(Al-Anʿâm, v. 119).
Puis Il — exalté soit-Il — dit :
« Apportez donc un Livre venant d’Allah qui soit meilleur guide que ces deux-là, et je le suivrai, si vous êtes véridiques… jusqu’à Sa parole : … sans guidance émanant d’Allah » (Al-Qaṣaṣ, 49-50).
Et Il — Très-haut — a dit au sujet des polythéistes :
« Ne méditent-ils donc pas la Parole ? Leur serait-il parvenu ce qui n’était point parvenu à leurs premiers ancêtres… jusqu’à Sa parole : … et ils se détournent de leur Rappel » (Al-Muʾminūn, 68-71).
Il — glorifié et exalté soit-Il — dit encore :
« S’il y avait dans les cieux et la terre d’autres divinités qu’Allah, ils eussent certes sombré dans la corruption… jusqu’à Sa parole : … tandis qu’eux seront interrogés » (Al-Anbiyāʾ, 22-23).
Ainsi, ceux qui accomplissent le pèlerinage auprès des tombes appartiennent à la même catégorie que ceux qui accomplissent le pèlerinage auprès des idoles. Les polythéistes invoquent, aux côtés d’Allah, une autre divinité ; ils l’invoquent comme ils invoquent Allah. Les gens de l’unicité n’invoquent qu’Allah : ils n’adressent aucune invocation à quelque autre divinité que ce soit avec Lui, ni invocation de demande et de requête, ni invocation d’adoration et de dévotion. Les polythéistes, quant à eux, recherchent l’un et l’autre; de même, les pèlerins des tombes recherchent l’un et l’autre. Certains confectionnent l’effigie du défunt et considèrent que l’invocation qu’ils lui adressent, l’amour qu’ils lui portent et la familiarité qu’ils éprouvent en sa présence tiennent lieu de relation avec le défunt lui-même, qu’il s’agisse d’un Prophète, d’un homme vertueux ou d’un impie. Il arrive également qu’ils façonnent pour lui une effigie — à l’instar des chrétiens — et, très souvent, ils s’imaginent qu’une tombe est celle d’un Prophète ou d’un homme vertueux, alors qu’il s’agit de la tombe d’un autre (1), ou même qu’il ne s’agisse pas d’une tombe, voire qu’il s’agisse de la tombe d’un mécréant. Ils font alors bonne opinion de celui qu’ils croient être un homme vertueux, un allié d’Allah, alors qu’il est mécréant ou pervers, phénomène que l’on rencontre chez les polythéistes, les Gens du Livre et certains égarés parmi les gens de la qiblah.
Or, ce type de visite n’a été légiféré par le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — ni à titre d’autorisation, ni à titre de recommandation, et nul des imâms de la religion ne l’a approuvé. Bien au contraire, ils sont unanimes à interdire l’ensemble de ces pratiques.
Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — a maudit, dans de nombreux ḥadiths authentiques, des gens plus proches encore de ceux-là : ceux qui ont transformé les tombes de leurs prophètes en mosquées. Il mettait en garde contre ce qu’ils avaient fait et informa que ceux qui nous ont précédés prenaient les tombes de leurs prophètes et de leurs vertueux pour des lieux de prière. Il a dit :
« Prenez garde ! Ne transformez pas les tombes en mosquées, car je vous l’interdis. »
S’il a donc interdit et maudit celui qui érige la tombe en mosquée où l’on adore Allah et où l’on L’invoque — parce que cela constitue un moyen et un prétexte conduisant à l’invocation et à l’adoration de la créature occupant la tombe — que dire du polythéisme même dont il a barré la voie en interdisant de transformer les tombes en mosquées afin que l’on n’en arrive pas là ?
Il est évident que l’auteur de cet acte mérite d’autant plus la malédiction et l’interdiction. De même, il a interdit la prière au moment du lever et du coucher du soleil, et a dit :
« Car elle se lève entre les deux cornes d’un démon, et c’est alors que les mécréants se prosternent devant elle » (2).
Il a donc interdit de rechercher la prière à cette heure en raison de la ressemblance extérieure avec les mécréants, bien que le fidèle ait pour intention de se prosterner devant Allah et non devant le soleil ; toutefois, il a proscrit cette ressemblance formelle afin qu’elle ne mène pas à une communion d’intention (3).
Ainsi, si quelqu’un a l’intention de se prosterner devant le soleil au moment de son lever