Puis, celui envers qui la preuve a été établie mérite la sanction ; sinon, son éloignement, sa déficience, l’abaissement de son rang et tout ce qui s’attache à lui, ici-bas et dans l’au-delà — déchéance de sa dignité, chute de son honneur et dégradation de son degré — constituent sa rétribution. Allah est Juge, équitable ; Il n’opprime pas fût-ce du poids d’un atome. Il est Savant, Sage, Subtil envers qui Il veut. Gloire et transcendance à Lui au-dessus de ce que disent les injustes, d’une transcendance infinie. À Lui la louange, dans la première comme dans la dernière [vie] ; à Lui appartient le jugement et vers Lui vous serez ramenés.
[Le discours sur les statuts juridiques ne se fonde que sur les preuves légales]
Cinquième aspect :
Parler des statuts juridiques — déclarer qu’un acte est obligatoire, recommandé, interdit ou permis — ne peut se fonder que sur des preuves légales : le Livre, la Sunna, le consensus (ijmâʿ) et l’analogie fondée sur ces sources (iʿtibâr).
Or, toutes les preuves légales sont prises du Messager — paix et bénédictions d’Allah sur lui. Ainsi, ceux qui traitent de ces questions, qu’ils soient d’accord ou en désaccord, sont unanimes à croire au Messager, à ce qu’il a apporté et à l’obligation de le suivre ; à reconnaître que le licite est ce qu’il a rendu licite, l’illicite ce qu’il a rendu illicite, et que la religion est ce qu’il a légiféré. Le discours juridique implique donc la foi dans les prophètes, leur alliance loyale, le devoir de les croire et de les suivre dans ce qu’ils imposent et interdisent. Celui qui affirme qu’un acte est interdit, permis ou obligatoire ne fait, en réalité, que dire : « Le Messager l’a interdit, l’a permis ou l’a rendu obligatoire. » S’il attribuait l’obligation, l’interdiction ou la permission à un autre que le Messager, nul ne lui prêterait attention et il ne serait pas compté parmi les savants musulmans.
Les musulmans — gens de la Sunna comme innovateurs — sont tous d’accord sur ce principe : il faut suivre ce que le Messager a transmis de la part d’Allah et se fonder, pour argumenter, sur le Coran et la Sunna authentique qui éclaire les passages synthétiques du Coran.
Quant à la contestation du sens apparent du Coran, quelques khâridjites s’y sont opposés ; leur position est corrompue à bien des égards. Celui qui rejette un texte n’en agit ainsi que parce qu’il ne lui est pas authentiquement parvenu du Messager, ou parce qu’il ne lui paraît pas pertinent pour la question débattue, ou parce qu’il le croit abrogé, et autres raisons semblables. J’ai longuement développé ce point dans mon écrit « Rafʿ al-Malâm ʿan al-Aʾimma al-Aʿlâm », où j’ai exposé leurs excuses dans ce domaine, bien que le devoir soit, en toute circonstance, de suivre la vérité connue.
Qu’il s’agisse des droits du Seigneur, de ceux de Son Messager ou d’autres, rien de tout cela n’entre dans les questions d’injure, de dénigrement ou d’hostilité envers les prophètes ; même si l’un de ces penseurs se trompe, son but — qu’il ait raison ou tort — demeure de suivre le Messager ; d’interdire ce qu’il a interdit, d’imposer ce qu’il a imposé et de rendre licite ce qu’il a rendu licite. Cela implique nécessairement sa foi au Messager, son alliance et sa vénération envers lui. Comment concevoir, dès lors, qu’il ait l’intention de l’injurier, de lui nuire ou de le dénigrer ? Cela est impossible.
C’est pourquoi aucun musulman n’a jamais considéré l’un de ces hommes comme un insulteur ou un ennemi des prophètes — quand bien même on concéderait qu’ils aient commis une erreur ; c’est une évidence que même les étudiants les plus débutants connaissent.
ثم من قامت عليه الحجة استحقّ العقوبة، وإلا كان بعده ونقصه وانخفاض درجته وما يلحق في الدنيا والآخرة من انخفاض منزلته وسقوط حرمته وانحطاط درجته هو جزاؤه، والله حكم عدل لا يظلم مثقال ذرة وهو عليم حكيم لطيف لما يشاء، سبحانه وتعالى عما يقول الظالمون علوا كبيرا، وله الحمد في الأولى والآخرة، وله الحكم وإليه ترجعون.
[الكلام في الأحكام الشرعية لا يستدلّ عليه إلا بالأدلة الشرعية]
الوجه الخامس:
أن الكلام في الأحكام الشرعية مثل كون الفعل واجبا أو مستحبا أو محرما أو مباحا لا يستدلّ عليه إلا بالأدلة الشرعية من الكتاب والسنة والإجماع والاعتبار.
والأدلة الشرعية كلها مأخوذة عن الرسول صلى الله عليه وسلّم فالمتكلّمون فيها سواء اتفقوا أو اختلفوا كلهم متفقون على الإيمان بالرسول وبما جاء به ووجوب اتباعه وأن الحلال ما حلّله، والحرام ما حرّمه، والدين ما شرّعه، فالكلام فيها يستلزم الإيمان بالأنبياء وموالاتهم، ووجوب تصديقهم واتباعهم فيما أوجبوه وحرّموه، والقائل منهم عن فعل إنه حرام أو مباح أو واجب؛
إنما يقول:
إن الرسول حرّمه أو أباحه أو أوجبه، ولو أضاف الإيجاب والتحريم والإباحة إلى غير الرسول لم يلتفت إليه، ولم يكن من علماء المسلمين.
وأهل الإسلام متفقون على هذا الأصل سنّيهم وبدعيهم؛ كلّهم متّفقون على وجوب اتباع ما بلغه الرسول عن الله، وعلى الاستدلال بالقرآن والسنة المعلومة المفسرة لمجمل القرآن.
وأما المخالفة لظاهر القرآن فمن الخوارج من نازع فيها، وهو فاسد من وجوه كثيرة. ومن ردّ نصا إنما يرده؛ إما لكونه لم يثبت عنده عن الرسول، أو لكونه غير دال عنده على محل النزاع، أو لاعتقاده أنه منسوخ، ونحو ذلك. كما قد بسطت الكلام فيه على ما كتبته في
(رفع الملام عن الأئمة الأعلام)
وبيّنت أعذارهم في هذا الباب، وإن كان الواجب هو اتباع ما علم من الصواب مطلقا.
والكلام في ذلك سواء تعلق بحقوق الرب أو حقوق رسوله أو غير ذلك، لا يدخل شيء من ذلك في مسائل سبّ الأنبياء وتنقّصهم ومعاداتهم، وإن كان المتكلم من هؤلاء مخطئا، فإن مصيبهم ومخطئهم إنما مقصوده اتباع الرسول، وتحريم ما حرّمه، وإيجاب ما أوجبه، وتحليل ما حلّله، وهذا مستلزم لإيمانه بالرسول وموالاته وتعظيمه، فكيف يتصوّر مع ذلك أن يكون قاصدا لمعاداته أو سبّه أو التنقص به، أو غير ذلك؟ هذا ممتنع.
ولهذا لم يكن في المسلمين من جعل أحدا من هؤلاء سبّابا للأنبياء معاديا لهم، وإن قدّر أنهم أخطئوا، وهذا أمر واضح يعرفه آحاد الطلبة.