Il ne leur a nullement été garanti que, par la seule présence de sa tombe ou de celle d’un autre parmi les prophètes et les vertueux, les calamités seraient écartées ; en vérité, celles-ci ne sont repoussées que par l’obéissance aux Messagers, et non par leurs sépultures. Quiconque leur obéit connaîtra le bonheur en ce bas-monde et dans l’au-delà, tandis que quiconque leur désobéit encourra le sort réservé à ses semblables, quand bien même posséderait-il, auprès de lui, toutes les tombes qu’Allâh a voulues. Hafṣah, Mère des croyants, interprétait à leur sujet la parole d’Allâh : « Allâh propose en parabole une cité qui vivait en sécurité, tranquille ; sa subsistance lui parvenait en abondance de tout lieu… » (an-Naḥl, 112), ainsi que l’a rapporté Ibn Abî Ḥâtim et d’autres, d’après Ibn Wahb ; Ibn Shurayḥ nous a transmis, de ʿAbd al-Karîm ibn al-Ḥârith, qu’il l’avait entendu relater de Mishraḥ ibn Hâʿân, d’après Sulaym ibn ʿAṭar, qui dit : « J’ai accompagné Ḥafṣah, l’épouse du Prophète — qu’Allâh prie sur lui et le salue —, lors de son départ de La Mecque vers Médine. On lui annonça alors quʿUthmân venait d’être assassiné. Ḥafṣah fit demi-tour et déclara : “Ramenez-moi loin de Médine ; par Celui qui tient mon âme en Sa main, c’est assurément la cité dont Allâh a dit : ‘Allâh propose en parabole une cité qui vivait en sécurité, tranquille…’” (an-Naḥl, 112).[1] » Ḥafṣah — qu’Allâh l’agrée — ne voulait pas dire que le verset vise exclusivement Médine ; il s’agit d’un exemple qu’Allâh livre pour quiconque se trouve dans une situation comparable. Lorsque les habitants de La Mecque étaient mécréants, ils étaient dans ce cas et furent frappés comme ils le méritaient. Après le meurtre de ʿUthmân, Ḥafṣah comprit qu’un malheur proportionné à leur état frapperait les gens de Médine, eux qui jouissaient auparavant de la sécurité, de la tranquillité et d’une subsistance abondante venant de partout ; elle cita donc ce verset à titre d’exemple pour Médine, et non pour le restreindre à elle seule. Quant aux habitants de Bagdad, ils furent atteints par le massacre généralisé malgré la présence, parmi eux, de milliers de tombes des alliés d’Allâh, en plus des quatre sépultures [des imâms] ; celles-ci ne leur furent d’aucune utilité auprès d’Allâh. [Croire que les tombes apportent un bienfait équivaut à les ériger en idoles] Et ces gens qui imaginent que les tombes leur profitent et repoussent le malheur, ils en ont fait
(1) Transmis par Ibn Jarîr al-Ṭabarî et Ibn Abî Ḥâtim, comme le signalent al-Dur al-Manthûr (vol. 5, p. 173) et le Tafsîr al-Qur’ân al-‘Aẓîm d’al-Ḥâfiẓ Ibn Kathîr (vol. 2, p. 767). Sa chaîne de transmission est, si Dieu le veut, de qualité ḥasan. Ibn Shurayḥ est ‘Abd ar-Raḥmân b. Shurayḥ b. ‘Ubayd Allâh al-Maʿâfirî, narrateur digne de confiance et éminent. ‘Abd al-Karîm b. al-Ḥârith est en réalité Ibn Yazîd al-Ḥaḍramî, Abû al-Ḥârith al-Miṣrî, narrateur pieux et fiable. Musharriḥ b. Hâ’jan a été jugé digne de foi par Ibn Ma’în, al-ʿAjlî, al-Dhahabî et d’autres ; dans al-Taqrîb (abrégé de Tahdhîb al-Tahdhîb), Ibn Ḥajar le qualifie de « maqbûl ». Il est plus vraisemblablement « ṣaduq ḥasan al-ḥadîth » (véridique et de bonne réputation) (cf. Taḥrîr Taqrîb al-Tahdhîb, vol. 3, p. 380, n° 6679). Quant à Sulaym b. ‘Itr al-Miṣrî, il est mentionné par Ibn Ḥibbân (al-Thiqât, vol. 4, p. 329), al-Bukhârî (al-Târîkh al-Kabîr, vol. 4, p. 125) et Ibn Abî Ḥâtim (al-Jarḥ wa-l-Ta‘dîl, vol. 4, pp. 211–212). Attention : dans l’édition consultée ici, on lit « Sulaym b. ‘Afîr », dans celle du Tafsîr d’Ibn Abî Ḥâtim (vol. 7, p. 2305) « Sulaym b. ‘Umar » et dans l’édition al-Rayân du Tafsîr al-Qur’ân al-‘Aẓîm (vol. 2, p. 767) « Sulaym b. Numayr ». Il s’agit d’erreurs de copie ; la lecture correcte est celle établie ci-dessus.
ولم يضمن لهم أنه لوجود قبره أو قبر غيره من الأنبياء والصالحين يندفع البلاء، وإنما يندفع البلاء بطاعة الرسل لا بقبورهم، فمن أطاعهم كان سعيدا في الدنيا والآخرة، ومن عصاهم استحقّ ما يستحقه أمثاله، وإن كان عنده ما شاء الله من قبورهم. وكانت حفصة أم المؤمنين تتأوّل فيهم قوله: وَضَرَبَ اللَّهُ مَثَلًا قَرْيَةً كانَتْ آمِنَةً مُطْمَئِنَّةً يَأْتِيها رِزْقُها رَغَداً مِنْ كُلِّ مَكانٍ [النحل: ١١٢] الآية كما رواه ابن أبي حاتم وغيره من حديث ابن وهب، حدّثنا ابن شريح، عن عبد الكريم بن الحارث، سمعه يحدث عن مشرح بن هاعان، عن سليم بن عتر قال: صحبت حفصة زوج النبيّ صلى الله عليه وسلّم وهي خارجة من مكة إلى المدينة، فأخبرت أن عثمان قد قتل. فرجعت حفصة فقالت: ارجعوا بي عن المدينة؛ فو الذي نفسي بيده إنها للقرية التي قال الله: وَضَرَبَ اللَّهُ مَثَلًا قَرْيَةً كانَتْ آمِنَةً مُطْمَئِنَّةً [النحل: ١١٢] الآية «١» . ولم ترد حفصة رضي الله عنها أن الآية خصّت المدينة بالذكر، بل هذا مثل ضربه الله لمن كان كذلك. وكان أهل مكة لما كانوا كفّارا كذلك فأصابهم ما أصابهم، فلما قتل عثمان علمت حفصة أنه سيصيب أهل المدينة من البلاء ما يناسب حالهم بعد ما كانوا فيه من الأمن والطمأنينة، وإتيان رزقهم رغدا من كل مكان، فذكرت ذلك على سبيل التمثيل بالمدينة، لا على سبيل الحصر فيها. وأهل بغداد أصابهم ما أصابهم من السيف العام وعندهم قبور ألوف من أولياء الله، زيادة على قبور الأربعة، فلم تغن عنهم من الله شيئا. [اعتقاد النفع بالقبور هو كاتخاذها أوثانا] وهؤلاء الذين يعتقدون أن القبور تنفعهم وتدفع البلاء عنهم؛ قد اتخذوها
(١) أخرجه ابن جرير الطبري وابن أبي حاتم كما في «الدر المنثور» (٥/ ١٧٣) و «تفسير القرآن العظيم» للحافظ ابن كثير (٢/ ٧٦٧). وإسناده حسن إن شاء الله. ابن شريح؛ هو: عبد الرحمن بن شريح بن عبيد الله المعافري؛ ثقة فاضل. وعبد الكريم بن الحارث؛ هو: ابن يزيد الحضرمي؛ أبو الحارث المصري؛ ثقة عابد. مشرح بن هاعان؛ وثقه ابن معين والعجلي والذهبي وغيرهم. وقال الحافظ في «التقريب»: «مقبول». والأرجح أنه «صدوق حسن الحديث»، وانظر «تحرير تقريب التهذيب» (٣/ ٣٨٠/ ٦٦٧٩). وسليم بن عتر المصري ذكره ابن حبان في «الثقات» (٤/ ٣٢٩) والبخاري في «التاريخ الكبير» (٤/ ١٢٥) وابن أبي حاتم في «الجرح والتعديل» (٤/ ٢١١ - ٢١٢). تنبيه: وقع في المطبوعة هنا: «سليم بن عفير» وفي مطبوعة ابن أبي حاتم من التفسير (٧/ ٢٣٠٥): «سليم بن عمر» وفي مطبوعة «تفسير القرآن العظيم» - الريان- (٢/ ٧٦٧): «سليم بن نمير»!. وكل هذا تصحيف صوابه ما أثبتناه هنا.