S’agissant des questions d’injure (sabb) et de ce qui peut y ressembler sans en relever, il dit :
La septième facette consiste à mentionner ce qu’il est permis d’attribuer au Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui –, ou sur quoi les savants divergent quant à sa possibilité à son égard ; à rappeler les réalités humaines qui lui surviennent et qu’il est loisible de lui imputer ; à évoquer les épreuves qu’il a endurées et la patience dont il fit preuve pour la Face d’Allâh face à leur dureté, telles que les souffrances infligées par ses ennemis et leurs vexations ; à retracer ses débuts, sa biographie, la pauvreté de son époque et les peines qu’il affronta dans son existence. Le tout doit se faire sous l’angle de la transmission, de la discussion scientifique, et afin de distinguer ce dont l’ʿiṣma des prophètes est attestée de ce qui leur est permis. Ce domaine est extérieur aux six catégories précédentes : on n’y trouve ni rabaissement, ni diminution, ni mépris, ni légèreté, ni dans l’apparence des mots ni dans l’intention du locuteur.
Il ajoute toutefois que cette matière doit être abordée avec les gens de science et les étudiants perspicaces de la religion, ceux qui en saisissent les objectifs et en vérifient les bénéfices. Il faut en préserver ceux qui seraient incapables de comprendre, ou à propos desquels on craint une tentation. Ainsi, certains anciens ont jugé répréhensible d’enseigner la sourate Yûsuf aux femmes, en raison des récits qu’elle renferme, du fait de la faiblesse de leur compréhension et de la limitation de leur discernement.
Le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – informa, en parlant de lui-même, qu’il avait été engagé à ses débuts pour garder les moutons, et il déclara : « Il n’est aucun prophète qui n’ait gardé des moutons » (1). Allâh nous a rapporté la même chose au sujet de Mûsâ. Il n’y a là, dans le simple fait de le mentionner comme il convient, aucune atteinte, contrairement à celui qui viserait l’humiliation ou le dénigrement ; c’était d’ailleurs la coutume de l’ensemble des Arabes. Bien plus, cette occupation recèle pour les prophètes une sagesse profonde : un acheminement graduel par lequel Allâh – Très-Haut – les conduit vers Sa noblesse, les forme, à travers l’art de la bergerie, à gouverner les nations de Ses créatures, selon la grâce éternelle et la science préalable qu’Il leur avait destinées.
De même, Allâh a mentionné son orphelinage et son indigence à titre de faveur à son égard et pour mettre en relief Sa noblesse envers lui. Celui qui rappelle ces états pour décrire sa situation première, informer sur ses débuts et s’émerveiller des dons d’Allâh à son encontre ne commet aucune atteinte ; il indique au contraire la prophétie de l’Envoyé d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – et la véracité de son appel. Allâh – exalté soit-Il – le fit ensuite triompher, petit à petit, des chefs des Arabes et de l’élite opposée, fit prospérer sa cause jusqu’à ce qu’il les dominât, prit en main leurs rênes et conquît nombre de royaumes d’autres nations, par la manifestation d’Allâh, le soutien de Sa victoire, l’appui des croyants, l’union de leurs cœurs et l’envoi des anges marqués.
S’il avait été le fils d’un roi ou avait disposé auparavant de partisans nombreux, beaucoup d’ignorants auraient pensé que cela même était la cause de son ascension et de sa suprématie. C’est pourquoi Héraclius, lorsqu’il interrogea Abû Sufyân ibn Ḥarb à son sujet – paix et bénédictions sur lui –, lui demanda : « Parmi ses ancêtres, y avait-il un roi ? » Il répondit : « Non. » Héraclius poursuivit : « Et je me suis dit : si l’un de ses ancêtres avait été roi, j’aurais considéré qu’il cherchait à reconquérir le royaume de son père. » (2)
Or, l’orphelinage fait partie de ses caractéristiques et constitue l’un des signes annoncés dans les Écritures antérieures et les récits des nations disparues. Il en est également fait mention dans le Livre de Irmiya ; c’est ainsi que Ibn Dhî Yazan le décrivit à ʿAbd al-Muṭṭalib et que Baḥîrâ le moine en informa Abû Ṭâlib.
(1) L’imam Mālik l’a rapporté mot à mot dans le Muwatta (vol. 2, p. 365), p. 54, au Livre de la Permission (Kitâb al-Istiḏhân), section «Ce qui concerne la garde des moutons». L’imam al-Bukhârî le consigne également sous le n° 2262, d’après Abû Hurayra, en hadith élevé : «Allah n’a envoyé aucun Prophète sans qu’il n’ait été berger de moutons.»
(2) Cette anecdote figure dans le Ṣaḥîḥ al-Bukhârî sous le n° 7 ; voir là ses différentes variantes.
مسائل السب وما يشتبه ممال ليس بسب قال:
الوجه السابع: أن يذكر ما يجوز على النبي صلى الله عليه وسلّم أو يختلف في جوازه عليه، وما يطرأ من الأمور البشرية به ويمكن إضافتها إليه، أو يذكر ما امتحن به وصبر في ذات الله على شدته، من مقاساة أعدائه وأذاهم له، ومعرفة ابتداء حاله وسيرته، وما لقيه من بؤس زمنه، ومرّ عليه من معاناة عيشته، كل هذا على طريق الرواية ومذاكرة العلم، ومعرفة ما صحّت منه العصمة للأنبياء وما يجوز عليهم، فهذا فنّ خارج عن هذه الفنون الستة، إذ ليس فيه غمص ولا نقص ولا إزراء ولا استخفاف، لا في ظاهر اللفظ ولا في مقصد اللافظ.
قال:
لكن يجب أن يكون الكلام فيه مع أهل العلم وفهماء طلبة الدين ممن يفهم مقاصده، ويحققون فوائده، ويجنب ذلك من عساه لا يفقه، أو يخشى به فتنة، فقد كره بعض السلف تعليم النساء سورة يوسف لما انطوت عليه من تلك القصص، لضعف معرفتهن ونقص عقولهن وإدراكهن.
فقد قال صلى الله عليه وسلّم مخبرا عن نفسه باستئجاره لرعاية الغنم في ابتداء حاله وقال صلى الله عليه وسلّم:
«ما من نبي إلا وقد رعى الغنم»
«١»
. وأخبرنا الله بذلك عن موسى. فهذا لا غضاضة فيه جملة واحدة لمن ذكره على وجهه، بخلاف من قصد الغضاضة والتحقير، بل كانت عادة جميع العرب. نعم في ذلك للأنبياء حكمة بالغة وتدريج من الله تعالى لهم إلى كرامته، وتدريب برعايتها لسياسة أممهم من خلقه بما سبق لهم من الكرامة في الأزل ومتقدم العلم بذلك، وكذلك قد ذكر الله يتمه وعيلته على طريق المنة عليه والتعريف بكرامته له، فذكر الذّاكر لها على وجه تعريف حاله والخبر عن مبتدئه، والتعجّب من منح الله قبله؛ وعظيم منن الله عنده، ليس فيه غضاضة، بل فيه دلالة على نبوته صلى الله عليه وسلّم وصحة دعوته، إذ أظهره الله تعالى بعد هذا على صناديد العرب ومن ناوأه من أشرافهم شيئا فشيئا، ونمى أمره صلى الله عليه وسلّم حتى قهرهم وتمكّن من ملك مقاليدهم، واستباحة ممالك كثيرة من الأمم غيرهم، بإظهار الله له وتأييده بنصره وبالمؤمنين، وألّف بين قلوبهم، وإمداده بالملائكة المسوّمين. ولو كان ابن ملك أو ذا أشياع متقدّمين لحسب كثير من الجهال أن ذلك موجب ظهوره ومقتضى علوّه، ولهذا قال هرقل- حين سأل أبا سفيان بن حرب عنه صلى الله عليه وسلّم- هل من آبائه ملك؟
فقال:
لا،
ثم قال:
وقلت لو كان من آبائه من ملك لقلت رجل يطلب ملك أبيه
«٢»
.
وإذا اليتم من صفته، وإحدى علاماته في الكتب المتقدمة وأخبار الأمم السالفة. وكذا وقع ذكره في كتاب أرميا، وبهذا وصفه ابن ذي يزن لعبد المطلب، وبحيرا لأبي طالب.
(١) أخرجه مالك بلاغا في «الموطأ» (٢/ ٣٦٥) - ٥٤ - كتاب الاستئذان. (٦) باب ما جاء في أمر الغنم.
وأخرجه البخاري (٢٢٦٢) من حديث أبي هريرة مرفوعا بلفظ: «ما بعث الله نبيا إلا رعى الغنم» الحديث.
(٢) القصة في «صحيح البخاري» برقم (٧) وانظر أطرافه هناك.