنما هي آلة لها وواسطة موصلة إليها مرادة في نفسها، فإذا حصلت الثمرة والمطلوب استغنى عن الواسطة والسبب؛ والأمية في غيره نقيصة لأنها سبب الجهالة وعنوان الغباوة. فسبحان من باين أمره من أمر غيره، وجعل شرفه فيما فيه محطة سواه، وحياته فيما فيه هلاك من عداه.
وهكذا شقّ قلبه وإخراج حشوته، كان تمام حياته وغاية قوة نفسه وثبات روعه، وهو فيمن سواه منتهى هلاكه وحتم موته وفنائه، وهلم جرا، إلى سائر ما روي من أخباره صلى الله عليه وسلّم وسيره، وتقلله من الدنيا، ومن الملبس والمطعم والمركب، وتواضعه، ومهنته نفسه في أموره، وخدمة بيته، زهدا ورغبة عن الدنيا وتسوية بين حقيرها وخطيرها، لسرعة فناء أمورها وتقلب أحوالها، كل هذا من فضائله صلى الله عليه وسلّم ومآثره وشرفه، كما ذكرناه.
فمن أورد شيئا من ذلك موارده وقصد به مقصده كان حسنا. ومن أورد ذلك على غير وجهه وعلم منه بذلك سوء قصده لحق بالفصول التي قدمناها.
هذا كلام القاضي عياض رحمه الله تعالى يفرق فيما يظن أن فيه غضاضة ونقصا وعيبا وليس هو في نفس الأمر كذلك، وبين من يذكره على وجهه لبيان العلم والدين ومعرفة حقائق الأمور، وبين من يقصد به العيب والإزراء وإن كان لا عيب في ذلك، بل هو من الفضائل والمناقب وهكذا سائر ما فيه هذا.
[أفضل الناس مع أنبيائهم هم الصحابة]
وحينئذ فأعظم أحوال الناس مع الأنبياء وأفضلها وأكملها هو حال الصحابة مع الرسول صلى الله عليه وسلّم لا سيما أبو بكر وعمر، وهو تصديقه في كل ما يخبر به من الغيب، وطاعته وامتثال أمره في كل ما يوجبه ويأمر به، وأن يكون أحب إلى المؤمن من نفسه وأهله وماله، وأن يكون الله ورسوله صلى الله عليه وسلّم أحب إليه مما سواهما، وأن يتحرّى متابعة الرسول صلى الله عليه وسلّم، فيعبد الله بما شرّعه وسنّه من واجب ومستحب، لا يعبده بعبادة نهى عنها، وببدعة ما أنزل الله بها من سلطان، وإن ظنّ أن في ذلك تعظيما للرسول صلى الله عليه وسلّم وتعظيما لقدره، كما ظنه النصارى في المسيح، وكما ظنوه في اتخاذهم أحبارهم ورهبانهم أربابا من دون الله، وكما ظن الذين اتخذوا الملائكة والنبيين أربابا، فإن الأمر بالعكس؛ بل كل عبد صالح من الملائكة والأنبياء فإنما يحب ما أحبه الله من