et quant à celui qui contredit ce qu’il a apporté par ignorance et par égarement, il est tel les Nazaréens, lesquels, dans leur religion, sombrent dans l’excès. Nous implorons Allah qu’Il fasse de nous et de nos frères parmi Ses serviteurs ceux qui se dirigent à la lumière du Livre d’Allah, qui croient en Son Messager, qui s’agrippent au Câble d’Allah, qui prennent pour alliés les alliés d’Allah, qui s’opposent à Ses ennemis, qui luttent dans Son chemin, qui se détournent des voies de ceux qui ont encouru Sa colère et des égarés, et qui emboîtent le pas aux devanciers, les tout premiers parmi les Emigrés et les Auxiliaires ainsi qu’à ceux qui les ont suivis avec excellence.
Quant à ce qui suit :
Allah a envoyé Muḥammad avec la Guidée et la Religion de Vérité ; par lui Il a séparé la vérité du faux, la bonne direction de l’égarement, l’aberration de la rectitude, le chemin du Paradis de celui de l’Enfer, Ses alliés de Ses ennemis, le convenable du blâmable, le mauvais du bon, le licite de l’illicite, la religion véridique de la religion fausse.
Ainsi, est licite ce qu’Allah et Son Messager ont rendu licite, est illicite ce qu’Allah et Son Messager ont interdit, et la religion est ce qu’Allah et Son Messager ont légiféré. Nul, parmi les deux charges – humains et djinns –, n’a de voie vers l’agrément, la noblesse et la miséricorde d’Allah, si ce n’est par la foi en Muḥammad et par le fait de le suivre. Car Allah l’a envoyé avec un message universel destiné aux deux charges, djinns et humains, concernant toutes les affaires de la religion, internes et externes, englobant les prescriptions de l’Islam et les réalités de la foi, s’adressant à leurs savants, à leurs dévots, à leurs rois et à leurs gens du commun. Il n’appartient donc à personne – quand bien même son savoir, son ascèse, son autorité ou sa souveraineté seraient immenses – de délaisser ce qu’a apporté le Messager – qu’Allah prie sur lui et lui accorde le salut – pour s’opposer à lui dans quelque affaire religieuse que ce soit, intérieure ou extérieure, légale ou spirituelle ; bien au contraire, il incombe à toutes les créatures de le suivre et de se soumettre à son jugement.
Allah – Exalté soit-Il – dit :
« Non ! Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants tant qu’ils ne t’auront pas désigné juge dans leurs différends, puis qu’ils ne ressentiront dans leurs âmes aucune gêne à l’égard de ton arrêt et qu’ils ne s’y soumettront pleinement. » (An-Nisâʾ, 65)
Il – Très-Haut – dit aussi :
« Ô vous qui avez cru ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité… » (An-Nisâʾ, 59)
Il dit encore :
« Les hommes n’étaient qu’une seule communauté, puis ils divergèrent. » (Yûnus, 10)
Et dans la sourate al-Baqarah :
« Allah envoya des prophètes, porteurs de bonne nouvelle et avertisseurs, et Il fit descendre avec eux le Livre, avec la vérité, afin qu’il jugeât entre les hommes au sujet de ce sur quoi ils divergeaient… » (Al-Baqarah, 213)
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après ʿÂʾisha, le Prophète – qu’Allah prie sur lui et lui accorde le salut – disait, lorsqu’il se levait la nuit pour prier :
« Ô Allah, Seigneur de Jibrîl, de Mîkâ’îl et d’Isrâfîl, Créateur des cieux et de la terre, Connaisseur de l’invisible et du visible ! C’est Toi qui juges entre Tes serviteurs au sujet de ce sur quoi ils divergent ; guide-moi, par Ta permission, vers la vérité de ce qui les divise, car Tu guides qui Tu veux vers un chemin droit. » (1)
De plus, le Très-Haut a subordonné le salut à Son obéissance et Il a dit, blâmant les hypocrites :
« Ils disent : “Nous avons cru en Allah et au Messager et nous avons obéi.” Puis, après cela, un groupe d’entre eux se détourne ; ceux-là ne sont point croyants. Et lorsqu’on les appelle vers Allah et Son Messager afin qu’il juge entre eux… – jusqu’à Sa parole : – ceux-là sont les gagnants –, – jusqu’à Sa parole : – Et il n’incombe au Messager que la transmission claire. » (An-Nûr, 47-54) (2)