Ibn Numayr nous a rapporté, d’après Ismâʿîl ibn Ibrâhîm ibn Muhâjir, d’après ʿAbbâd ibn Yûsuf, d’après Abû Burdah ibn Abî Mûsâ, d’après son père, que celui-ci a dit :
Le Messager d’Allah – paix et salut d’Allah sur lui – a déclaré :
« Allah a fait descendre pour ma communauté deux garanties :
“Allah n’est point tel à les châtier tant que tu es parmi eux, et Allah ne les châtiera pas tandis qu’ils implorent le pardon.” (al-Anfâl, 33)
Or, lorsque je partirai, je laisserai parmi vous l’imploration du pardon. » (1)
Ainsi, le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a montré que la protection liée à sa présence concernait sa vie en ce monde ; après sa mort, il ne demeure que l’istighfâr, car la simple présence des tombes n’offre aucune sécurité.
De même, il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Abû Mûsâ al-Ashʿarî, que le Prophète – paix et salut sur lui – a dit :
« Les étoiles sont une sauvegarde pour le ciel : lorsqu’elles disparaîtront, le ciel subira ce qui lui est promis ; et moi je suis une sauvegarde pour mes Compagnons : lorsque je disparaîtrai, il leur adviendra ce qui leur est promis ; et mes Compagnons sont une sauvegarde pour ma communauté : lorsqu’ils disparaîtront, il arrivera à ma communauté ce qui lui est promis. » (2)
Pour éclaircir encore la question, il est notoire que la Maison sacrée (Bayt al-Maqdis) et sa région renferment davantage de tombes de prophètes que tout autre endroit ; on a même avancé que mille prophètes furent envoyés aux Banû Isrâʾîl. Pourtant, Allah – Exalté soit-Il – a dit :
« Nous avons décrété pour les Enfants d’Israël, dans le Livre : “Vous sèmeriez la corruption sur terre à deux reprises” … jusqu’à Sa parole : “Peut-être votre Seigneur vous fera-t-Il miséricorde ; mais si vous récidivez, Nous récidiverons.” » (al-Isrâʾ, 4-8)
Allah a donc clarifié que, lorsqu’ils se sont élevés et ont corrompu, Il les a châtiés pour leurs péchés, leur envoyant un ennemi qui sillonnait leurs demeures, pénétrait dans la Mosquée et massacrait parmi eux un nombre que seul Allah peut dénombrer. Aucune des tombes des prophètes présentes ne les a préservés. Les hommes ne récoltent que le fruit de leurs actes, et c’est Allah, Exalté soit-Il, qui pourvoit et secourt ; hors de Lui, nul pourvoyeur ni protecteur.
Il – Très-Haut – dit : « Quel est donc celui qui, en dehors du Tout-Miséricordieux, constituera pour vous une armée capable de vous secourir ? » (al-Mulk, 20) – ainsi que le verset suivant. Les serviteurs n’ont, en dehors d’Allah, ni pourvoyeur ni défenseur.
Allah – Exalté soit-Il – dit encore : « Il n’est pas de cité que Nous ne détruirons avant le Jour de la Résurrection… » (al-Isrâʾ, 58).
Il informe ainsi qu’il est inévitable pour chaque localité d’être détruite ou de subir un sévère châtiment, et cela à cause de leurs péchés après que les messagers leur furent envoyés.
Il dit également : « Nous n’avons anéanti aucune cité sans qu’elle n’ait eu des avertisseurs, afin qu’elle se rappelle ; Nous n’étions point injustes. » (ash-Shuʿarâʾ, 208-209)
Les habitants de Médine, la Cité Prophétique, à l’époque du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – puis sous la conduite de ses califes bien guidés Abû Bakr, ʿUmar et ʿUthmân – qu’Allah les agrée – jouissaient de la meilleure condition parmi toutes les cités. La grâce d’Allah sur eux était immense, car ils obéissaient à Allah et à Son Messager, et les califes les gouvernaient selon la politique prophétique. Mais lorsque leur état changea et que ʿUthmân – qu’Allah l’agrée – fut tué parmi eux, la situation se modifia : la peur et l’humiliation les touchèrent, puis l’épée les atteignit, et ce, alors que le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – repose dans sa chambre funéraire, après avoir transmis le Message et rendu le dépôt.
(1) Rapporté par al-Tirmidhî (nᵒ 3082), dont la chaîne de transmission a été jugée faible par al-Albânî dans Da‘îf Sunan al-Tirmidhî (nᵒ 597).
(2) Rapporté par Muslim (nᵒ 2531).
حدّثنا ابن نمير، عن إسماعيل بن إبراهيم بن مهاجر، عن عبّاد بن يوسف، عن أبي بردة بن أبي موسى،
عن أبيه قال:
قال رسول الله صلى الله عليه وسلّم:
«أنزل الله عليّ أمانين لأمتي: وَما كانَ اللَّهُ لِيُعَذِّبَهُمْ وَأَنْتَ فِيهِمْ وَما كانَ اللَّهُ مُعَذِّبَهُمْ وَهُمْ يَسْتَغْفِرُونَ فإذا مضيت تركت فيكم الاستغفار»
«١»
.
فقد بيّن صلى الله عليه وسلّم أن الأمان بوجوده هو في حياته، وأنه بعد موته لم يبق إلّا الاستغفار، ليس في وجود القبور أمان.
وكذلك في صحيح مسلم عن أبي موسى الأشعري عن النبي صلى الله عليه وسلّم أنه قال:
«النجوم أمنة للسماء، فإذا ذهبت النجوم أتى السماء ما توعد، وأنا أمنة لأصحابي، فإذا ذهبت أتى أصحابي ما يوعدون، وأصحابي أمنة لأمتي، فإذا ذهبت أصحابي أتى أمتي ما يوعدون»
«٢»
.
ومما يوضّح الأمر في ذلك أنه من المعلوم أن بيت المقدس وما حوله من قبور الأنبياء ما هو أكثر من غيره،
فإنه قد قيل:
إن بني إسرائيل بعث فيهم ألف نبي،
ومع هذا فقد قال الله تعالى:
وَقَضَيْنا إِلى بَنِي إِسْرائِيلَ فِي الْكِتابِ لَتُفْسِدُنَّ فِي الْأَرْضِ مَرَّتَيْنِ إلى قوله تعالى: عَسى رَبُّكُمْ أَنْ يَرْحَمَكُمْ وَإِنْ عُدْتُمْ عُدْنا
[الإسراء: ٤ - ٨]
. فقد بيّن الله أنهم إذا علوا وأفسدوا عاقبهم الله بذنوبهم، وسلّط عليهم العدوّ الذي جاس خلال الديار ودخل المسجد، وقتل فيهم من لا يحصي عدده إلا الله، ولم يخفرهم أحد من قبور الأنبياء التي كانت هناك، وإنما الناس يجزون بأعمالهم، والله تعالى هو الذي يرزقهم وينصرهم، لا رازق غيره ولا ناصر إلا هو.
قال تعالى:
أَمَّنْ هذَا الَّذِي هُوَ جُنْدٌ لَكُمْ يَنْصُرُكُمْ مِنْ دُونِ الرَّحْمنِ
[الملك: ٢٠]
الآيتين. فليس للعباد من دون الله لا رازق ولا ناصر.
وقد قال الله تعالى:
وَإِنْ مِنْ قَرْيَةٍ إِلَّا نَحْنُ مُهْلِكُوها قَبْلَ يَوْمِ الْقِيامَةِ
[الإسراء: ٥٨]
الآية.
فأخبر أنه لا بد لكل قرية من هلاك أو عذاب شديد بدون الهلاك، وذلك بذنوبهم بعد إرسال الرسل لهم.
قال الله تعالى:
وَما أَهْلَكْنا مِنْ قَرْيَةٍ إِلَّا لَها مُنْذِرُونَ ذِكْرى وَما كُنَّا ظالِمِينَ
[الشعراء: ٢٠٨، ٢٠٩]
.
وكان أهل المدينة النبوية على عهد رسول الله صلى الله عليه وسلّم وعهد خلفائه الراشدين أبي بكر وعمر وعثمان رضي الله عنهم أحسن أهل المدائن حالا، ونعمة الله عليهم أعظم النعم لكونهم كانوا مطيعين لله ورسوله، وكانت الخلفاء تسوسهم سياسة نبوية، فلما تغيروا وقتل بينهم عثمان رضي الله عنه تغيّر الأمر وحصل لهم من الخوف والذل، ثم أصابهم من السيف ما أصابهم ورسول الله صلى الله عليه وسلّم مدفون بالحجرة، وهو قد بلّغهم الرسالة وأدّى الأمانة،
(١) أخرجه الترمذي (٣٠٨٢) وضعّف إسناده المحدث الألباني في «ضعيف سنن الترمذي» (٥٩٧).
(٢) أخرجه مسلم (٢٥٣١).