et de tenir pour licites leur sang et leurs biens¹ ; autrement, s’ils ne s’étaient pas comportés ainsi, ils auraient eu pour modèle leurs semblables parmi les gens de l’erreur et de l’égarement.
Il est notoire que l’association à Allah et l’adoration de toute autre divinité constituent le plus grave des péchés ; y appeler et l’ordonner comptent parmi les fautes les plus énormes ; s’opposer à celui qui le réprouve, qui prêche l’Unicité et l’obéissance au Messager, est plus grave encore que l’inimitié vouée à quiconque lui est inférieur.
N’eussent été l’éloignement de l’époque des débuts de l’Islam, l’état des Émigrés et des Auxiliaires, le manque de science, la généralisation de l’ignorance et la confusion de l’affaire pour beaucoup, la mécréance et l’égarement de ces polythéistes – ainsi que de ceux qui commandent le polythéisme – seraient apparus, pour les élites comme pour le commun, plus manifestes encore que l’égarement des Khâridjites et des Râfidites. Car ces derniers se sont accrochés à certains passages du Livre et de la Sunna, tandis qu’une partie de la Sunna leur est demeurée cachée – à l’exception de celui qui, comme certains Râfidites, dissimule dans son for intérieur l’hypocrisie et l’hérésie.
On rapporte même que le premier à avoir introduit cette innovation était un hypocrite hérétique ; ces gens appartiennent donc à la même catégorie que les zindîqs et les hypocrites. Les Khâridjites, à l’inverse, n’étaient ni zindîqs ni hypocrites ; leur intention était de suivre le Coran, mais ils ne le comprenaient pas, ainsi que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit à leur sujet : « Ils récitent le Coran mais il ne dépasse pas leurs gosiers. » De ce point de vue, l’innovateur dévot mais ignorant leur ressemble.
Quant à ceux qui se rendent en pèlerinage aux tombes, qui en font des idoles, des mosquées et des lieux de fête, il n’existait, à l’époque des Compagnons, de leurs Successeurs et de ceux qui les suivirent, aucun groupe connu parmi eux ; il n’y avait dans l’Islam ni tombeau ni mausolée vers lequel on pèlerine ; cette pratique n’est apparue qu’après les trois premiers siècles.
Plus une innovation contredit ouvertement le Messager, plus son apparition est tardive ; surgissent d’abord les innovations dont l’opposition au Livre et à la Sunna est plus subtile, telle l’innovation des Khâridjites. Malgré cela, les hadiths authentiques sont venus les blâmer et annoncer leur châtiment, et les Compagnons ont fait consensus à ce sujet. L’Imam Aḥmad a dit : « Les hadiths les concernant sont authentiques selon dix chaînes. » Muslim les a tous rapportés dans son Ṣaḥîḥ, et al-Bukhârî en a rapporté une partie.
Quant aux innovations des polythéistes, des adorateurs de tombes et de ceux qui s’y rendent en pèlerinage, leur opposition au Messager était manifeste aux yeux de tous durant les trois siècles louables ; personne n’osa donc les afficher ouvertement au cours de ces trois siècles.
Le développement détaillé de cette question a sa place ailleurs ; nous nous sommes contentés d’indiquer ce qui permet de reconnaître l’état de ce contestataire et de ses semblables : égarement, ignorance, hostilité à la Sunna du Messager et à ceux qui la suivent, alliance avec les ennemis du Messager, et autres causes qui les éloignent d’Allah et de Son Messager.
Ainsi, celui contre qui la preuve est établie mérite le châtiment ; autrement, ses actes d’innovation interdits sont vains, sans récompense, constituant pour lui un abaissement et une diminution proportionnels à son éloignement de la Sunna. Tel est le jugement porté sur les gens de l’égarement : l’éloignement de la voie droite et la privation de l’honneur qui revient à ses adeptes.
(1) Cette menace mentionnée dans ces ḥadîths s’applique aux Khawârij contemporains (le groupe Takfir wa-Hijra), qui ont excommunié les musulmans sans fondement et rendu licite leur sang. Nous implorons Allah de nous préserver des fitan.
واستحلال دمائهم وأموالهم
«١»
، وإلا فلو لم يفعلوا ذلك لكان لهم أسوة بأمثالهم من أهل الخطأ والضّلال. ومعلوم أن الشرك بالله وعبادة ما سواه أعظم الذنوب، والدعاء إليه والأمر به من أعظم الخطايا، ومعاداة من ينهى عنه ويأمر بالتوحيد وطاعة الرسول أعظم من معاداة من هو دونه. ولولا بعد عهد الناس بأول الإسلام وحال المهاجرين والأنصار، ونقص العلم وظهور الجهل، واشتباه الأمر على كثير من الناس؛ لكان هؤلاء المشركون والآمرون بالشرك مما يظهر كفرهم وضلالهم للخاصة والعامة، أعظم مما يظهر من ضلال الخوارج والرافضة، فإن أولئك تشبثوا بأشياء من الكتاب والسنة، وخفي عليهم بعض السنة، اللهم إلا من كان منافقا زنديقا في الباطن مثل بعض الرافضة،
ويقال:
إن أول من ابتدعه كان منافقا زنديقا، فإن هؤلاء من جنس أمثالهم من الزنادقة والمنافقين، بخلاف الخوارج فإنهم لم يكونوا زنادقة منافقين، بل كان قصدهم اتباع القرآن، لكن لم يكونوا يفهمونه،
كما قال فيهم النبي صلى الله عليه وسلّم:
«يقرءون القرآن لا يجاوز حناجرهم»
. فالمبتدع العابد الجاهل يشبههم من هذا الوجه. وأما الحجّاج إلى القبور والمتّخذون لها أوثانا ومساجد وأعيادا؛ فهؤلاء لم يكن على عهد الصحابة والتابعين وتابعيهم منهم طائفة تعرف، ولا كان في الإسلام قبر ولا مشهد يحجّ إليه، بل هذا إنما ظهر بعد القرون الثلاثة.
والبدعة كلما كانت أظهر مخالفة للرسول يتأخّر ظهورها، وإنما يحدث أولا ما كان أخفى مخالفة للكتاب والسنة كبدعة الخوارج، ومع هذا فقد جاءت الأحاديث الصحيحة فيها بذمّهم وعقابهم، وأجمع الصحابة على ذلك.
قال الإمام أحمد:
صحّ فيهم الحديث من عشرة أوجه. وقد رواها صاحبه مسلم كلها في صحيحه، وروى البخاري قطعة منها. وأما بدع أهل الشرك وعبّاد القبور والحجّاج إليها فهذا ما كان يظهر في القرون الثلاثة لكل أحد مخالفته للرسول، فلم يتجرّأ أحد أن يظهر ذلك في القرون الثلاثة.
وبسط هذا له موضع آخر، ولكن نبّهنا على ما به يعرف ما وقع فيه مثل هذا المعترض وأمثاله من الضلال والجهل ومعاداة سنّة الرسول ومتبعيها، وموالاة أعداء الرسول وغير ذلك مما يبعدهم عن الله ورسوله.
ثم من قامت عليه الحجة استحقّ العقوبة، وإلا كانت أعماله البدعية المنهي عنها باطلة لا ثواب فيها، وكانت منقصة له خافضة له بحسب بعده عن السنة، فإن هذا حكم أهل الضّلال، وهو البعد عن الصراط المستقيم، وما يستحقه أهله من الكرامة.
(١) وهذا الوعيد الذي في تلك الأحاديث ينطبق على الخوارج العصريين (جماعة التكفير والهجرة) التي كفّرت المسلمين بغير بيّنة واستحلّت دماءهم. نعوذ بالله من الفتن.