des idoles en dehors d’Allah, et ils se mirent à croire à leur sujet ce que les adorateurs d’idoles pensent des leurs : ils plaçaient en elles leur espoir et leur crainte, persuadés qu’elles peuvent conférer un bien ou infliger un mal. C’est ainsi qu’ils dirent à Hûd – sur lui la paix : « Nous ne disons que ceci : l’une de nos divinités t’a atteint d’un mal. » (Hûd, 54) Il répondit : « Je prends Allah à témoin – et soyez témoins – que je me désavoue de ce que vous associez… ourdis donc tous votre complot contre moi… Mon Seigneur est certes sur une voie droite. » (Hûd, 54-56) De même, au sujet de l’ami intime (Ibrâhîm), Allah – Exalté soit-Il – dit : « Son peuple disputa avec lui. Il dit : “Allez-vous argumenter avec moi au sujet d’Allah alors qu’Il m’a guidé ?” … [ceux-là sont] bien guidés. » (Al-An‘âm, 80-82) Et Allah – Très-Haut – adressa à Sceau des messagers, ﷺ, ces paroles destinées aux polythéistes : « Certes, ceux que vous invoquez en dehors d’Allah ne sont que des serviteurs semblables à vous. Invoquez-les donc, qu’ils vous répondent si vous êtes véridiques… ne me faites donc pas attendre ! » (Al-A‘râf, 194-195) Il dit encore : « Allah n’est-Il pas suffisant pour Son serviteur ? Et ils te font peur avec ceux qu’ils adorent en dehors de Lui… “Allah me suffit ; en Lui s’en remettent ceux qui placent leur confiance.” » (Az-Zumar, 36-38) Le polythéisme apparut pour la première fois à La Mecque par l’entremise de ‘Amr ibn Luhayy, chef de Khuzâ‘ah – lesquels, après Jurhum (et selon d’autres, les Quraysh), assuraient la garde de la Maison sacrée. Il se rendit au Balqâ’, y vit des gens adorer des idoles et prétendre qu’elles leur étaient bénéfiques ; il rapporta alors des idoles à La Mecque et les érigea autour de la Ka‘bah (1). Le Prophète ﷺ a dit : « J’ai vu ‘Amr ibn Luhayy traînant ses entrailles dans le Feu ; il est le premier à avoir altéré la religion d’Ibrâhîm – sur lui la paix. » (2) Partant, s’il avait été interdit de visiter les tombes de façon absolue – comme cela fut prescrit au début de l’islam et conformément à l’un des deux avis des savants – cela n’aurait impliqué ni hostilité ni opposition à l’égard de leurs occupants. Que dire alors lorsque l’interdiction ne concerne que le voyage entrepris pour leur visite ? Il s’agit d’un interdit général qui ne vise pas uniquement les prophètes et les vertueux ; pareil à l’interdiction de voyager vers une mosquée autre que les trois [Mosquée sacrée, Mosquée du Prophète et Mosquée d’al-Aqsâ]. Un esprit sensé pourrait-il prétendre qu’il s’agit là de mépriser les mosquées ou de les dénigrer, semblable à celui qui empêche que le Nom d’Allah y soit invoqué ? Bien au contraire : interdire le voyage vers ces tombes, tout en y allant – sans voyage – et en les honora nt par des actes d’adoration, compte parmi les meilleures obéissances et ne diminue en rien leur valeur. De même, lorsqu’on proscrit le voyage alors même que la visite sans voyage demeure permise, et même recommandée, il ne saurait, à plus forte raison, y avoir la moindre dépréciation des occupants des tombes, puisqu’interdire absolument la visite ne constituerait pas non plus une atteinte à leur dignité – à la différence de l’interdiction de bâtir les mosquées ou de les fréquenter pour la prière et l’évocation d’Allah. (1) Rapport des circonstances de l’introduction des idoles à La Mecque. (2) Ḥadith authentique, cité dans les recueils de traditions, relatant le sort de ‘Amr ibn Luhayy.
(1) Voir La Sîra du Prophète d’Ibn Hisham, t. 1, p. 111 (éd. Ihyâ’ al-Turâth al-‘Arabî). (2) Rapporté par Ibn Isḥaq comme indiqué dans La Sîra du Prophète (t. 1, p. 111) et par al-Ḥâkim dans al-Mustadrak (t. 4, p. 605). Al-Ḥâkim déclare : « Ce ḥadîth est authentique selon les conditions de Muslim, bien qu’il ne l’ait pas rapporté ». Al-Zahabî a confirmé ce jugement. Toutefois, il n’est que ḥasan (bon), comme je l’ai précisé dans mon édition critique de la Sîra – qu’Allah en facilite l’achèvement –. Voir aussi la Silsila al-Ṣaḥīḥa (n° 1677).
أوثانا من دون الله، وصاروا يظنّون فيها ما يظنه أهل الأوثان في أوثانهم، فإنهم كانوا يرجونها ويخافونها ويظنون أنها تنفع وتضر. ولهذا قالوا لهود عليه السلام: إِنْ نَقُولُ إِلَّا اعْتَراكَ بَعْضُ آلِهَتِنا بِسُوءٍ [هود: ٥٤] فقال هود: إِنِّي أُشْهِدُ اللَّهَ وَاشْهَدُوا أَنِّي بَرِيءٌ مِمَّا تُشْرِكُونَ إلى قوله: فَكِيدُونِي جَمِيعاً [هود: ٥٤، ٥٥] إلى قوله: إِنَّ رَبِّي عَلى صِراطٍ مُسْتَقِيمٍ [هود: ٥٦] . وقد قال الله تعالى في قصة الخليل: وَحاجَّهُ قَوْمُهُ قالَ أَتُحاجُّونِّي فِي اللَّهِ وَقَدْ هَدانِ إلى قوله: مُهْتَدُونَ [الأنعام: ٨٠ - ٨٢] . وقال الله تعالى لخاتم الرسل صلى الله عليه وسلّم بعد أن خاطب المشركين فقال: إِنَّ الَّذِينَ تَدْعُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ عِبادٌ أَمْثالُكُمْ فَادْعُوهُمْ فَلْيَسْتَجِيبُوا لَكُمْ إِنْ كُنْتُمْ صادِقِينَ إلى قوله: فَلا تُنْظِرُونِ [الأعراف: ١٩٤، ١٩٥] . وقال: أَلَيْسَ اللَّهُ بِكافٍ عَبْدَهُ وَيُخَوِّفُونَكَ بِالَّذِينَ مِنْ دُونِهِ إلى قوله: حَسْبِيَ اللَّهُ عَلَيْهِ يَتَوَكَّلُ الْمُتَوَكِّلُونَ [الزمر: ٣٦ - ٣٨] . وأول ما ظهر الشرك بمكة من عمرو بن لحي سيد خزاعة، وكانت خزاعة ولاة البيت بعد جرهم، وقيل: قريش، فجاء إلى البلقاء فرآهم يعبدون الأصنام، وزعموا أنها تنفعهم فجلب أصناما إلى مكة ونصبها حول الكعبة «١» . قال النبيّ صلى الله عليه وسلّم: «رأيت عمرو بن لحي وهو يجر قصبه في النار- أي أمعاءه- وهو أول من غيّر دين إبراهيم عليه السلام» «٢» . وإذا كان كذلك؛ فمعلوم أنه لو نهى عن زيارة القبور مطلقا كما نهى عن ذلك في أول الإسلام، وكما هو أحد قولي العلماء؛ لم يكن في ذلك معاداة لأهل القبور ولا معاندة، فكيف إذا كان النهي إنما هو عن السفر لزيارة القبور؟ وهو نهي عام لا تختصّ به الأنبياء والصالحون، بل كما نهى عن السفر إلى مسجد غير الثلاثة، فهل يقول عاقل إن هذا من باب الاستهانة بالمساجد والاستخفاف بها، كالذي يمنع مساجد الله أن يذكر فيها اسمه؟ بل النهي عن السفر إليها مع إتيانها وعمارتها بالعبادات من أفضل الطاعات، فليس في ذلك نقص لقدرها، وكذلك إذا نهى عن السفر مع جواز زيارتها بلا سفر، واستحباب ذلك، فإنه لا يكون تنقّصا بأهل القبور بطريق الأولى، إذا كان جنس النهي عن زيارتها ليس تنقصا بهم، بخلاف النهي عن عمارة المساجد وإتيانها للصلاة والذكر
(١) انظر «السيرة النبوية» لابن هشام (١/ ١١١) - ط. إحياء التراث العربي-. (٢) أخرجه ابن إسحاق كما في «السيرة النبوية» (١/ ١١١) والحاكم في «المستدرك» (٤/ ٦٠٥). وقال الحاكم: «هذا حديث صحيح على شرط مسلم، ولم يخرجاه». ووافقه الذهبي. وإنما هو حسن فقط، كما بيّنته في تحقيقي على «السيرة» - يسّر الله إتمامه- وانظر «السلسلة الصحيحة» (١٦٧٧).