et dans l’espoir de la récompense. Aṣbagh rapporte d’après Ibn al-Qāsim : « Il est deux situations où l’on ne mentionne que Dieu : l’égorgement de la bête et l’éternuement. Dans ces deux cas on ne dit, après avoir nommé Allah, que : “Au nom d’Allah”, sans ajouter : “Muḥammad est le Messager d’Allah”. Cela dit, si quelqu’un ajoute après la mention d’Allah : “Muḥammad est le Messager d’Allah”, on ne réprouve pas qu’il ait joint son nom à celui d’Allah. » Ashhab a, pour sa part, déclaré : « Il ne convient pas d’ériger la prière sur le Prophète – qu’Allah lui accorde bénédictions et paix – en pratique systématique. » Je dis : aš-Šâfiʿî n’a pas jugé cela blâmable ; il a même affirmé que cela relève de la foi. Tel est également l’avis d’un groupe de compagnons d’Aḥmad, comme Abû Isḥâq et Ibn Shâqlâ. [Le serment par les anges et les prophètes] Ils ont de même traité la question du serment prêté par les anges ou les prophètes. S’agissant des anges, les musulmans sont unanimes : on ne jure par aucun d’eux, et le serment ainsi prononcé n’est pas valide. La majorité tient la même position à l’égard de l’ensemble des prophètes, y compris notre Prophète – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui. C’est l’opinion de Mâlik, Abû Ḥanîfa, aš-Šâfiʿî et – selon l’une des deux narrations – d’Aḥmad. Une autre narration de ce dernier veut que le serment soit valable lorsqu’il est prêté par le seul Prophète – ﷺ ; cette option a été retenue par quelques savants ḥanbalites, tels le juge Abû Yaʿlâ et d’autres, qui l’ont limitée au Prophète – ﷺ. Ibn ʿAqîl, lui, a étendu cette validité à tous les prophètes. L’avis correct est celui de la majorité : aucun serment ne devient valide lorsqu’il est prêté par une créature – fût-ce un Prophète –, et il convient de proscrire le fait de jurer par autre qu’Allah. Ainsi, dire : « Il n’est pas permis de jurer par untel », ou : « On ne jure pas par les prophètes ni par les anges », n’est, pour aucun musulman, signe d’hostilité, d’insulte ou de rabaissement à leur égard. De même, lorsque l’on écarte d’eux les attributs propres au Seigneur et que l’on déclare : « N’adorez ni les anges ni les prophètes, ne vous prosternez pas pour eux, ne leur consacrez pas la prière, ne les invoquez pas en dehors d’Allah », cela constitue une affirmation du tawḥîd et un acte de foi ; ce n’est en rien une diminution, une injure ni une inimitié. Le Très-Haut dit en effet : « Il n’appartient pas à un être humain à qui Allah a donné le Livre, la sagesse et la prophétie, de dire ensuite aux gens : “Soyez mes adorateurs en dehors d’Allah”… » jusqu’à Sa parole : « … après que vous êtes devenus musulmans. » [Âl ʿImrân : 79-80] Lorsqu’on affirme donc qu’il n’est permis à personne de prendre les anges ou les prophètes pour seigneurs – ainsi qu’Allah l’a exposé dans le Coran –, nul musulman n’y voit une hostilité, un rabaissement ou une insulte envers eux. De même, dire qu’ils sont des serviteurs d’Allah, que le Messie et les autres ne sont que des serviteurs d’Allah, relève du tawḥîd et de la foi ; cela n’implique aucune atteinte, insultes ni inimitié. Le Très-Haut dit encore : « Ô gens du Livre, n’exagérez pas dans votre religion et ne dites sur Allah que la vérité… » jusqu’à Sa parole : « … et ils ne trouveront pour eux, en dehors d’Allah, ni allié ni secoureur. » [An-Nisâ’ : 171-173] Les exégètes rapportent que les gens de Najrân dirent : « Ô Muḥammad, tu blâmes notre maître et tu dis qu’il est serviteur d’Allah. » Le Prophète – qu’Allah le couvre de bénédictions et de paix – répondit : « Il n’y a aucune honte pour ʿĪsâ à être serviteur d’Allah. » Alors fut révélé : « Le Messie ne dédaignera pas d’être un serviteur d’Allah. » [An-Nisâ’ : 172] – c’est-à-dire qu’il ne s’enorgueillit ni ne refuse cette qualité.
وطلب الثواب. وقال أصبغ عن ابن القاسم: موطنان لا يذكر فيهما إلا الله؛ الذبح والعطاس فلا يقال فيهما بعد ذكر الله: محمد رسول الله، ولو قال بعد ذكر الله: محمد رسول الله، لم يكره تسميته له مع الله. وقال أشهب: لا ينبغي أن تجعل الصلاة على النبي صلى الله عليه وسلّم استنانا. قلت: والشافعي لم يكره ذلك، بل قال: هو من الإيمان، وهو قول طائفة من أصحاب أحمد كأبي إسحاق وابن شاقلا. [الحلف بالملائكة والأنبياء] وكذلك تكلّموا في الحلف بالملائكة والأنبياء؛ أما الملائكة فاتفق المسلمون على أنه لا يحلف بأحد منهم، ولا تنعقد اليمين إذا حلف به، وهذا أيضا قول الجمهور في الأنبياء كلهم؛ نبينا وغيره، وهو مذهب مالك وأبي حنيفة والشافعي وأحمد في إحدى الروايتين، وعنه أنها تنعقد بالنبي صلى الله عليه وسلّم خاصة، اختارها طائفة من أصحاب أحمد كالقاضي أبي يعلى وغيره، وخصوا ذلك بالنبي صلى الله عليه وسلّم، وابن عقيل عدّى ذلك إلى سائر الأنبياء. والصواب: قول الجمهور؛ وأنه لا تنعقد اليمين بمخلوق لا بنبي ولا غيره، بل ينهى عن الحلف به. فإذا قيل: لا يحلف به، أو لا يحلف بالأنبياء ولا بالملائكة؛ لم يكن هذا معاداة لهم ولا سبا، ولا تنقّصا بهم عند أحد من المسلمين، وكذلك سائر خصائص الرب إذا نفيت عنهم فقيل: لا تعبد الملائكة ولا الأنبياء، ولا يسجد لهم، ولا يصلّى لهم، ولا يدعون من دون الله، ونحو ذلك؛ كان هذا توحيدا وإيمانا ولم يكن هذا تنقيصا بهم، ولا سبّا لهم، ولا معاداة، كما قال تعالى: ما كانَ لِبَشَرٍ أَنْ يُؤْتِيَهُ اللَّهُ الْكِتابَ وَالْحُكْمَ وَالنُّبُوَّةَ إلى قوله: بَعْدَ إِذْ أَنْتُمْ مُسْلِمُونَ [آل عمران ٧٩، ٨٠] . فإذا قيل: لا يجوز لأحد أن يتخذ الملائكة والنبيين أربابا، كما ذكر الله ذلك في القرآن، ولم يقل مسلم هذا معاداة لهم ولا منقصة ولا سب. وكذلك إذا قيل: إنهم عباد الله، وإن المسيح وغيره عباد لله؛ كان هذا توحيدا وإيمانا، لم يكن ذلك تنقصا ولا سبّا ولا معاداة، قال تعالى: يا أَهْلَ الْكِتابِ لا تَغْلُوا فِي دِينِكُمْ وَلا تَقُولُوا عَلَى اللَّهِ إِلَّا الْحَقَ إلى قوله: وَلا يَجِدُونَ لَهُمْ مِنْ دُونِ اللَّهِ وَلِيًّا وَلا نَصِيراً [النساء: ١٧١ - ١٧٣] . وقد ذكر أهل التفسير أن أهل نجران قالوا: يا محمّد إنك تعيب صاحبنا فتقول: إنه عبد الله. فقال النبي صلى الله عليه وسلّم: «إنه ليس بعار بعيسى أن يكون عبدا لله» فنزل: لَنْ يَسْتَنْكِفَ الْمَسِيحُ أَنْ يَكُونَ عَبْداً لِلَّهِ [النساء: ١٧٢] . أي: لن يأنف ويتعظم عن ذلك.